vec sa Cassandre à bout portant Sandra Moussempès fait exploser avec maestria le concept essentialiste de l’éternel féminin. Si l’autrice n’affiche pas un féminisme tonitruant fait de slogans, féministe son œuvre l’est assurément, dans son écriture même [1]. Optant pour une atomisation du féminin, la poétesse recompose à l’envers ses figures féminines dans ce nouveau livre-script post-punk échevelé. Fascinée par le vide, Sandra Moussempès ramène l’art du portait au tracé des contours, évidant les visages [2], comme elle l’a fait avec son visuel de couverture qui peut aussi bien évoquer un portrait de la poétesse Elizabeth Barrett Browning [3] qu’une figure anonyme de l’ère victorienne. Ces visages évidés (anonymes ou plutôt dé-nommés) renvoient non seulement au motif omniprésent du miroir (cette Cassandre à bout portant, « maison de phrases liquides » p. 103, n’est-elle pas aussi « La maison du miroir rempli de visages oubliés » p. 111 ?) mais également au schème du double, l’un des principaux mythèmes dont nous relevons de nombreuses occurrences dans l’œuvre de l’écrivaine.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire