Translate

jeudi 11 février 2021

Un très bel article de Richard Blin dans le Matricule des Anges sur Cassandre à bout portant

Cassandre à bout portant dans le tout nouveau Matricule des Anges de Février/Mars par Richard Blin : "Consonnance sans accord"

Extrait de l'article :

"Brûlé de l’intérieur, hanté d’inquiétante étrangeté et de cruauté pince-sans-rire, le nouveau livre de Sandra Moussempès ! Ne faisant qu’un avec les quatre volumes déjà publiés dans la collection Poésie/Flammarion -Vestiges de fillette (1997), Captures (2004), Photogénie des œuvres peintes (2009), Sunny girls (2015) - Cassandre à bout portant, par-delà l’exploration des dessous de la condition féminine, est d’abord une errance dérivante parmi des « objets féminins non identifiés », des miroirs, des ombres, des reliques, des présences, et des prophéties se perdant au fond de corridors sans porte. Le tout avec pour fil d’Ariane les toujours mêmes motifs obsessionnels inhérents à l’impitoyable mise à nu d’une société aliénée aux images et qui a fait du corps une idole comme du sexe une compétition. D’où la présence récurrente d’héroïnes filmiques, de filles cruelles, d’adolescentes séquestrées, de starlettes hippies ou de princesses. « Elles sont exaltées, exubérantes, excitées, elles enveniment tout ce qui finit par les rendre substantielles malgré leur beauté de surface. » Bouts de scénarios et de scripts - « Nous serions les princesses du royaume, nous quitterions le campus et les gens se mettraient à nous chercher » -, maisons isolées, « étudiantes morcelées », « revenantes tactiles », Sandra Moussempès parasite, altère, dévoie les images pour donner à voir le processus hautement fantomatique qui les anime. Détournant les stéréotypes autour du féminin, et jouant de l’univers du conte, elle dénonce la séduction destructrice autant que l’esthétique du simulacre qui remet en cause la différence entre le vrai et le faux. Poupées,miroirs, ciseaux, secrets de petites filles désenchantées, sa poésie est faite d’atmosphères étranges, ambivalentes, pertur bantes qui traquent l’avidité, les non-dits,interrogent le lisse, la « dictature du Happy End », la violence qui se cache sous leconsensuel et l’apparente harmonie. (...)".




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire