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jeudi 14 mai 2020

Nouvel extrait de Vox Museum (Editions Jou)

"Ghost elevation" (extrait de l'album Vox Museum Editions Jou)
Une décoction de ma voix chantée, bruitée, remixée par Black Sifichi

Toutes les voix chantées, bruitées : Sandra Moussempès
Mix : Black Sifichi
(A écouter avec des enceintes puissantes de préférence)



Album disponible sur le site des éditions Jou ICI

vendredi 17 avril 2020

En cette période de confinement, vous pouvez soutenir la chaîne de livre (éditeur/auteur) en vous procurant mon nouveau livre "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" directement sur le site des Editions de l'Attente ou via la libraire Charybde qui assure la vente en ligne.
Extrait (p. 26) :
Il faut remonter très loin pour savoir que nos voix off
se rencontrent dans un trou noir puis se disloquent
– ou envahissent nos rêves –
Sur la bande-son nous entendons un souffle derrière nous
cela peut cadrer avec le ressenti d’une porte qui se referme
nous sommes les auditeurs de notre propre sidération
– la disparition du corps fantôme correspond à la présence
de ton souffle après que tu sois sorti de la pièce –


               
       

lundi 6 avril 2020

Nouvel article dans L'Orient Littéraire sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)"

Un bel article de Ritta Baddoura sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" de Sandra Moussempès (Editions de l'Attente 2020)

Version numérique ICI
                                     


samedi 14 mars 2020

Nouvel article sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" par Georges Guillain

Un nouveau bel article de Georges Guillain sur le site des Découvreurs
http://lesdecouvreurs2.blogspot.com/2020/03/jeux-de-pistes-lire-cinema-de-laffect.html

JEUX DE PISTES LIRE SANDRA MOUSSEMPES AUX EDITIONS DE L'ATTENTE

Dira-t-on du livre de Sandra Moussempès, Cinéma de l’affect, 
sous-titré Boucles de voix off pour film fantôme, qu’il défie tout commentaire : la complexe élaboration que son auteur fait subir aux confidences qu’elle y adresse à ses lecteurs, les laissant finalement 
comme face à une « porte sans serrure dont nul ne possèderait »
 comme elle l’écrit, le code secret, « code intérieur bien sûr, aucune combinaison chiffrée ne pouvant être efficace ». 

C’est vrai que le livre de Sandra Moussempès n’est pas de ceux 
qu’on peut lire d’un œil distrait et qui se comprennent avant même 
d’être lus. Si la maîtrise de la langue, contrairement à ce que vers 
quoi s’oriente de plus en plus la logique du temps, y est absolument parfaite, donnant des 
phrases d’une précision et d’une évidence syntaxiques remarquables, l’univers référentiel,
 comme on dit, vers lequel ces phrases font signes, interroge par son apparente opacité. Et 
la diversité des pistes – j’emploie le mot ici dans le sens que lui donnent les actuelles 
techniques d’enregistrement audio-visuelles – la façon dont elles sont combinées, s
uperposées, ont de quoi dérouter.

Qu’est-ce toutefois que dire sa propre vie, sinon entrer tout entier en relations. Au sein d’un 

espace-temps formel où la matérialité des choses dont on fait multiplement l’expérience, 
apparaît toute tissée d’affects mobiles qui s’accumulent en nous pour s’exprimer en pensées, 
se voir traduire en voix, à travers des opérations d’organes et d’intelligence qui nous 
demeurent en grande partie obscures.

C’est bien consciente de tout cela que Sandra Moussempès se met ici en scène. Avec cela 

qu’elle nous fait, si je peux dire, tout un cinéma. Non pour épater le bourgeois. Mais pour 
se libérer de certaines angoisses. Et continuer à se construire. Par une compréhension plus 
affinée sinon des opacités, du moins de ces divers brouillages, occultations ou effets parasites 
imposés à toute volonté d’expression.

Dédié à un certain R., présenté comme « l’amoureux errant de ce dédale », Cinéma de 

l’affect, doit être d’abord lu comme une chronique amoureuse. Une relation apparemment 
bousculée, difficile dans laquelle la complicité première des corps, des voix et des projets, 
les attachements, le « conte de fée psychique sans dialogue » qu’ils génèrent, finalement se désagrègent, laissant l’esprit s’interroger sur la nature réelle de ce qui a eu lieu : 
« escroquerie ou flamme jumelle, connard ou amour vrai, la reconstitution des faits se 
trouve dans une sacoche vide jamais retrouvée ». LIRE LA SUITE ICI

vendredi 13 mars 2020

Sandra Moussempès invitée sur France Culture pour Cinéma de l'Affect (Boucles de voix off pour film fantôme)

Vous pouvez m'entendre en podcast dans l'émission de Manou Farine "La compagnie des poètes" autour de mon nouveau livre Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme) notamment dans la seconde partie de l'émission) et d'Artaud en compagnie de l'essayiste Lorraine Dumesnil.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-compagnie-des-poetes/la-compagnie-des-poetes-emission-du-vendredi-13-mars-2020


Soirée Double Change

Une belle soirée dans l'atelier de Michael Woolworth, pour ma lecture Double Change (organisée par Olivier Brossard et Vincent Broqua) Woo
Photo Olivier Brossard

Photo Olivier Brossard

Photo Eric Houser

lundi 2 mars 2020

Lecture DoubleChange le 12 mars à Paris




double change et l’atelier Michael Woolworth

vous invitent

à une lecture

de Michael HellerSara Larsen et Sandra Moussempès

le jeudi 12 mars à 19h

Atelier Michael Woolworth
2 rue de la Roquette, cour Février
75011 Paris

comment s’y rendre

entrée libre
http://www.michaelwoolworth.com/
www.doublechange.org


mercredi 26 février 2020

Nouvel article sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" sur Remue.net par Deborah Heissler


Sur REMUE.NET.COM
Déborah Heissler | Cinéma de l’affect, de Sandra Moussempès

Jeu de plans, de séquences ou de scènes, dont on ne sait où il se situe exactement, Cinéma de l’affect de Sandra Moussempès déroule pour nous sa voix, qu’il nous est possible de suivre au travers d’une « déambulation […] à la croisée du son, du cinéma et du spiritisme ».
Une voix tremblante se fait d’abord entendre, qui « n’aide / pas à clarifier le propos » de ce récit « poétique », où la narratrice cherche à comprendre le fonctionnement de processus vocaux d’autant plus envoûtants, que quasi insolubles.
Rien n’est au point
Je me retrouve auditrice de sonorités aussi floues que
Des ectoplasmes
Evocation, plus loin, de l’arrière-grand-tante, Angelica Pandolfini, elle-même fantôme d’une voix dont la restitution — sa quête —, ne nous dira presque rien. Sa tessiture vocale demeurant, pour nous, comme une forme de « complément d’enquête » ; la narratrice devenue, au fil des pages, un lang(age) dont « tu » — l’adresse, l’appel — reste à lui seul « le dispositif sonore » :
Prosodie vocale : un diapason me prouve que tu es là engagé
Dans un nouvel espace plus propice à nos méditations
Corporelles 

jeudi 20 février 2020

Article de Serge Airoldi sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)"surl le site de l'ALCA

Dans Prologue (l'E-média d'ALCA) un bel article de Serge Airoldi 

Tentative d’épuisement des voies


Depuis de nombreuses années, Sandra Moussempès explore la façon poétique de faire sens et de débrouiller le brouillard. Avec ce nouveau texte, Cinéma de l'affect, que publient les éditions de l'Attente, elle questionne de nouvelles tessitures qui font l’étrange son du monde.
Un nouveau texte de Sandra Moussempès paraît aux éditions de l’Attente. C’est Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme). Réjouissons-nous de cette singularité supplémentaire qui engramme l’œuvre de la poétesse. Ce texte – comment dire à la fois, en un seul mot, en un seul bloc, qu’il est prose, poésie, tentation de l’essai, expérimentation d’un genre biographique, autobiographique, historique, musical, qu’il est aussi fantasmagorie, féerie, magie ? – s’avance d’abord un peu masqué. Ceux qui n’ont pas encore lu le moindre livre de Sandra Moussempès seront peut-être un peu désarçonnés. Comme les partitions de Mozart, ses textes aiment les départs en anacrouse. Ils se demanderont aussi quel est ce prodige à l’œuvre qui s’en va par les branches, comme on dit dans le Gers, dans certaines occasions de la raison supposée enfuie. Les autres applaudiront à ce subtil charivari des strates qui brouille les généalogies, l’explication du monde par le simple constat de la succession des couches de terres, de fossiles, de roches, de magma, de substrats, de gravats de toutes natures.

mercredi 19 février 2020

Interview intenpestive de Sandra Moussempès par Jean-Paul Gavart-Perret dans LeLittéraire

Sandra Moussempès : de la poupée brisée à la fée des songes — entretien Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme)

Il y a en San­dra Mous­sem­pès une part Tori Amos, une part héroïne de David Lynch. Autant pour son roman­tisme très par­ti­cu­lier que son mys­tère et ses bles­sures. Les trau­mas de l’enfance l’ont sans doute par­tiel­le­ment bri­sée, mais elle a recollé ses mor­ceaux à tra­vers son écri­ture et la poro­sité qu’elle invente entre les mondes et les arts.
C’est le signe d’une sola­rité inté­rieure qui efface les aspects noc­turnes de cer­tains moments de la vie et des claus­tra­tions. Le côté poreux aux autres et l’hypersensibilité de la créa­trice font sa rareté et lui pré­servent la faculté de res­ter une fée des temps au moment où elles dis­pa­raissent mais dont l’époque en a de plus en plus besoin.
De l’auteure : Sunny girls, Édi­tions Poésie/Flammarion, 2015 ; Col­loque des télé­pathes & Album CD Post-Gradiva, Édi­tions de l’Attente, 2017 ; Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fan­tôme), Édi­tions de L’Attente, 2020.
 Entretien : 
Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
La néces­sité, car sinon je res­te­rais des heures dans mon lit pour y tra­vailler, créer et me recentrer.
Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Je ne m’en suis pas trop écar­tée, si ce n’est que des trau­mas sont venus les enta­cher mais ont ren­forcé du coup leur néces­sité. Expri­mer ma créa­ti­vité comme voix off inter­chan­geable et iné­luc­table, j’aime cette idée d’avoir tout en moi et que cela fasse oeuvre, le reste, la “vraie vie” m’intéresse moins, m’oppresse parfois.
A quoi avez-vous renoncé ?
Au confort, à la “nor­ma­lité”, aux rela­tions sur­faites. Au désir d’être com­prise de tous.
D’où venez-vous ?
D’une pla­nète excen­trée étrange.
Qu’avez-vous reçu en dot ?
Mon don d’écriture, ma voix, mon hyper­sen­si­bi­lité (qui n’est pas tou­jours simple à gérer). Ma créa­ti­vité artis­tique et la pos­si­bi­lité aussi d’avoir pu créer un autre être, mon fils. Un petit côté magi­cienne aussi.
Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?
Une tasse de thé anglais déthéiné avec un nuage de lait de soja, une bou­gie allu­mée. Un rire imprévu pen­dant une dis­cus­sion sérieuse.
Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres auteures ?
Je crois, ma pro­pen­sion à être ce que j’écris, la sin­gu­la­rité de mon tra­vail, avec ses thé­ma­tiques récur­rentes (le fémi­nin, le spi­ri­tisme, le cinéma), ma pra­tique paral­lèle d’artiste sonore et vocale (disques et lec­tures performées).
Com­ment définiriez-vous votre “poé­tique” ?
Lais­ser les mots par­ler à ma place, tout en me cen­trant sur une néces­sité esthétique.
Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?
Une pou­pée de por­ce­laine qui m’a été offerte par Anie Bes­nard (pre­mier amour d’Antonin Artaud et un temps com­pagne de mon père avant ma nais­sance) : lorsque j’avais six ans, elle trou­vait que cette pou­pée me res­sem­blait, j’ai beau­coup écrit sur cette pou­pée, même si j’aurais pré­féré à l’époque res­sem­bler à une pou­pée Bar­bie. Je l’ai fina­le­ment per­due au fil des déménagements.
Et votre pre­mière lec­ture ?
La Com­tesse de Ségur pour son sadisme latent et ses petite filles aux robes roses, “Les Petites filles modèles” et “Les Mal­heurs de Sophie”.
Quelles musiques écoutez-vous ?
Du Dubs­tep, de l’électro/ambient (par exemple Mode­rat de New Error ou Anvil de Lorn) et du clas­sique, de l’orgue d’église (Bach). Der­niè­re­ment, j’écoutais sou­vent dans ma voi­ture un remix de Lost Fre­quen­cies (Cesa­ria de Stromae).
Quel est le livre que vous aimez relire  ?
Il y en a plu­sieurs, de la poé­sie contem­po­raine amé­ri­caine ou coréenne. Les poèmes d’Emily Dickinson.
Quel film vous fait pleu­rer ?
“Wuthe­ring Heights”, l’ancienne ver­sion, avec Merle Obe­ron. Je rajoute l’épisode de Black Mir­ror “Nose dive” que j’ai vu dix fois et qui me fait tou­jours pleu­rer aussi à la fin, tant c’est repré­sen­ta­tif de la société actuelle.
Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?
Ma ver­sion fil­mique, une Cas­sandre (un des autres pré­noms que j’ai failli por­ter) qui ne sait pas sou­rire sur com­mande, qui écrit sur les miroirs et s’y pho­to­gra­phie sans jamais avoir une réponse claire de son reflet.
A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A beau­coup de monde, à David Lynch par exemple.
Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Londres, où j’ai vécu un temps, mais aussi Los Angeles où je ne suis jamais allée.
Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
Dans le désordre, Cindy Sher­man, Emily Dickin­son, Emily Brontë, Syl­via Plath (j’étais proche d’Olwyn Hughes, sa belle-soeur et j’ai passé des vacances chez Ted Hughes son mari quand j’étais petite), Marina Abra­mo­vic, Pipi­lott Rist, Kate Bush, David Lynch, Har­mony Korine, Miya­zaki, la Com­tesse de Ségur, Janet Frame, Car­son Mc Cullers, Gisèle Vienne,  Samuel But­ler, les Frères Powis, Mary Shel­ley, Charles Swin­burn, l’écrivaine Taeko Kono,  j’en oublie bien sûr beaucoup.
Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
Un signe du des­tin aussi beau et envoû­tant que possible.
Que défendez-vous ?
La sin­gu­la­rité, l’originalité, l’inquiétante étran­geté, là où se tisse l’humain, dans ce qui lui échappe et qui est peu acces­sible au conscient, la contem­pla­tion, l’intensité, la pas­sion amou­reuse, l’authenticité dans un monde de plus en plus sté­réo­typé où façades et faux sel­fies dominent.
Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”?
Trop cynique pour moi, même s’il y a du vrai. Je pré­fère trans­mu­ter le réel car j’ai une ten­dance natu­relle au mysticisme.
Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“
Je ne suis pas sûre de comprendre.
Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?
Qu’aimeriez-vous mieux connaître ou déve­lop­per dans votre vie ? J’aimerais appro­fon­dir mes connais­sances en astrologie.
Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 18 février 2020. A lire sur le site LeLittéraire.com

mardi 18 février 2020

Article de Laurent Albarracin, dans la revue Catastrophes


[Sentier critique] par Laurent Albarracin. Toutes les contributions poésie & cinéma.
ENTREE DES MEDIUMS
à propos de Sandra Moussempès, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), Éditions de l’Attente, 2020.
.Si l’on veut bien admettre que la notion d’autofiction peut s’appliquer autant au poème qu’au roman, alors le livre de Sandra Moussempès en est un cas exemplaire. Ça n’est pas que le poème ici mêle plus qu’un autre le réel à l’imaginaire (quel poème ne fait pas cela tout le temps ?) ni même seulement que des éléments autobiographiques se trouvent sublimés par leur mise en fiction poétique, c’est plutôt qu’ici le poème est un dispositif textuel qui utilise le réel et ses sollicitations pour capturer une voix à elle-même inconnue, pour captiver une intimité secrète et inaccessible autrement que par ce dispositif. Le livre est une boîte faite de phrases et qui piège d’autres phrases. Un objet technique (un parallélépipède de papier) somme toute assez froid, mais capable de contenir une réalité vocale : la voix de son autrice (terme qu’on préfèrera ici à auteure tant l’autrice en l’occurrence est une auditrice) comme celles, multiples, qui la traversent. Le poème chez elle est en effet un réseau métaphorique dans lequel s’attrapent et s’emprisonnent d’étranges énoncés. (LIRE LA SUITE)

mercredi 5 février 2020

Note de lecture sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" par Hughes Robert

Note de lecture : « Cinéma de l’affect » (Sandra Moussempès)

Lorsque le son enregistré surgi du passé entre en résonance, expérience spirite métaphorique et poétique, avec un dévoilement contemporain toujours aussi nécessaire et subtil.

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J’ai la chance dans ce nouvel épisode de me retrouver hors d’un gouffre
Mais suspendue sur pilotis au-dessus du vide, la technique vocale ne suffit pas
La phrase prononcée lors d’un discours jamais retrouvé n’aide pas à clarifier le propos
On parlera ainsi de phase pré-somnambulique, comme pour les fillettes possédées dont les voix deviennent soudainement caverneuses et effrayantes
La mécanique surnaturelle de nos séances d’emboîtement n’est pas uniquement tissée d’organes
Car si l’on cherche à retranscrire le son de nos ébats, les cris se divisent en rires et en clameurs qui laissent perplexes
Après avoir fui dans la forêt en combinaison New Age me voici revenue vers toi qui débutes au théâtre une carrière de médium, tu fabriques des machines à remonter le temps pour un film expérimental basé sur notre histoire dans sa version non sous-titrée
Rien n’est au point pour le moment
Je me retrouve auditrice de sonorités aussi floues que des ectoplasmes
Publié en janvier 2020, « Cinéma de l’affect » complète et étend de plus d’une manière le travail de « Acrobaties dessinées » (2012) et de « Colloque des télépathes » (2017), dans la même collection superbe des éditions de l’AttenteSandra Moussempès y poursuit intensément son entreprise d’affranchissement des conventions sociales éprouvées, à travers les deux derniers siècles, en y poursuivant l’usage du son comme arme poétique, en laissant rôder comme précédemment la possibilité du canular spirite, et en ne refusant aucune des étrangetés qui naissent des hasards et des coïncidences qui n’en sont peut-être pas. Le fait que l’arrière-grand-tante de l’autrice, la cantatrice Angelica Pandolfini (1871-1959), rendue célèbre notamment pour son interprétation  triomphale d’Adrienne Lecouvreur de Francesco Cilea, ait, enregistrement de 1903 en faisant foi, une tessiture très proche de celle de l’autrice peut constituer une telle cheville ouvrière, un outillage pour à nouveau démonter certaines apparences, sociales ou intimes. Davantage encore que précédemment, et même lorsque son recueil ou son enregistrement devient diaphane ou problématique, la voix est un passage (il faut écouter, parallèlement à la lecture de « Cinéma de l’affect » l’album « Vox Museum » publié aux éditions Jou pour s’en persuader, s’il était nécessaire), un passage qui, gorgé d’imagination, ouvre sur un ailleurs logiquement insoupçonné.

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Un bel article d'Adrien Meignan sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" dans Addict Cutlture


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ême le plus sceptique envers le spiritisme saura reconnaître le caractère magique du récit poétique de Sandra Moussempès. Dans Cinéma de l’affect, la poète explore la voix et sa trace. Sa composition semble être la même que celle d’un fantôme. L’autrice s’interroge sur comment on capte la voix et comment elle resurgit dans nos vies.

Le caractère magique de la poésie de Sandra Moussempès est indéniable. Elle publie des livres depuis les années 90. Les titres de ces précédents ouvrages constituent de surprenantes propositions imaginaires. Entre Colloques des télépathes (L’attente, 2017) et Vestiges de fillette (Flammarion, 1997) en passant par Biographie des idylles (L’attente, 2008), chaque titre résonne comme une incantation. La lecture de Cinéma de l’affect donnera envie de découvrir ce qui s’y cache.

Mais Sandra Moussempès n’est pas seulement poète. Elle est aussi chanteuse et a réalisé plusieurs disques entre performance sonore et poésie chantée. Chaque réalisation vient faire écho à son travail d’écriture. Cinéma de l’affect est fortement lié au disque Vox Muséum paru aux éditions Jou. C’est dire si le thème de la voix est important pour cette poète à l’univers très affirmé.

Elle produit dans ce recueil une poésie qui mêle récit amoureux et témoignage personnel. Par exemple, elle évoque sa découverte d’une de ses ancêtres, la cantatrice Angelica Pandolfini. Elle voit dans cette femme italienne bien plus qu’un membre de sa famille, presque un double du passé.( LIRE LA SUITE ICI)