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samedi 6 mars 2021

Les Enjeux contemporains, journée du 4 mars

 Festival des Enjeux organisé par le Centre Pompidou et la Maison des écrivains.

Vous pouvez m'entendre (à partir de 1:46) lire des extraits de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion), présentée par Jean-Max qui ensuite s'entretient avec Vanessa Springora autour de son livre "Le consentement" (Grasset)




vendredi 5 mars 2021

A écouter, lecture performée de Sandra Moussempès : "Cassandre à bout portant"(Poésie/Flammarion 2021) à la Maison de la Poésie animé par Hughes Robert

                                     Cliquer sur le visuel pour écouter la lecture performée




A écouter, lecture performée de Sandra Moussempès "Cassandre à bout portant" à la Maison de la Poésie avec Hughes Robert

 Lecture performée de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion 2021) et entretien avec Hughes Robert.


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mardi 23 février 2021

Une belle chronique d'Hughes Robert sur mon livre "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion 2021)


Note de lecture : « Cassandre à bout portant » (Sandra Moussempès)

Collecter des particules de soi, les tamiser en puissance et en finesse, nous les offrir comme méditations et comme munitions : la poésie de Sandra Moussempès poursuit son cheminement redoutable.

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Objets féminins non identifiés
Des princesses filmiques échappées d’un couvent orienté à l’Est savent depuis longtemps jusqu’où elles peuvent aller
Elles se sont réfugiées dans une maison hantée, abandonnée depuis 1972, fatiguées d’avoir marché des heures dans la forêt, elles savent à présent qu’à tout moment le récit peut s’arrêter
Le film peut se dématérialiser, elles rentreront alors dans leur famille aisée de Beverly Hills ou dans un de ces lotissements luxueux de Santa Monica en bordure de mer
Pour le moment elles mâchent du chewing-gum à la fraise sauvage, écoutent du dubstep en se trémoussant dans un couloir mordoré, allongées sur de vieux matelas posés à même le sol poussiéreux
Il reste sur la table de la cuisine des corn-flakes figés depuis 1972, la boîte est recouverte de toiles d’araignée, les énoncés publicitaires ont gardé les couleurs passées de l’époque
On pressent quelque chose de vaporeux dans l’atmosphère, des ectoplasmes à la recherche de leur histoire, des corps qui essayent de s’infiltrer dans d’autres corps.
Nous ne savons pas ce qui se trame ici, toute explication serait incomplète devant l’ampleur des débats invisibles, les voix off s’entremêlent :
– Où se trouvent les souvenirs dont tu ne te souviens pas ?

Porteuse d’un féminisme discret en apparence mais acharné dans sa résolution et dans ses moyens d’expression, Sandra Moussempès nous offre, avec son douzième recueil, publié en janvier 2021 chez Flammarion Poésie, une incursion poétique décisive dans ce qui peut se jouer entre les sons recueillis et les images arrachées – véritables fantômes, témoins et mémoriaux – aux drames du passé, individuel ou collectif.

« Acrobaties dessinées » (2012) construisait le féérique et l’imaginaire en robustes clés des songes, capables d’infiltrer le jeu sans fin des miroirs servant en définitive à occulter le passé, douloureux ou peu glorieux ; « Sunny girls » (2015) décollait la surface des icônes hollywoodiennes de papier et de celluloïd pour y détecter d’autres vérités enfouies, le sable des plages servant autant à combler des tombes qu’à accueillir les bains de soleil ; « Colloque des télépathes » (2017) convoquait cette fois pour agir les substances ectoplasmiques répondant, à Londres, aux soleils californiens, pour entrechoquer le swinging moderne avec le retour du refoulé victorien, et pour mieux y détecter l’écriture des stéréotypes féminins les plus courants ou les plus pernicieux ; « Cinéma de l’affect » (2020), enfin, exhumait avec une grâce volontariste la tessiture d’une ancêtre cantatrice pour porter le fer révélateur là où le besoin de refuser l’acquis et le socialement exigé se faisait de plus en plus sentir. « Cassandre à bout portant » prolonge, renouvelle et amplifie ce cheminement poétique qui devient sous nos yeux la rencontre éblouissante d’une histoire culturelle à facettes et d’une histoire familiale singulière.

Variation Dickinson
Voici une raison home-made
                                 loin de tout contexte géographique
quand une poupée plastifiée à peu près de ma taille
                                se prend de passion pour son propre sillage
                                           puis l’extermine

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hpotel_near_venice_canals.700x600Dans « Cassandre à bout portant », Iphigénie, Lilith, Emily, Cindy (sous sa forme Cinderella comme sous sa forme d’artiste photographe), Salomé, Messaline ou, naturellement, Cassandre ne sont bien entendu pas liées uniquement par la similarité des chevelures : doublures conscientes, elles ont un rôle essentiel à jouer dans l’atelier dédié à la réappropriation des miroirs (marquant bien, ainsi, une étape décisive dans le projet poétique toujours en découverte et en devenir qui s’esquissait neuf ans plus tôt avec les « Acrobaties dessinées »).LIRE LA SUITE ICI

lundi 22 février 2021

Lecture performée de Cassandre à bout portant de Sandra Moussempès suivie d'une discussion avec Hughes Robert à la Maison de la Poésie

Lecture performée de Cassandre à bout portant suivie d'une discussion avec Hughes Robert à la Maison de la Poésie. Direct du 22-02-2021




Article dans le Matricule des Anges sur Cassandre à bout portant par Richard Blin

 Plaisir de recevoir Le Matricule des Anges et d'y trouver l'article de Richard Blin sur Cassandre à bout portant.



































Vous pouvez lire l'article en entier en enregistrant et agrandissant le visuel.

dimanche 21 février 2021

Une chronique d'Hughes Robert sur "Sunny girls" (Poésie/Flammarion 2015) en perspective avec mes livres récents.

 Note de lecture : « Sunny girls » (Sandra Moussempès)

Parmi des créatures hollywoodiennes ensoleillées qui ne sont évidemment pas seulement ce qu’elles semblent en première intention, la poésie méticuleuse et sauvage de Sandra Moussempès se déploie et se ramifie.

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Sunny girls

La chaleur des plateaux, on peut extraire cette chaleur. « Votre corps soutient une veilleuse, vous êtes alangui » – titre du premier dialogue –
Le héros se dit subjugué.
Lorsque vous êtes dans cet hôtel de Santa Monica vous avez vue sur la mer, vous êtes à l’intérieur d’un décor acheté par plus de 900 chaînes de télé.
Vous aimez le bleu qui facilite la pensée positive, la blancheur des murs rappelle la Grèce mais à L.A. il ne fait jamais ni trop chaud ni trop froid « j’aime la qualité de vie, nos enfants vont dans une école privée » ou tout autre dialogue en vente fera l’affaire.
Elle se promène sur la plage, cette mer n’est pas à proprement dire un lieu de baignade, on y trouve des requins et l’idée que s’en font les Californiens.
– Nous nous déplaçons en voiture, je vois, vous n’aimez pas la voiture, il faudra vous y faire, ça et la salle de sport.
La lumière rouge s’intensifie, les visages se plissent, 1979 ou peut-être 1982, pas de mouvements de foule, le groupe Cocteau Twins très apprécié des jeunes Californiens de l’époque, à L.A. il y avait de faux punks qui vivaient dans des villas cossues, ils organisaient des parties dans les patios de leurs parents chirurgiens esthétiques.
[J’y ai rencontré une femme brune qui ressemblait à Mia]
Mais aussi des réalisateurs arty et des acteurs en pleine ascension ; parfois les serveurs devenaient des stars, peut de temps après, mais personne ne savait réellement se perdre comme ici.

Soleils de Santa Barbara et de Santa Monica – qui ne seront pas ceux chantés par System Of A Down, rouleaux de Malibu, canaux résiduels de Venice, étoiles du Sunset et théâtres chinois du Hollywood : c’est largement dans ce décor pelliculé et pelliculaire que Sandra Moussempès fait évoluer les « Sunny girls » de son neuvième recueil poétique, publié en 2015 chez Poésie Flammarion. Mais ses starlettes hollywoodiennes et leurs bronzages caractéristiques, qu’elles soient piochées dans les films eux-mêmes ou au sein des parkings et des trottoirs entourant, de loin, les studios, ne seront pas ici les seules femmes ensoleillées à hanter les pages de leur présence. Trois ans après les kamikazes affectives des « Acrobaties dessinées », et anticipant à l’état de traces de moins en moins diaphanes ce qui adviendra dans « Colloque des télépathes » (2017) puis dans « Cinéma de l’affect » (2020), avant l’explosion libératrice de « Cassandre à bout portant » en 2021, les créatures qui hantent ici les lignes commencent à affirmer, interstitielles, leur devenir fantomatique. À Zabriskie Point, une Daria soigneusement non identifiée évoquera l’art de la guerre, tandis que Chris Marker sera convoqué pour son absence de soleil, justement, et que les bruits, les anti-bruits, les timbres et les tessitures habitent plus que jamais les espaces laissés libres à l’investigation poétique.(...).LIRE LA SUITE ICI

jeudi 18 février 2021

Article et entretien dans Télérama sur Cassandre à bout portant

      


Sandra Moussempès : “Un poème est une façon de me laisser aller à ce qui m’échappe”

Par Anne Segal

Publié le 18/02/21

"Ex-pensionnaire de la Villa Médicis, la poétesse et performeuse Sandra Moussempès a publié “Cassandre à bout portant”, en janvier. Son art, augmenté par des dispositifs visuels et sonores, s’entend comme un monde prophétique, capable de renouer avec le passé et de prédire l’avenir.

« C’est toute la subtilité du poème, réclamer qu’un paragraphe soit une énigme et non un faux en écriture » : ce vers extrait du dernier recueil de Sandra MoussempèsCassandre à bout portant, dit bien l’intégrité de la poétesse pour faire vivre et transmettre la singularité de son univers inquiet. Ses poèmes, elle les envisage comme des « installations écrites », n’hésitant pas, pour les faire entendre autrement, à dévoiler l’artiste sonore et vocale qui l’habite lors de performances publiques. Ex-pensionnaire de la Villa Médicis, elle poursuit depuis son chemin de création au milieu de voix et d’images du passé qu’elle interroge, trouvant sa place pour l’exprimer au carrefour de tous les arts. Même si « l’écriture passe avant le reste »". LIRE LA SUITE ICI            

samedi 13 février 2021

Un article de Tristan Hordé sur Cassandre à bout portant sur Sitaudis.Com

Un article de Tristan Hordé sur Cassandre à bout portant sur Sitaudis.com :

La première de couverture, composée par l’autrice, semble suggérer des voies de lecture. "Cassandre", « la bien nommée qui annonce la perte », a pour écho "Sandra" (formé par apocope sur Alexandra, autre nom donné à Cassandre dans la mythologie) qui serait ainsi, par la poésie, quelque peu prophétesse. La couleur retenue, rose bonbon, évoque celle attribuée — autrefois ? — aux bébés filles, en accord aussi avec le buste de la femme sans visage, comme un miroir vide, dont la coiffure renvoie au dernier tiers du XIXe siècle : image de la femme sans existence propre. Le lecteur retrouvera, avec d’autres, les motifs du miroir et de l’image du double, du manque, de l’autofiction, étroitement mêlés dans un livre à la construction complexe.

C’est entendu, le "je" du livre n’est pas Sandra Moussempès — « Ne pas mélanger la vie et le poème (...) La vie et le poème ne peuvent en aucun cas se toucher (juste parfois se frôler) » — ; mais elle est présente par son double en mots : la démarche de mise en mots de soi est analogue à celle de Cindy Sherman, personnage de son film dont le titre est cité en exergue, Nobody’s here but me. Ici, un passage en italique se rapportant à l’enfance (« Quand j’avais 12 ans ») est accompagné d’une note pour situer les faits dans le temps : Sandra Moussempès était allée dans la maison de Sylvia Plath avec une amie de son père, Olwyn Hugues, sœur de Ted (époux de Sylvia) et devenue sa « tante de cœur ». Un autre souvenir d’enfance, après la mention d’un rêve, occupe une note. Il s’agit d’un don fait à l’enfant de six ans d’une poupée de porcelaine qui lui ressemblait ; Anie Besnard, liée à son père et qui fut une amie d’Antonin Artaud, était la donatrice ; la poupée réapparaît dans la vie de l’adulte, tantôt « poupée d’exorciste », tantôt « Barbie défraîchie ». Il serait bon d’ajouter les « surnoms de l’enfance, Messaline, Salomé », qui évoquent l’antiquité et le mythe, mais surtout un comportement jugé hors de l’ordre, que l’on peut rapprocher d’autres figures, positives dans le livre, les sirènes et les sorcières. Enfin, l’autrice rappelle sa parenté avec la soprano Angelica Pandolfini (1871-1959) et se définit elle-même femme par sa voix, « « J’habite le féminin » c’est ainsi que se décrivait ma voix ».

Par ces souvenirs, elle s’inscrit dans un ensemble du côté de l’écriture et du chant, ensemble étendu qui inclut des figures mythologiques, dans un vers parodie d’une prière :    

               Lilith, Iphigénie, Emily, Cindy, pleines de grâce qui êtes aux cieux

Tous ces noms, d’une manière plus ou loin visible, ont une relation à la notion de double, de là au miroir. Lilith, dans la tradition de la Kabbale, a été modelée en argile, comme Adam : elle est donc son égale, double féminin — et devenue incarnation du féminisme sans perdre pour autant son caractère de démon ; ajoutons que la répétition de la syllabe renforce ce caractère double. On sait qu’Iphigénie était aussi un nom de la déesse Artémis, qu’il y eut deux Emily (Brontë, Dickinson), que Cindy Sherman est photographe et cinéaste. L’autrice peut s’ajouter à la liste, elle qui se présente au seuil d’un poème ("Miroir rouge") « Divisée en deux ». Réunis, les noms représentent « une forêt de voix et une symphonie de miroirs ». (....) 

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Deux chroniques de Jean-Paul Gavart-Perret sur Cassandre à Bout portant dans Le salon Littéraire de l'Internaute et LeLIttéraire.com

 Une chronique dans l'Internaute

Femmes sans influence : Sandra Moussempès

Je n’en pouvais plus des thématiques je voulais écrire ce qui vient, précise  Sandra Moussempès. À savoir évoquer qui sont les femmes. La première est, étant donné le titre, Cassandre, la bien nommée qui annonce la perte mais aussi la résurrection. Si bien que le rose de la couverture n'est qu'une façade de même que la femme qui s'y inscrit sans visage.

Mais à ce stade on ne connaît encore rien de celles dont il est question. Il y a là des tritones qui bouillonnent sous le pont de la rivière Quoi, de la rivière Qui. Les Vénus y sont de mille eaux et après avoir touché le fond de leurs piscines bétonnées par les hommes elles rejaillissent en femmes fontaines de poésie.
 (...)" LIRE LA SUITE ICI





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Dans LeLittéraire.Com 

Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, La volonté d'être femme au-delà des traumatismes

Sandra Mous­sem­pès per­met à la fois de voir autre­ment les femmes de l’histoire (la sienne et celle du monde) et d’autrement voir le fémi­nin en le déga­geant du flot du noir du temps et ses sillages comme de celui du rose de la cou­ver­ture afin d’imaginer la lumière que les égé­ries font jaillir  en per­met­tant de sou­le­ver bien des cothurnes.

Il faut alors alors com­prendre le vide du por­trait en cou­ver­ture au sens latin : vois.  Car ici une machi­ne­rie poé­tique détraque les glas que les mâles font vibrer. Un tel fémi­nisme  n’est consti­tué ni d’abstractions, ni de méta­phores.

Il pro­jette au fond de l’impasse où la femme est réduit à un fan­tasme. Et celui-ci s’écroule pour une autre his­toire loin des repro­duc­tions et mélan­co­lies d’usageLIRE LA SUITE ICI

jeudi 11 février 2021

Un très bel article de Richard Blin dans le Matricule des Anges sur Cassandre à bout portant

Cassandre à bout portant dans le tout nouveau Matricule des Anges de Février/Mars par Richard Blin : "Consonnance sans accord"

Extrait de l'article :

"Brûlé de l’intérieur, hanté d’inquiétante étrangeté et de cruauté pince-sans-rire, le nouveau livre de Sandra Moussempès ! Ne faisant qu’un avec les quatre volumes déjà publiés dans la collection Poésie/Flammarion -Vestiges de fillette (1997), Captures (2004), Photogénie des œuvres peintes (2009), Sunny girls (2015) - Cassandre à bout portant, par-delà l’exploration des dessous de la condition féminine, est d’abord une errance dérivante parmi des « objets féminins non identifiés », des miroirs, des ombres, des reliques, des présences, et des prophéties se perdant au fond de corridors sans porte. Le tout avec pour fil d’Ariane les toujours mêmes motifs obsessionnels inhérents à l’impitoyable mise à nu d’une société aliénée aux images et qui a fait du corps une idole comme du sexe une compétition. D’où la présence récurrente d’héroïnes filmiques, de filles cruelles, d’adolescentes séquestrées, de starlettes hippies ou de princesses. « Elles sont exaltées, exubérantes, excitées, elles enveniment tout ce qui finit par les rendre substantielles malgré leur beauté de surface. » Bouts de scénarios et de scripts - « Nous serions les princesses du royaume, nous quitterions le campus et les gens se mettraient à nous chercher » -, maisons isolées, « étudiantes morcelées », « revenantes tactiles », Sandra Moussempès parasite, altère, dévoie les images pour donner à voir le processus hautement fantomatique qui les anime. Détournant les stéréotypes autour du féminin, et jouant de l’univers du conte, elle dénonce la séduction destructrice autant que l’esthétique du simulacre qui remet en cause la différence entre le vrai et le faux. Poupées,miroirs, ciseaux, secrets de petites filles désenchantées, sa poésie est faite d’atmosphères étranges, ambivalentes, pertur bantes qui traquent l’avidité, les non-dits,interrogent le lisse, la « dictature du Happy End », la violence qui se cache sous leconsensuel et l’apparente harmonie. (...)".




jeudi 4 février 2021

Extrait de "Cassandre à bout portant" Poésie/Flammarion 2021

Cassandre à bout portant de Sandra Moussempès (Poésie/Flammarion 2021)

Cassandre à bout portant Sandra Moussempès
                            

mardi 2 février 2021

Chronique de François Crosnier sur Libr-critique sur "Cassandre à bout portant"

 Chronique dans Libr-critique sur Cassandre à bout portant

[Chronique] François Crosnier, La poésie réduite en poudre noire (à propos de Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant)

Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, Flammarion, collection « Poésie », janvier 2021, 167 pages, 18 €, ISBN : 978-2-0802-3289-2.

 

Je n’en pouvais plus des thématiques je voulais écrire ce qui vient : une telle affirmation peut sembler paradoxale, tant le lecteur de Sandra Moussempès retrouve dans son dernier livre les objets féminins non identifiés qui parcourent toute l’œuvre. « Princesses filmiques » pour film fantôme réfugiées dans une maison hantée, « fillettes lucides de l’enfance », chanteuses à la « tessiture congelée dans le Museum des voix célèbres » …, ces héroïnes dominent les deux premières parties, sur les neuf qui composent le recueil. Cette impression de déjà-vu doit pourtant être dépassée et il faut convenir, au-delà des apparences, que nous ne sommes plus tout à fait dans le même univers que celui de Colloque des télépathes ou Cinéma de l’affect, les précédents titres publiés à l’Attente en 2017 et 2020.

Un titre n’est jamais innocent : ce Cassandre à bout portant introduit une figure convoquée à trois reprises, dès la couverture donc, puis comme titre de l’une des parties et encore comme celui du poème de la page 156. Une telle insistance conduit à interroger cette Cassandre que le peintre anglais George Romney (1734-1802), dans un magnifique portait de 1785, représente sous les traits de Lady Hamilton, tandis que Sandra Moussempès, qui a réalisé le visuel du livre, préfère l’évoquer quant à elle sous un masque victorien.

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lundi 1 février 2021

Entretien avec Johan Faerber dans Diacritik autour de mon livre "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion 2021)

 Un bel entretien autour de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion 2021)

Sandra Moussempès : « On brûlera toujours la femme avec des mots ou bien avec condescendance » (Cassandre à bout portant)

 Sandra Moussempès © Sandra Moussempès

Recueil après recueil, Sandra Moussempès s’impose indubitablement comme l’une des très grandes voix poétiques de notre contemporain. Cassandre à bout portant, qui vient de paraître chez Flammarion dans la belle collection d’Yves Di Manno, ne fait nullement exception. C’est un grand recueil poétique, sans doute le plus beau de son autrice, sans doute celui où sa réflexion, entre spectralité et plasticité, invente une évocation magistrale d’autant de figures féminines, inquiètes, séductrices, destructrices et aimantes. Entre héroïnes de cinéma et personnages de séries télévisées, les femmes poétiques de Sandra Moussempès sont aussi puissantes que les héroïnes de Cindy ShermanDiacritik ne pouvait manquer d’aller à la rencontre de Sandra Moussempès le temps d’un grand entretien.

Cassandre à bout portant, épigraphes

Ma première question voudrait porter sur la genèse de votre très beau Cassandre à bout portant. Quelle en a été l’origine ?
Existerait-il une scène ou une image précise qui aurait présidé à la naissance de ce nouveau texte ? Vous notez, à la fin de certains poèmes, que certaines images proviennent d’une double inspiration, tant du côté des séries comme Black Mirror ou encore de films comme The Ice Storm : est-ce que le matériau filmique serait premier ici ?
Plus largement, s’agit-il pour vous  d’écrire à partir d’images filmiques, comme pour poursuivre, ainsi que vous le dites, « de nombreuses questions (qui) subsistaient après le générique de fin » ?

Pour Cassandre à bout portant je voulais en quelque sorte revenir aux sources, à cette obsession que je tisse autour du féminin, à la notion de doublure, de gémellité psychique. Je sortais d’un livre sur la voix fantôme et les tessitures et juste avant sur les sœurs Fox et la télépathie. Un objet féminin non identifié s’est imposé à nouveau à moi. Avec des images latentes de films et de séries qui s’infiltrent depuis des années. Il se trouve que je lisais de la poésie coréenne à un moment de l’écriture du livre, une poésie très organique, saignante et joyeuse à la fois qui a influencé l’écriture de deux  poèmes.

On peut dire qu’en parallèle de ce besoin de revenir aux sources de mon univers, j’ai laissé les choses venir à moi, je n’avais en tête pas de thématique précise. J’ai laissé le livre se dessiner à sa guise. Je voulais néanmoins aborder, sans savoir trop comment la notion de traumas que j’avais vécus (de la petite fille à la femme adulte) dans la sphère psychique, familiale, sociétale, amoureuse et conjugale. Je ne suis pas partisane d’une poésie « engagée » où il serait question de « faire passer des messages » mais il m’était devenu nécessaire d’évoquer ces violences, dire sans dire, puisqu’il s’agit de poésie. Et si tous mes livres en sont traversés, je souhaitais que cela soit plus limpide. LIRE LA SUITE ICI

vendredi 29 janvier 2021

Recension par Anne Malaprade sur "Cassandre à bout portant" sur Poezibao

Une très belle recension d'Anne Malaprade sur Poezibao de mon livre Cassandre à bout portant.

La femme n’est pas toute, disait Lacan, et c’est heureux… Car c’est depuis le manque (1) et la faille qu’elle chante, invente, et met en scène des « musées imaginaires ». 

Sandra Moussempès  Cassandre à bout portantCassandre est l’un des surnoms, avec Salomé et Messaline, que le père de l’autrice choisit pour sa fille. C’est la voix de ce prénom issu du monde tragique qui tire aujourd’hui « à bout portant ». Quelles seront ses armes, ses cibles, et peut-être ses victimes ? Les hommes, les amants, les pères, les fils, les oncles, les amis, les maîtres, les lecteurs, et leurs pendants féminins ? Notre futur à tous ? Cette Cassandre, en tout cas, porte en sa voix toute une série de personnages féminins dont ce livre va narrer, en des « phrases liquides », gestes et postures, déceptions et aventures, sacrifices et agressions. C’est comme s’il s’agissait de raconter un concept féminin à partir des figures suivantes : fillettes, jeunes filles, Barbies, majorettes, revenantes, somnambules, cantatrices, actrices, poupées, princesses, sirènes, sorcières, mères, saintes, épouses, concubines, héroïnes tragiques… La religion et le conte, le cinéma et les séries, la pop et la variété, les années soixante-dix et les années quatre-vingt, la tragédie antique et la poésie victorienne, fournissent des images et des stéréotypes féminins que Sandra Moussempès cite comme autant de doubles à travers lesquels elle se dévoile tout en restant dans l’ombre de ses sœurs. Si l’autrice rend hommage à une culture populaire, acidulée, pop, et souvent rose bonbon, elle ne la sépare jamais d’une culture plus savante, incarnée ici par Marie Shelley, Emily Dickinson, Virginia Woolf, Sylvia Plath ou encore Elisabeth Barrett Browning — « Il faudra lire et relire les poétesses marquées à vie par le vide/C’est le seul vers solitaire que je régurgite ici ». Ces deux mondes sont en fait bien plus proches qu’on ne le croit, et fonctionnent en miroir l’un par rapport à l’autre. Le féminin et le masculin les traversent, ainsi que l’amour du jeu, du travestissement, le goût des mots et la sublimation de la surface par le reflet des apparences. L’art majeur doit beaucoup à l’art mineur, l’art mineur se nourrit des arts dits majeurs. Sandra Moussempès montre en tout cas que cette partition gagne à être mixée et recomposée. « Il a fallu recoudre les deux miroirs ensemble/Pièce majeure de ma nouvelle garde-robe ». (...)

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