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lundi 1 février 2021

Entretien avec Johan Faerber dans Diacritik autour de mon livre "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion 2021)

 Un bel entretien autour de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion 2021)

Sandra Moussempès : « On brûlera toujours la femme avec des mots ou bien avec condescendance » (Cassandre à bout portant)

 Sandra Moussempès © Sandra Moussempès

Recueil après recueil, Sandra Moussempès s’impose indubitablement comme l’une des très grandes voix poétiques de notre contemporain. Cassandre à bout portant, qui vient de paraître chez Flammarion dans la belle collection d’Yves Di Manno, ne fait nullement exception. C’est un grand recueil poétique, sans doute le plus beau de son autrice, sans doute celui où sa réflexion, entre spectralité et plasticité, invente une évocation magistrale d’autant de figures féminines, inquiètes, séductrices, destructrices et aimantes. Entre héroïnes de cinéma et personnages de séries télévisées, les femmes poétiques de Sandra Moussempès sont aussi puissantes que les héroïnes de Cindy ShermanDiacritik ne pouvait manquer d’aller à la rencontre de Sandra Moussempès le temps d’un grand entretien.

Cassandre à bout portant, épigraphes

Ma première question voudrait porter sur la genèse de votre très beau Cassandre à bout portant. Quelle en a été l’origine ?
Existerait-il une scène ou une image précise qui aurait présidé à la naissance de ce nouveau texte ? Vous notez, à la fin de certains poèmes, que certaines images proviennent d’une double inspiration, tant du côté des séries comme Black Mirror ou encore de films comme The Ice Storm : est-ce que le matériau filmique serait premier ici ?
Plus largement, s’agit-il pour vous  d’écrire à partir d’images filmiques, comme pour poursuivre, ainsi que vous le dites, « de nombreuses questions (qui) subsistaient après le générique de fin » ?

Pour Cassandre à bout portant je voulais en quelque sorte revenir aux sources, à cette obsession que je tisse autour du féminin, à la notion de doublure, de gémellité psychique. Je sortais d’un livre sur la voix fantôme et les tessitures et juste avant sur les sœurs Fox et la télépathie. Un objet féminin non identifié s’est imposé à nouveau à moi. Avec des images latentes de films et de séries qui s’infiltrent depuis des années. Il se trouve que je lisais de la poésie coréenne à un moment de l’écriture du livre, une poésie très organique, saignante et joyeuse à la fois qui a influencé l’écriture de deux  poèmes.

On peut dire qu’en parallèle de ce besoin de revenir aux sources de mon univers, j’ai laissé les choses venir à moi, je n’avais en tête pas de thématique précise. J’ai laissé le livre se dessiner à sa guise. Je voulais néanmoins aborder, sans savoir trop comment la notion de traumas que j’avais vécus (de la petite fille à la femme adulte) dans la sphère psychique, familiale, sociétale, amoureuse et conjugale. Je ne suis pas partisane d’une poésie « engagée » où il serait question de « faire passer des messages » mais il m’était devenu nécessaire d’évoquer ces violences, dire sans dire, puisqu’il s’agit de poésie. Et si tous mes livres en sont traversés, je souhaitais que cela soit plus limpide. LIRE LA SUITE ICI

"Cassandre conjugue charmes et prophéties. Elle dérange mais on la consulte aussi pour sa sagesse et sa folie mêlées."(Sandra Moussempès)

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