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dimanche 25 avril 2021

Une belle chronique sur "Cassandre à bout portant" sur Cultures sauvages

Une belle chronique d'Antoine Jarry dans "Cultures sauvages", sur mon livre "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion 2021).

 "Les vers s’insinuent dans notre corps comme autant de chocs sur la page. On est traversé.e par un chœur de figures féminines sans visage à la parole qui coule comme de la lave pour faire brûler en nous un théâtre d’ombres et de secrets. Une poésie qui se fait le miroir morcelé et sauvage de notre état somnanbulique. (...) LIRE LA SUITE ICI



mercredi 21 avril 2021

Mon second chapbook chez Above/ground press (Canada) vient de paraître "I'm a language you are the sound device" traduit en anglais par Elena Rivera.

Un nouveau chapbook vient de paraître aux éditions Above/ground press  (Canada) traduction par Elena Rivera de la section Tu es un langage dont je suis le dispositif sonore in Cinéma de l'affect (Ed de l'Attente2020).

New from above/ground press: I am a language you are the sound device, by Sandra Moussempès (translated by Eléna Rivera)



I am a language you are the sound device
Sandra Moussempès
translated by Eléna Rivera
$5

What connection are we looking for while watching a film,
while reading a poem?
anticipation or eloquence
using a repetitive metaphor

enjambment                “caesura”

the sequences between sound and sense, the poetry of affect,
the juxtaposition of the poem, time and light, fade(s) to black,
point of view, fragment, the metric, subtraction

what’s the difference between exorcism and the close-up
a way of writing in the dark (the visual narrative)

at first it’s a composition of living matter        barely
resized
our thoughts noted        inside the sculpted house

these fragments in a film-loop

published in Ottawa by above/ground press
April 2021
a/g subscribers receive a complimentary copy


Cover photograph by Russell Switzer, 2019


To order, send cheques (add $1 for postage; in US, add $2; outside North America, add $5) to: rob mclennan, 2423 Alta Vista Drive, Ottawa ON K1H 7M9. E-transfer or PayPal at rob_mclennan (at) hotmail.com or the PayPal button at www.robmclennan.blogspot.com

samedi 3 avril 2021

Un bel article d'Adrien Meignan dans "Un dernier livre avant la fin du monde" sur "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion) de Sandra Moussempès

 https://www.undernierlivre.net/sandra-moussempes-cassandre-a-bout-portant/


Sandra Moussempès – Cassandre à bout portant

Cassandre à bout portant Sandra Moussempès couverture 

Derrière la couverture rose et le portrait d’une femme sans visage se cache en creux un autoportrait. En effet, Cassandre à bout portant dévoile de façon complexe la poète Sandra Moussempès. Sa poésie se fait jeu de miroir où le féminin se construit en figures tutélaires, entre les post victoriennes et le New-Age cinématographique. Sandra Moussempès entremêle d’étranges images au cœur de sa prose pour mieux épaissir le mystère. Ce qui fait la beauté d’un tel recueil est justement ce qui en est insondable. « Livre après livre on restitue les traumas même s’ils ne font pas d’avantage comprendre ce qui s’échappe du poème » écrit la poétesse vers la fin du recueil.

Au fil des pages, nous sommes happés dans un onirisme bien particulier. Les images créées sont autant de portraits non fixés. C’est un peu comme si nous nous baladions au cœur de ce qui constitue la poétesse, où les images et autres tableaux sont au sol, parfois recouvert par des draps blancs. Mais ce n’est pas un manoir où tout semble plus mort que vivant. Au contraire, la vitalité de la poésie de Sandra Moussempès réside dans le mystère qu’elle déploie. LIRE LA SUITE ICI

mercredi 31 mars 2021

"Cassandre à bout portant" coup de coeur de la librairie Orange Bleue à Orange

Après la librairie le Divan à Paris, c'est un nouveau Coup de coeur pour Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion) à la libraire Orange bleue située à Orange. 


Nos coups de cœur

Cassandre à bout portant, Sandra Moussempès – Flammarion

20210313_152514Errance parmi des « objets féminins non identifiés » – fringues, bout de films, miroirs, reliques, visages d’actrices, prénoms de poétesses – ce nouveau recueil de Sandra Moussempès explore les dessous de la condition féminine à l’époque du corps roi, du corps tout puissant scénarisé, sexualisé à outrance. L’auteure s’y peint aussi écrivant le poème en train de se faire et rend plusieurs hommages à ces figures tutélaires de la poésie intimistes que sont Emily Dickinson ou Sylvia Plath. Coup de cœur !

jeudi 18 mars 2021

Sandra Moussempès, lectures - Présentation : Jean-Max Colard - Festival Survivre - 4/03/2021- Mél

Jean-Max Colard (responsable du service de la Parole au Centre Pompidou) m'a invité à lire "Cassandre à bout portant" au Théâtre du Vieux Colombier (soirée initialement prévue au Centre Pompidou) dans le cadre des "Enjeux contemporains" en compagnie de Vanessa Springora. Voici sa très belle présentation de mon travail et ma lecture. 

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Un article d'Emilie Lassus dans la NRF sur "Cassandre à bout portant" de Sandra Moussempès (Poésie/Flammarion 2021)

Nouvelle Revue Française de Mars  N° 647

Par Emilie Lassus sur Cassandre à bout portant".

A télécharger gracieusement sur le site du la revue (file:///C:/Users/SANDRA/Downloads/9782072949371.pdf)

Extrait :
"Depuis son premier recueil Exercices d’incendie (1994, Fourbis), la poétesse Sandra Moussempès n’a cessé d’esquisser le portrait des jeunes filles en feu. Après Sunny Girls (2015, Flammarion) et ses icônes en technicolor, Moussempès paraît jouer dans sa dernière création Cassandre à bout portant sur le sens littéral de l’expression « éternel féminin » en mettant en scène des jeunes femmes devenant clones, doubles, « objets féminins non identifiés » ou reflets infidèles de miroirs, toutes sortes de créatures immortelles et fantasmagoriques dans une ambiance digne des films de David Lynch. Introduites de manière organique par leurs cheveux (blonds), leurs cils (épais), leurs robes (roses), leur sang (rouge), elles sont plongées dans un décor qui se joue des clichés cinématographiques : la bourgade middle-class, la maison hantée dans la forêt, le campus, les pom-pom girls... autant de clins d’œilaux résidus fantômes, impersonnels et à la fois intimes, de nos nombreux visionnages de films ou de séries. (...)

vendredi 12 mars 2021

Chronique de Guillaume Richez pour "Les imposteurs" de mon livre "Cassandre à bout portant"

 vec sa Cassandre à bout portant Sandra Moussempès fait exploser avec maestria le concept essentialiste de l’éternel féminin. Si l’autrice n’affiche pas un féminisme tonitruant fait de slogans, féministe son œuvre l’est assurément, dans son écriture même [1]. Optant pour une atomisation du féminin, la poétesse recompose à l’envers ses figures féminines dans ce nouveau livre-script post-punk échevelé.  
Fascinée par le vide, Sandra Moussempès ramène l’art du portait au tracé des contours, évidant les visages [2], comme elle l’a fait avec son visuel de couverture qui peut aussi bien évoquer un portrait de la poétesse Elizabeth Barrett Browning [3] qu’une figure anonyme de l’ère victorienne. Ces visages évidés (anonymes ou plutôt dé-nommés) renvoient non seulement au motif omniprésent du miroir (cette Cassandre à bout portant, « maison de phrases liquides » p. 103, n’est-elle pas aussi « La maison du miroir rempli de visages oubliés » p. 111 ?) mais également au schème du double, l’un des principaux mythèmes dont nous relevons de nombreuses occurrences dans l’œuvre de l’écrivaine. 

Chronique de Christian Rosset pour Diacritik, de mon livre "Cassandre à bout portant".

DIACRITIK

 Une chronique de Christian Rosset dans Diacritik autour de plusieurs livres de poésie incluant Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion), extrait :

Cassandre à bout portant est le cinquième livre de Sandra Moussempès publié chez Poésie / Flammarion. Sorti le 20 janvier, il a bénéficié d’une attention critique plutôt élogieuse. Il faut dire que le titre est, comme souvent chez cette auteure, étonnant. Cassandre, nous dit-elle, est un des surnoms que lui avait donné son père. Dans un entretien récent pour Télérama, Anne Segal lui demande si le qualificatif “expérimental” qu’on accorde volontiers à son travail lui convient. Sandra Moussempès répond : “Oui, dans le sens où la poésie me permet d’inventer mon propre langage. À la suite de chocs traumatiques, notamment à l’adolescence avec la mort de mon père, la poésie m’est apparue comme seul lieu pour transmuter la violence et la souffrance car je ne pouvais pas « formuler » ce qui se tramait, sauf de façon déstructurée. Expérimenter, c’est aller au plus près de sa propre singularité sans pour autant savoir où l’on va.”

Les références en lien étroit avec son travail d’écriture poétique que donne volontiers Sandra Moussempès permettent de saisir ce qui nous relie (Lynch ou Sofia Coppola par exemple) et ce qui nous sépare. Mais, comme à chaque fois, ce qui compte, ce ne sont pas nécessairement les affinités que nous avons en commun, mais ce qui s’est déposé en nous, une fois oublié les intentions de l’auteur(e), s’il en est de clairement exprimées. On ne fige rien par la lecture, on traverse le livre, s’arrêtant parfois pour noter quelques vers – ou une page :

“Ne pas mélanger la vie et le poème
Le poème
La vie – avec la vie
Le poème – et seulement le poème – donne sur une porte suivante
La vie et le poème ne peuvent en aucun cas se toucher (juste parfois se frôler)
Contrairement à ce qui se dit sur les poèmes et les portes”

On avait déjà relevé ceci : “Un poème est une façon de tresser les fissures / Dans un hôtel rempli de fantômes”. Ou encore, un peu plus loin : “Plus le visage s’efface plus la porte se referme // C’est l’esprit d’une chambre sans entrée ni sortie // Avec un barrage végétal vers lequel je deviens moi multipliée par deux // L’heure où surgissent les fantômes de tout miroir // Comme des racines d’arbres enlacées par un souvenir”. On se dit qu’il s’agit de contes plus ou moins fantastiques. Ou cruels. “Des princesses hurlent à sa place quand le son est coupé” (ouvrant au hasard le précédent livre de Sandra Moussempès publié dans cette collection, Sunny girls, je tombe sur : “Prenons un son dédié aux princesses / Lorsque la peau s’assombrit légèrement”).

Je ne sais pourquoi, lisant Cassandre à bout portant, me sont revenus ces mots d’Alain Robbe-Grillet : “À quoi rêvent les jeunes filles ? Au couteau et au sang”. Mais j’ai aussi retenu ce titre de poème : La femme qui voulait se changer en ciseaux ; et ce vers : “Elle boit ses propres larmes parfumées à l’hypnose” (si vous désirez passer de larme à lame, supprimez une lettre). On relit (c’est une obsession personnelle : relire, une fois la lecture achevée, comme revoir les films avant d’esquisser le moindre commentaire – obsession semble-t-il partagée : “Les films que je n’ai pas revus au moins trois fois de suite sont restés dans leur boîtier”) et on relève à chaque fois quelque chose d’autre : “Mary Shelley in utero a rempli son caddy d’épines dorées” (aujourd’hui 20 février 2021, au moment-même où je recopie ces mots : in utero, Kurt Cobain aurait eu 2 x 27 ans). Donnons une dernière fois la parole à l’auteure (recueillie dans le même entretien) : “J’écrivais dans Sunny Girls : « J’habite dans mes livres ». J’y convoque les sensations de « déjà vu », sortes de ponts entre le poème et la « vraie » vie. Et l’humour ou le côté grinçant sont également très importants pour faire le lien, une certaine férocité. La poésie ne doit surtout pas être mièvre ou pathos à mes yeux. On touche à sa vibration intime dans le poème. On n’enrobe pas.”

(LIRE LA SUITE ICI)


samedi 6 mars 2021

Les Enjeux contemporains, journée du 4 mars

 Festival des Enjeux organisé par le Centre Pompidou et la Maison des écrivains.

Vous pouvez m'entendre (à partir de 1:46) lire des extraits de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion), présentée par Jean-Max Colard qui ensuite s'entretient ensuite avec Vanessa Springora autour de son livre "Le consentement" (Grasset)




vendredi 5 mars 2021

A écouter, lecture performée de Sandra Moussempès : "Cassandre à bout portant"(Poésie/Flammarion 2021) à la Maison de la Poésie animé par Hughes Robert

                                     Cliquer sur le visuel pour écouter la lecture performée




A écouter, lecture performée de Sandra Moussempès "Cassandre à bout portant" à la Maison de la Poésie avec Hughes Robert

 Lecture performée de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion 2021) et entretien avec Hughes Robert.


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mardi 23 février 2021

Une belle chronique d'Hughes Robert sur mon livre "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion 2021)


Note de lecture : « Cassandre à bout portant » (Sandra Moussempès)

Collecter des particules de soi, les tamiser en puissance et en finesse, nous les offrir comme méditations et comme munitions : la poésie de Sandra Moussempès poursuit son cheminement redoutable.

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Objets féminins non identifiés
Des princesses filmiques échappées d’un couvent orienté à l’Est savent depuis longtemps jusqu’où elles peuvent aller
Elles se sont réfugiées dans une maison hantée, abandonnée depuis 1972, fatiguées d’avoir marché des heures dans la forêt, elles savent à présent qu’à tout moment le récit peut s’arrêter
Le film peut se dématérialiser, elles rentreront alors dans leur famille aisée de Beverly Hills ou dans un de ces lotissements luxueux de Santa Monica en bordure de mer
Pour le moment elles mâchent du chewing-gum à la fraise sauvage, écoutent du dubstep en se trémoussant dans un couloir mordoré, allongées sur de vieux matelas posés à même le sol poussiéreux
Il reste sur la table de la cuisine des corn-flakes figés depuis 1972, la boîte est recouverte de toiles d’araignée, les énoncés publicitaires ont gardé les couleurs passées de l’époque
On pressent quelque chose de vaporeux dans l’atmosphère, des ectoplasmes à la recherche de leur histoire, des corps qui essayent de s’infiltrer dans d’autres corps.
Nous ne savons pas ce qui se trame ici, toute explication serait incomplète devant l’ampleur des débats invisibles, les voix off s’entremêlent :
– Où se trouvent les souvenirs dont tu ne te souviens pas ?

Porteuse d’un féminisme discret en apparence mais acharné dans sa résolution et dans ses moyens d’expression, Sandra Moussempès nous offre, avec son douzième recueil, publié en janvier 2021 chez Flammarion Poésie, une incursion poétique décisive dans ce qui peut se jouer entre les sons recueillis et les images arrachées – véritables fantômes, témoins et mémoriaux – aux drames du passé, individuel ou collectif.

« Acrobaties dessinées » (2012) construisait le féérique et l’imaginaire en robustes clés des songes, capables d’infiltrer le jeu sans fin des miroirs servant en définitive à occulter le passé, douloureux ou peu glorieux ; « Sunny girls » (2015) décollait la surface des icônes hollywoodiennes de papier et de celluloïd pour y détecter d’autres vérités enfouies, le sable des plages servant autant à combler des tombes qu’à accueillir les bains de soleil ; « Colloque des télépathes » (2017) convoquait cette fois pour agir les substances ectoplasmiques répondant, à Londres, aux soleils californiens, pour entrechoquer le swinging moderne avec le retour du refoulé victorien, et pour mieux y détecter l’écriture des stéréotypes féminins les plus courants ou les plus pernicieux ; « Cinéma de l’affect » (2020), enfin, exhumait avec une grâce volontariste la tessiture d’une ancêtre cantatrice pour porter le fer révélateur là où le besoin de refuser l’acquis et le socialement exigé se faisait de plus en plus sentir. « Cassandre à bout portant » prolonge, renouvelle et amplifie ce cheminement poétique qui devient sous nos yeux la rencontre éblouissante d’une histoire culturelle à facettes et d’une histoire familiale singulière.

Variation Dickinson
Voici une raison home-made
                                 loin de tout contexte géographique
quand une poupée plastifiée à peu près de ma taille
                                se prend de passion pour son propre sillage
                                           puis l’extermine

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hpotel_near_venice_canals.700x600Dans « Cassandre à bout portant », Iphigénie, Lilith, Emily, Cindy (sous sa forme Cinderella comme sous sa forme d’artiste photographe), Salomé, Messaline ou, naturellement, Cassandre ne sont bien entendu pas liées uniquement par la similarité des chevelures : doublures conscientes, elles ont un rôle essentiel à jouer dans l’atelier dédié à la réappropriation des miroirs (marquant bien, ainsi, une étape décisive dans le projet poétique toujours en découverte et en devenir qui s’esquissait neuf ans plus tôt avec les « Acrobaties dessinées »).LIRE LA SUITE ICI

dimanche 21 février 2021

Une chronique d'Hughes Robert sur "Sunny girls" (Poésie/Flammarion 2015) en perspective avec mes livres récents.

 Note de lecture : « Sunny girls » (Sandra Moussempès)

Parmi des créatures hollywoodiennes ensoleillées qui ne sont évidemment pas seulement ce qu’elles semblent en première intention, la poésie méticuleuse et sauvage de Sandra Moussempès se déploie et se ramifie.

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Sunny girls

La chaleur des plateaux, on peut extraire cette chaleur. « Votre corps soutient une veilleuse, vous êtes alangui » – titre du premier dialogue –
Le héros se dit subjugué.
Lorsque vous êtes dans cet hôtel de Santa Monica vous avez vue sur la mer, vous êtes à l’intérieur d’un décor acheté par plus de 900 chaînes de télé.
Vous aimez le bleu qui facilite la pensée positive, la blancheur des murs rappelle la Grèce mais à L.A. il ne fait jamais ni trop chaud ni trop froid « j’aime la qualité de vie, nos enfants vont dans une école privée » ou tout autre dialogue en vente fera l’affaire.
Elle se promène sur la plage, cette mer n’est pas à proprement dire un lieu de baignade, on y trouve des requins et l’idée que s’en font les Californiens.
– Nous nous déplaçons en voiture, je vois, vous n’aimez pas la voiture, il faudra vous y faire, ça et la salle de sport.
La lumière rouge s’intensifie, les visages se plissent, 1979 ou peut-être 1982, pas de mouvements de foule, le groupe Cocteau Twins très apprécié des jeunes Californiens de l’époque, à L.A. il y avait de faux punks qui vivaient dans des villas cossues, ils organisaient des parties dans les patios de leurs parents chirurgiens esthétiques.
[J’y ai rencontré une femme brune qui ressemblait à Mia]
Mais aussi des réalisateurs arty et des acteurs en pleine ascension ; parfois les serveurs devenaient des stars, peut de temps après, mais personne ne savait réellement se perdre comme ici.

Soleils de Santa Barbara et de Santa Monica – qui ne seront pas ceux chantés par System Of A Down, rouleaux de Malibu, canaux résiduels de Venice, étoiles du Sunset et théâtres chinois du Hollywood : c’est largement dans ce décor pelliculé et pelliculaire que Sandra Moussempès fait évoluer les « Sunny girls » de son neuvième recueil poétique, publié en 2015 chez Poésie Flammarion. Mais ses starlettes hollywoodiennes et leurs bronzages caractéristiques, qu’elles soient piochées dans les films eux-mêmes ou au sein des parkings et des trottoirs entourant, de loin, les studios, ne seront pas ici les seules femmes ensoleillées à hanter les pages de leur présence. Trois ans après les kamikazes affectives des « Acrobaties dessinées », et anticipant à l’état de traces de moins en moins diaphanes ce qui adviendra dans « Colloque des télépathes » (2017) puis dans « Cinéma de l’affect » (2020), avant l’explosion libératrice de « Cassandre à bout portant » en 2021, les créatures qui hantent ici les lignes commencent à affirmer, interstitielles, leur devenir fantomatique. À Zabriskie Point, une Daria soigneusement non identifiée évoquera l’art de la guerre, tandis que Chris Marker sera convoqué pour son absence de soleil, justement, et que les bruits, les anti-bruits, les timbres et les tessitures habitent plus que jamais les espaces laissés libres à l’investigation poétique.(...).LIRE LA SUITE ICI

jeudi 18 février 2021

Article et entretien dans Télérama sur Cassandre à bout portant

      





Sandra Moussempès : “Un poème est une façon de me laisser aller à ce qui m’échappe”

Par Anne Segal

Publié le 18/02/21

"Ex-pensionnaire de la Villa Médicis, la poétesse et performeuse Sandra Moussempès a publié “Cassandre à bout portant”, en janvier. Son art, augmenté par des dispositifs visuels et sonores, s’entend comme un monde prophétique, capable de renouer avec le passé et de prédire l’avenir.

« C’est toute la subtilité du poème, réclamer qu’un paragraphe soit une énigme et non un faux en écriture » : ce vers extrait du dernier recueil de Sandra MoussempèsCassandre à bout portant, dit bien l’intégrité de la poétesse pour faire vivre et transmettre la singularité de son univers inquiet. Ses poèmes, elle les envisage comme des « installations écrites », n’hésitant pas, pour les faire entendre autrement, à dévoiler l’artiste sonore et vocale qui l’habite lors de performances publiques. Ex-pensionnaire de la Villa Médicis, elle poursuit depuis son chemin de création au milieu de voix et d’images du passé qu’elle interroge, trouvant sa place pour l’exprimer au carrefour de tous les arts. Même si « l’écriture passe avant le reste »". LIRE LA SUITE ICI            

samedi 13 février 2021

Un article de Tristan Hordé sur Cassandre à bout portant sur Sitaudis.Com

Un article de Tristan Hordé sur Cassandre à bout portant sur Sitaudis.com :

La première de couverture, composée par l’autrice, semble suggérer des voies de lecture. "Cassandre", « la bien nommée qui annonce la perte », a pour écho "Sandra" (formé par apocope sur Alexandra, autre nom donné à Cassandre dans la mythologie) qui serait ainsi, par la poésie, quelque peu prophétesse. La couleur retenue, rose bonbon, évoque celle attribuée — autrefois ? — aux bébés filles, en accord aussi avec le buste de la femme sans visage, comme un miroir vide, dont la coiffure renvoie au dernier tiers du XIXe siècle : image de la femme sans existence propre. Le lecteur retrouvera, avec d’autres, les motifs du miroir et de l’image du double, du manque, de l’autofiction, étroitement mêlés dans un livre à la construction complexe.

C’est entendu, le "je" du livre n’est pas Sandra Moussempès — « Ne pas mélanger la vie et le poème (...) La vie et le poème ne peuvent en aucun cas se toucher (juste parfois se frôler) » — ; mais elle est présente par son double en mots : la démarche de mise en mots de soi est analogue à celle de Cindy Sherman, personnage de son film dont le titre est cité en exergue, Nobody’s here but me. Ici, un passage en italique se rapportant à l’enfance (« Quand j’avais 12 ans ») est accompagné d’une note pour situer les faits dans le temps : Sandra Moussempès était allée dans la maison de Sylvia Plath avec une amie de son père, Olwyn Hugues, sœur de Ted (époux de Sylvia) et devenue sa « tante de cœur ». Un autre souvenir d’enfance, après la mention d’un rêve, occupe une note. Il s’agit d’un don fait à l’enfant de six ans d’une poupée de porcelaine qui lui ressemblait ; Anie Besnard, liée à son père et qui fut une amie d’Antonin Artaud, était la donatrice ; la poupée réapparaît dans la vie de l’adulte, tantôt « poupée d’exorciste », tantôt « Barbie défraîchie ». Il serait bon d’ajouter les « surnoms de l’enfance, Messaline, Salomé », qui évoquent l’antiquité et le mythe, mais surtout un comportement jugé hors de l’ordre, que l’on peut rapprocher d’autres figures, positives dans le livre, les sirènes et les sorcières. Enfin, l’autrice rappelle sa parenté avec la soprano Angelica Pandolfini (1871-1959) et se définit elle-même femme par sa voix, « « J’habite le féminin » c’est ainsi que se décrivait ma voix ».

Par ces souvenirs, elle s’inscrit dans un ensemble du côté de l’écriture et du chant, ensemble étendu qui inclut des figures mythologiques, dans un vers parodie d’une prière :    

               Lilith, Iphigénie, Emily, Cindy, pleines de grâce qui êtes aux cieux

Tous ces noms, d’une manière plus ou loin visible, ont une relation à la notion de double, de là au miroir. Lilith, dans la tradition de la Kabbale, a été modelée en argile, comme Adam : elle est donc son égale, double féminin — et devenue incarnation du féminisme sans perdre pour autant son caractère de démon ; ajoutons que la répétition de la syllabe renforce ce caractère double. On sait qu’Iphigénie était aussi un nom de la déesse Artémis, qu’il y eut deux Emily (Brontë, Dickinson), que Cindy Sherman est photographe et cinéaste. L’autrice peut s’ajouter à la liste, elle qui se présente au seuil d’un poème ("Miroir rouge") « Divisée en deux ». Réunis, les noms représentent « une forêt de voix et une symphonie de miroirs ». (....) 

LIRE LA SUITE ICI

Deux chroniques de Jean-Paul Gavart-Perret sur Cassandre à Bout portant dans Le salon Littéraire de l'Internaute et LeLIttéraire.com

 Une chronique dans l'Internaute

Femmes sans influence : Sandra Moussempès

Je n’en pouvais plus des thématiques je voulais écrire ce qui vient, précise  Sandra Moussempès. À savoir évoquer qui sont les femmes. La première est, étant donné le titre, Cassandre, la bien nommée qui annonce la perte mais aussi la résurrection. Si bien que le rose de la couverture n'est qu'une façade de même que la femme qui s'y inscrit sans visage.

Mais à ce stade on ne connaît encore rien de celles dont il est question. Il y a là des tritones qui bouillonnent sous le pont de la rivière Quoi, de la rivière Qui. Les Vénus y sont de mille eaux et après avoir touché le fond de leurs piscines bétonnées par les hommes elles rejaillissent en femmes fontaines de poésie.
 (...)" LIRE LA SUITE ICI





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Dans LeLittéraire.Com 

Sandra Moussempès, Cassandre à bout portant, La volonté d'être femme au-delà des traumatismes

Sandra Mous­sem­pès per­met à la fois de voir autre­ment les femmes de l’histoire (la sienne et celle du monde) et d’autrement voir le fémi­nin en le déga­geant du flot du noir du temps et ses sillages comme de celui du rose de la cou­ver­ture afin d’imaginer la lumière que les égé­ries font jaillir  en per­met­tant de sou­le­ver bien des cothurnes.

Il faut alors alors com­prendre le vide du por­trait en cou­ver­ture au sens latin : vois.  Car ici une machi­ne­rie poé­tique détraque les glas que les mâles font vibrer. Un tel fémi­nisme  n’est consti­tué ni d’abstractions, ni de méta­phores.

Il pro­jette au fond de l’impasse où la femme est réduit à un fan­tasme. Et celui-ci s’écroule pour une autre his­toire loin des repro­duc­tions et mélan­co­lies d’usageLIRE LA SUITE ICI