Lecture/performance mercredi 29 février à 18h30, Ecole Normale Supérieure de Lyon, au CERCC (Centre d'études et de recherches comparées sur la création), cycle de poésie parlée organisé par Patrick Dubost.
Infos ici :
http://cercc.ens-lyon.fr/spip.php?article199
jeudi 16 février 2012
samedi 7 janvier 2012
Stage d'écriture autour de la Fiction sentimentale à la Maison Gueffier, Grand R, Scène Nationale de la Roche sur Yon,
Travail et convivialité, photos du stage par Christophe François à qui vont mes remerciements pour son accueil
TItre du stage : Une biographie des idylles
samedi 5 et dimanche 6 novembre 2011
Résumé :
"La fiction sentimentale peut-elle s’articuler autour d’un dispositif de distanciation et de réutilisation des clichés liés au féminin/masculin. Nous aborderons lors de cet atelier ce qui permet de « photographier » les lieux, les instants, les résurgences visuelles et sensorielles, de nos scénographies sentimentales en tant que synopsis (rencontres, ruptures, lieux communs, visages, miroirs etc.), une biographie des idylles (titre d’un de mes livres) pourrait alors s’écrire différemment de l’idée reçue, et revêtir aussi un caractère ludique, voire cinématique". S.M
mardi 25 octobre 2011
Festival Midi Minuit, Maison de la Poésie de Nantes, 15 octobre
Sandra Moussempès pendant la performance "Beauty Sitcom", Maison de la Poésie de Nantes, 15 octobre 2011
Merci à Daniel Riou pour les photos
lundi 19 septembre 2011
mardi 13 septembre 2011
Beauty Sitcom à la Maison de la Poésie de Nantes
Sandra Moussempès à Midi Minuit, festival de poésie, le 15 octobre à 20H30 pour présenter "Beauty Sitcom"
Fiche bio et infos ici :
http://www.maisondelapoesie-nantes.com/MMP/mmp11/auteur/moussempes.html
jeudi 11 août 2011
En écoute deux extraits de Beauty Sitcom
Latest tracks by Sandra Moussempès
Extraits de la performance sonore et poétique "Beauty sitcom" à paraître dans un livre CD, aux éditions de l'Attente au printemps 2012
Chants, poèmes, explorations vocales : Sandra Moussempès
Extraits de la performance sonore et poétique "Beauty sitcom" à paraître dans un livre CD, aux éditions de l'Attente au printemps 2012
Chants, poèmes, explorations vocales : Sandra Moussempès
jeudi 4 août 2011
Festival Voix Vives à Sète, juillet 2011
"Beauty Sitcom" performance sonore et poétique présentée en solo à la Chapelle du Quartier Haut
Sandra Moussempès (Chants, poèmes, explorations vocales)
Merci à Antoine Dufeu pour ces photos et à Patrick Dubost pour la présentation
lundi 20 juin 2011
Nouvelle version avec captation et générique de la vidéo/diaporama de "Beauty Sitcom"
Nouvelle version avec captation et générique de fin de la vidéo/diaporama de "Beauty Sitcom" présenté le 20 mai 2011 à l'espace frompointopoint, de S.Moussempès (mélodies, chants, voix, texte) et JM Bernard (spatialisation sonore), réalisée par Philippe Pannetier, captation vidéo Gellairelax.
samedi 28 mai 2011
Beauty Sitcom, live, 20 mai, Nîmes soirée Poésie électro


Photos Mika Perez
Voix, chants, explorations vocales, poèmes : Sandra Moussempès
Mise en espace sonore : J-M Bernard
Les textes lus étaient inédits pour la plupart à paraître dans mon prochain livre/CD aux Editions de l'Attente en 2012, mis à part "Peau 5" (texte extrait de "Captures" Editions Flammarion/Poésie 2004)
Scénographie : Philippe Pannetier
http://synradio.fr/beauty-sitcom-le-point-de-vue-de-philippe-pannetier/
samedi 7 mai 2011
Résidence à la gallerie Philippe Pannetier
Résidence et mise en espace scénique par Philippe Pannetier de la performance sonore "Beauty Sitcom" à l'espace Pointopoint (Gallerie Philippe Pannetier), performance présentée le 20 mai http://www.frompointtopoint.com/article-beauty-sitcom-residence-et-concert-73251342.htmlPhotos Philippe Pannetier
jeudi 21 avril 2011
"Beauty Sitcom" performance sonore

Infos sur Droit de cités :
http://droitdecites.org/2011/04/22/beauty-sitcom-une-performance-de-sandra-moussempes-jacques-marie-bernard/
Premier extrait en écoute : "Britney Sitcom ou l'effort de rendre l'autre fou" :
http://synradio.fr/wp-content/uploads/BritneyTotale.mp3
jeudi 14 avril 2011
Beauty Sitcom, performance sonore

Beauty Sicom
une performance sonore de Sandra Moussempès (texte/exploration vocale) et Jacques Marie Bernard (Mise en espace sonore)
Prochainement à la Gallerie Philippe Pannetier à Nîmes
Extrait de "Beauty Sitcom" (audio-poèmes) :
http://www.myspace.com/sandramoussemps
Photo montage suite à la performance au Carré d'Art de Nîmes : Jacques-Marie Bernard
dimanche 20 mars 2011
Performance sonore "Superstitions IV" au Carré d'Art, musée d'art contemporain, Nîmes
Photos de la performance (dans le cadre du salon du livre d'artiste et de Websyn, le 19 mars à 16h30, salle de conférence du Carré d'Art).
Sandra Moussempès, Voix (chant/texte/exploration vocale)
Jacques Marie Bernard (spatialisation sonore), au centre du public qui s'installe
Jacques Marie Bernard, Laurent Rump, Dominique Balaÿ, avant les performances
Photos Myriam Balaÿ
samedi 19 mars 2011
samedi 11 décembre 2010
dimanche 10 octobre 2010
lundi 21 juin 2010
Lectures croisées : Sandra Moussempès, Philippe Beck, Liliane Giraudon
Lectures croisées à la librairie l'Atelier, Paris, dans le cadre du Muséum T, résidence soutenue par le Conseil Régional d'ïle de France De haut en bas, Sandra Moussempès, Philippe Beck, Liliane Giraudon Photos de Joffrey Ferry. Un grand merci à Xavier Person et Georges-Marc Habib

samedi 19 juin 2010
Photos du marché de la poésie à Paris, remise du prix Hercule de Paris 2010 pour Photogénie des ombres peintes
Sandra Moussempès avec Liliane Giraudon, Jean-Marc Baillieu, Virgile, dans le stand des éditions Flammarion

Avec Jean-Marc Baillieu et Yves di Manno

Henri Deluy, John Stout
Photos François Crosnier
Autoportrait vide d’une « stratège d’apocalypse » dossier chronique de Fabrice Thumerel sur le travail de Sandra Moussempès
Dossier complet : http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=2436
Entretien : http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=2355
Entretien deuxième partie : http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=2404
Entretien : http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=2355
Entretien deuxième partie : http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=2404
mardi 30 mars 2010
Prix Hercule de Paris 2010

Le prix Hercule de Paris 2010 sera remis à Sandra Moussempès pour son livre
Photogénie des ombres peintes (Flammarion 2009, 2010)Le 19 juin à 18 heures
sur le stand des éditions Flammarion
au Marché de la poésie, place St-Sulpice, 75006 Paris
en présence
d'Yves di Manno, poète, directeur de la collection Poésie/Flammarion
et Jean-Marc Baillieu poète, créateur du Prix Hercule de Paris
Petit historique du Prix Hercule de Paris par son instigateur Jean-Marc Baillieu :
Le prix Hercule de Paris existe depuis 1984.
Le jury de 3 membres choisit à l'unanité un livre parmi les parutions d'un année.
Certaines années, il n'y eut pas de prix car le jury ne put être d'accord à l'unanimité. Certaines années, il y eut deux prix : un prix "garçons" et un prix "filles".
La récompense est adaptée au lauréat du prix qui participe au choix : objet d'art, week-end sur la côte, édition bibliophilique d'un ouvrage, repas gastronomique avec invités, paire de claques ou fessée (lauréat maso), vêtement de marque, voiture de course (miniature ancienne)
La remise officielle du prix a lieu le plus souvent au Marché de la Poésie place St-Sulpice en juin à Paris l'année qui suit celle de la parution de l'ouvrage récompensé.
Parmi les lauréats : Hubert Lucot, Joseph Guglielmi, Tita Reut, Anne Parian, Jean-Françoix Bory, Françoise Valéry, Jean-Paul Chague, Cécile Mainardi...
Le prix 2010 (ouvrages parus en 2009) est l'ultime (last and least) prix Hercule de Paris.
jeudi 25 mars 2010
Playlist sur WebSyn du 6 au 13 mai

du 6 au 13 mai 2010
http://droitdecites.org/2009/10/02/sandra-mousempes-sur-websynradio-6-au-13-mai/
Pour une écoute en continue, cliquer sur :
Ecouter la playliste de Sandra Moussempès sur votre lecteur
Une playliste de 20 titres sélectionnés par Sandra Moussempès incluant des extraits de musique et poésie expérimentales du fond de documentation sonore d'Ubuweb ainsi que ses propres création sonores.
dimanche 7 mars 2010
samedi 28 novembre 2009
Un article de Richard Blin sur "Photogénie des ombres peintes" (Le Matricule des Anges, novembre 2009)
Tropismes intérieurs
Jouant des masques et du secret comme de l'arbitraire et des vertiges de l'image, c'est le battement de la parole à l'intérieur d'elle-même que poursuit Sandra Moussempès dans son nouveau recueil.
Avec quoi se débat-elle Sandra Moussempès ? Quelle érotique du temps et du secret ? Quelles expériences de dessaisissement ? Quelle volonté d'arracher la beauté au vertige ? Quel impossible ? Après Vestiges de fillette (1997) et Captures (2004), les sept séquences qui composent Photogénie des ombres peintes continuent à interroger les écrans trompeurs de l'apparence, l'instinct de liaison comme les pulsions de déliaison et toutes les forme de divergence et de distorsion à l'oeuvre dans le triangle que forment l'amour, le vide et le langage.
"Une forme d'incantation post-moderne, fruit d'un "vertigo love", doublée d'une mise en perspective du réèl et de son image. Un univers où tout est "question de perception" et de mémoire, de "corps de lumière" et de "petites déconstructions", d'images projetées et d'effets de spécularité, de décalage et de filigrane. Des poèmes qui souvent ont un ciel (en italique) et une terre (en romain), qui sont des radiographies de l'entre-deux (entre le père et sa fille, l'homme et la femme, l'ombre et la lumière, le rêve et la réalité...); des spectographies du désir ou de l'absence, des précipités de sensations ou encore des scènes où "officient à trois dans l'harmonie" les fantômes du rêve, du délire et du désir.
Leurres et simulacres qui nous mettent à la fois en contact et à distance d'une réalité interne faite de la singularité d'instants arrachés à la réalité, au rêve, au souvenir. Evénements extatiques "liés à la déviance amoureuse", éclats de film noir, "preuves illustrées", évidences hasardeuses : "tout relève du dénuement de chaque réalité mise en scène", de rêves opaques ou de "matière mentale". Un monde où "la fiction devient chaque jour plus hermétique", où les "princesses compatibles se désistent", où "la dégustation d'un poisson embroché incite à tous les dévouements", où l'on peut s'extasier devant "l'aspect "merveilleux" de la reproduction" et passer des promesses aux promises, de la grâce au strass, de la peau de chagrin à la peau de chacun et même de l'obscur objet du désir à celui "du déni : façonné en clé de voute".
Comme si la réalité ne cessait de se dérober derrière le mirage des reflets et des illusions, la facticité des représentations ou la production onirique d'images liées aux ratés de la relation comme aux fantasmes. Comme si, derrière ces cristallisations poétiques de points de vue, ces captations d'images, ces conjugaisons de visible et d'invisible, d'odeurs et de sons, se cherchait le langage d'une délivrance, s'éprouvait une esthétique de la fragmentation, s'élaborait une histoire parallèle, jouant avec les masques et les avatars de "la VRAIE personalité de l'héroine".
Photogénique, ce qui naît de la lumière, d'où ce très beau titre, Photogénie des ombres peintes, qui soulignant la beauté d'images-fantôme, suggère aussi, derrière la vacillation des présences, le poids de l'occulte. "Ce que précisément la poésie implose ou accepte : la non-formulation du réèl par son miroitement sur la matière". Entre l'empreinte et la trace, le monde extérieur et son relief intérieur, se devine et se dessine la circularité enivrante de tout ce qui dans la sphère des images de l'amour reste toujours à apprendre.
Du "seul jardin japonais à portée de vue" à "Kyoto élegies" -c'est-à-dire en passant par ce pays lointain et fantasmatique dont Barthes disait qu'il est un empire où les signes vivent en toute liberté- ce sont les éclats d'une impossible mythologie du moi que nous donne Sandra Moussempès. "Sachez que je suis en train de cacher quelquechose". Secret qui participe de ce mouvement organique dont le biographique fait entendre la vibration jusque dans les juxtapositions incongrues et les effets de symétrie décentrée qui donnent à ce recueil son étrange et belle profondeur pensive.
Richard Blin in Le Matricule des Anges, novembre 2009
Photogénie des ombres peintes
Sandra Moussempès, Flammarion, 128 pages, 16 euros
Lire aussi :
Un article d'Angèle Paoli sur son site "Terres de femmes"
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/12/sandra-moussemp%C3%A8s-photog%C3%A9nie-des-ombres-peintes.html
Une présentation de Fabrice Thumerel sur le site Libr-critique :
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=1502
article de Matthieu Nuss :
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=2318
Une proposition de Pierre Ménard sur le site Liminaire :
http://liminaire.fr/spip/spip.php?article398
Article de Jean-Marc Baillieu sur le site Sitaudis :
http://www.sitaudis.fr/Parutions/photogenie-des-ombres-peintes-de-sandra-moussempes.php
Article de Francesco Magris sur libr-critique :
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=1836
Article du Matricule des Anges :
http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=62779
Jouant des masques et du secret comme de l'arbitraire et des vertiges de l'image, c'est le battement de la parole à l'intérieur d'elle-même que poursuit Sandra Moussempès dans son nouveau recueil.
Avec quoi se débat-elle Sandra Moussempès ? Quelle érotique du temps et du secret ? Quelles expériences de dessaisissement ? Quelle volonté d'arracher la beauté au vertige ? Quel impossible ? Après Vestiges de fillette (1997) et Captures (2004), les sept séquences qui composent Photogénie des ombres peintes continuent à interroger les écrans trompeurs de l'apparence, l'instinct de liaison comme les pulsions de déliaison et toutes les forme de divergence et de distorsion à l'oeuvre dans le triangle que forment l'amour, le vide et le langage.
"Une forme d'incantation post-moderne, fruit d'un "vertigo love", doublée d'une mise en perspective du réèl et de son image. Un univers où tout est "question de perception" et de mémoire, de "corps de lumière" et de "petites déconstructions", d'images projetées et d'effets de spécularité, de décalage et de filigrane. Des poèmes qui souvent ont un ciel (en italique) et une terre (en romain), qui sont des radiographies de l'entre-deux (entre le père et sa fille, l'homme et la femme, l'ombre et la lumière, le rêve et la réalité...); des spectographies du désir ou de l'absence, des précipités de sensations ou encore des scènes où "officient à trois dans l'harmonie" les fantômes du rêve, du délire et du désir.
Leurres et simulacres qui nous mettent à la fois en contact et à distance d'une réalité interne faite de la singularité d'instants arrachés à la réalité, au rêve, au souvenir. Evénements extatiques "liés à la déviance amoureuse", éclats de film noir, "preuves illustrées", évidences hasardeuses : "tout relève du dénuement de chaque réalité mise en scène", de rêves opaques ou de "matière mentale". Un monde où "la fiction devient chaque jour plus hermétique", où les "princesses compatibles se désistent", où "la dégustation d'un poisson embroché incite à tous les dévouements", où l'on peut s'extasier devant "l'aspect "merveilleux" de la reproduction" et passer des promesses aux promises, de la grâce au strass, de la peau de chagrin à la peau de chacun et même de l'obscur objet du désir à celui "du déni : façonné en clé de voute".
Comme si la réalité ne cessait de se dérober derrière le mirage des reflets et des illusions, la facticité des représentations ou la production onirique d'images liées aux ratés de la relation comme aux fantasmes. Comme si, derrière ces cristallisations poétiques de points de vue, ces captations d'images, ces conjugaisons de visible et d'invisible, d'odeurs et de sons, se cherchait le langage d'une délivrance, s'éprouvait une esthétique de la fragmentation, s'élaborait une histoire parallèle, jouant avec les masques et les avatars de "la VRAIE personalité de l'héroine".
Photogénique, ce qui naît de la lumière, d'où ce très beau titre, Photogénie des ombres peintes, qui soulignant la beauté d'images-fantôme, suggère aussi, derrière la vacillation des présences, le poids de l'occulte. "Ce que précisément la poésie implose ou accepte : la non-formulation du réèl par son miroitement sur la matière". Entre l'empreinte et la trace, le monde extérieur et son relief intérieur, se devine et se dessine la circularité enivrante de tout ce qui dans la sphère des images de l'amour reste toujours à apprendre.
Du "seul jardin japonais à portée de vue" à "Kyoto élegies" -c'est-à-dire en passant par ce pays lointain et fantasmatique dont Barthes disait qu'il est un empire où les signes vivent en toute liberté- ce sont les éclats d'une impossible mythologie du moi que nous donne Sandra Moussempès. "Sachez que je suis en train de cacher quelquechose". Secret qui participe de ce mouvement organique dont le biographique fait entendre la vibration jusque dans les juxtapositions incongrues et les effets de symétrie décentrée qui donnent à ce recueil son étrange et belle profondeur pensive.
Richard Blin in Le Matricule des Anges, novembre 2009
Photogénie des ombres peintes
Sandra Moussempès, Flammarion, 128 pages, 16 euros
Lire aussi :
Un article d'Angèle Paoli sur son site "Terres de femmes"
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2009/12/sandra-moussemp%C3%A8s-photog%C3%A9nie-des-ombres-peintes.html
Une présentation de Fabrice Thumerel sur le site Libr-critique :
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=1502
article de Matthieu Nuss :
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=2318
Une proposition de Pierre Ménard sur le site Liminaire :
http://liminaire.fr/spip/spip.php?article398
Article de Jean-Marc Baillieu sur le site Sitaudis :
http://www.sitaudis.fr/Parutions/photogenie-des-ombres-peintes-de-sandra-moussempes.php
Article de Francesco Magris sur libr-critique :
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=1836
Article du Matricule des Anges :
http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=62779
lundi 26 janvier 2009
Repris de "mes écrits sur les autres.."
Ecrits de Claude Cahen, édition présentée et établie par François Leperlier (ed. Jean-Michel Place)
"L'important c'est d'être princesse" explique Claude Cahen dans un de ses mini contes de fées pas toujours fées, plutôt strangulées dans un effet de serre, de style mis à nu en débris lymphatiques. De minuscules cadres, des ciseaux pour couper ce qui dépasse, recoudre à l'envers, tolérer les impasses. Claude Cahen aimait à se photographier (c'est que l'on connaissait d'elle) se peindre, se coller, mais d'un amour douloureux, une mise en déroute de son être tout entier. Son écriture est longtemps laissée sur le carreau, loin des miroirs, avec en éclaireur, son oncle Marcel Schwob auteur entre autre de la "Lampe de Psyché". Elle se voit : "arriviste de l'âme" se retient d'être trop présente. L'écriture est acerbe pointue comme une aiguille. Le tout pour une duchesse surannée, au curieux crâne désaffecté (vues et visions de camps décimés). Lucy Renée Mathilde rebaptisée claude comme d'autre George. Elle réponde à la question biaisée : "Individualisme ? Narcissisme ? Certes. C'est ma meilleure tendance, la seule intentionnelle fidélité dont je sois capable." Entre détours politiques et poèmes ciselés, quelques rares photos. Il faut fouiller pour trouver le fil conducteur, s'engouffrer dans l'énorme mémorisation : Sur l'homme : "mon prince charmant n'est autre que Dieu le père". Sur le surhomme : "éternellement désincarné [...]j'adore Dieu le Fils". Sur Dieu : " le mot Dieu est nécessaire puisqu'il est".
Elle décrit l'arrivée de prisonniers dans un camp nazi "les corps privés de vêtements, de cheveux" (comme dans ses futurs autoportrais). Dans le dernier texte, elle évoque : "Tout habitant du pays sans miroirs", une prose concise et complexe : "Vers je, vers tu, nous alons cahin-caha, mon pronom personnel haïssable". Et se découvre : "traduisant ma vie tragique par leur vie triviale".
Au delà de tout engagement politique ou esthétique, en tant que femme et artiste aux multiples talents, Claude Cahen interroge les voix fluides du néant.
Sandra Moussempès, chronique publiée dans les Cahiers Critiques de Poésie 5 (Cipm).
"L'important c'est d'être princesse" explique Claude Cahen dans un de ses mini contes de fées pas toujours fées, plutôt strangulées dans un effet de serre, de style mis à nu en débris lymphatiques. De minuscules cadres, des ciseaux pour couper ce qui dépasse, recoudre à l'envers, tolérer les impasses. Claude Cahen aimait à se photographier (c'est que l'on connaissait d'elle) se peindre, se coller, mais d'un amour douloureux, une mise en déroute de son être tout entier. Son écriture est longtemps laissée sur le carreau, loin des miroirs, avec en éclaireur, son oncle Marcel Schwob auteur entre autre de la "Lampe de Psyché". Elle se voit : "arriviste de l'âme" se retient d'être trop présente. L'écriture est acerbe pointue comme une aiguille. Le tout pour une duchesse surannée, au curieux crâne désaffecté (vues et visions de camps décimés). Lucy Renée Mathilde rebaptisée claude comme d'autre George. Elle réponde à la question biaisée : "Individualisme ? Narcissisme ? Certes. C'est ma meilleure tendance, la seule intentionnelle fidélité dont je sois capable." Entre détours politiques et poèmes ciselés, quelques rares photos. Il faut fouiller pour trouver le fil conducteur, s'engouffrer dans l'énorme mémorisation : Sur l'homme : "mon prince charmant n'est autre que Dieu le père". Sur le surhomme : "éternellement désincarné [...]j'adore Dieu le Fils". Sur Dieu : " le mot Dieu est nécessaire puisqu'il est".
Elle décrit l'arrivée de prisonniers dans un camp nazi "les corps privés de vêtements, de cheveux" (comme dans ses futurs autoportrais). Dans le dernier texte, elle évoque : "Tout habitant du pays sans miroirs", une prose concise et complexe : "Vers je, vers tu, nous alons cahin-caha, mon pronom personnel haïssable". Et se découvre : "traduisant ma vie tragique par leur vie triviale".
Au delà de tout engagement politique ou esthétique, en tant que femme et artiste aux multiples talents, Claude Cahen interroge les voix fluides du néant.
Sandra Moussempès, chronique publiée dans les Cahiers Critiques de Poésie 5 (Cipm).
lundi 19 janvier 2009
mardi 23 décembre 2008
Ray di Palma : le tombeau de Réverdy
Ce recueil se présente comme le carnet de notes d'une enquête improbale autour notamment du tombeau/oeuvre de Reverdy. Il n'est pas question de résolution car "les questions recouvrent de peau la question de la peau" mais de reconnaître la peur "dans le fondu au noir". Par cette lévitation du sujet, le lecteur peut se construire son propre monde Réverdy, d'après des "documents reconstitués dans un coin à peine éclairé". C'est avec l'esquisse, le mélange des gens et des genres que Ray di Palma entend animer ce qui n'est plus. Sa langue jamais saturée de mélancolie, évoque plutôt une "hystérie résignée" ; un dénivelé où la poésie de RdP. "Emportant la roue emportant l'espace qu'elle prolonge" exprime toute sa subtilité. Ce livre doit être lu et relu de façon préméditée, méditative, jusqu'à l'obstruction des points de visibilité, sans vulnérabilité. En "privilégiant l'attente" pour un "enchantement final".
Article de Sandra Moussempès paru dans le Cahier Critique de Poésie n°6, sur "Le tombeau de Reverdy" de Ray di Palma
Article de Sandra Moussempès paru dans le Cahier Critique de Poésie n°6, sur "Le tombeau de Reverdy" de Ray di Palma
Ariel de Sylvia Plath, Birthday Letters de Ted Hughes
Ariel de Sylvia Plath
Le recueil a été écrit principalement, les six derniers mois qui ont précédé le suicide de S. Plath. Ted Hughes, son mari et poète célèbre, sélectionnera les poèmes. Depuis le départ de Ted, S.P écrivait tous les jours à l’aube, ses deux enfants en bas âge dormant à côté. Sa vie perturbée fut le matériau de son écriture sensorielle et innovatrice. Les poèmes d’Ariel sont ceux de la perte : du père mort quand elle avait 9 ans puis du mari infidèle : « Un sourire est tombé dans l’herbe / Perte irréparable ! / Et comment tes danses nocturnes / Se perdront. En mathématiques ? » ou encore dans « Daddy » : « Le téléphone noir est coupé à la racine, / Les voix ne peuvent plus ramper jusqu’à nous». C’est pendant cette période de dénuement que Plath écrira ses plus beaux poèmes. Comme s’il lui avait fallu sacrifier sa vie confortable et académique, pour devenir enfin ce qu’elle pressentait, dans une lettre adressée à sa mère : «Je suis un écrivain génial, je suis née pour écrire, je suis en train de composer les meilleurs poèmes de ma vie.»
Par Sandra Moussempès
*
Birthday Letters de Ted Hughes
C'est le livre des émotions ressurgies, trente-cinq ans après le sucide de la poétesse Sylvia Plath. Une mémoire vive des sept années de mariage unissant Ted (mort récemment) à la jeune femme de l'époque. Les poèmes se lisent comme un récit prosodique, "qui pouvait jouer Miranda ? Personne d'autre qu toi.", hommage à la femme aimée, admirée puis quittée. Minutieux détails de cette dévotion ravivée. "La sévère l'autère Emily qu'aurait-elle fait de tes regards effrontés". rêves tourmentés de Sylvia : "un brochet [...] et dans son oeil, un foetus humain palpitait". Ted, poète de la Reine, à qui l'on conseilla d'écrire sur une maison hantée, savait-il que cette épouse blonde et brillante mais aussi "déluge noir" à jamais attachée à un père mort trop tôt, ressemblerait à cette maison : "celui qui y pénètre ne la quitte jamais complêtement". Sans réèl enjeu formel, le livre est une superbe litanie.
Par Sandra Moussempès
Ces deux articles ont été publiés dans les Cahiers Critiques de Poésie du Cipm en 2003
Le recueil a été écrit principalement, les six derniers mois qui ont précédé le suicide de S. Plath. Ted Hughes, son mari et poète célèbre, sélectionnera les poèmes. Depuis le départ de Ted, S.P écrivait tous les jours à l’aube, ses deux enfants en bas âge dormant à côté. Sa vie perturbée fut le matériau de son écriture sensorielle et innovatrice. Les poèmes d’Ariel sont ceux de la perte : du père mort quand elle avait 9 ans puis du mari infidèle : « Un sourire est tombé dans l’herbe / Perte irréparable ! / Et comment tes danses nocturnes / Se perdront. En mathématiques ? » ou encore dans « Daddy » : « Le téléphone noir est coupé à la racine, / Les voix ne peuvent plus ramper jusqu’à nous». C’est pendant cette période de dénuement que Plath écrira ses plus beaux poèmes. Comme s’il lui avait fallu sacrifier sa vie confortable et académique, pour devenir enfin ce qu’elle pressentait, dans une lettre adressée à sa mère : «Je suis un écrivain génial, je suis née pour écrire, je suis en train de composer les meilleurs poèmes de ma vie.»
Par Sandra Moussempès
*
Birthday Letters de Ted Hughes
C'est le livre des émotions ressurgies, trente-cinq ans après le sucide de la poétesse Sylvia Plath. Une mémoire vive des sept années de mariage unissant Ted (mort récemment) à la jeune femme de l'époque. Les poèmes se lisent comme un récit prosodique, "qui pouvait jouer Miranda ? Personne d'autre qu toi.", hommage à la femme aimée, admirée puis quittée. Minutieux détails de cette dévotion ravivée. "La sévère l'autère Emily qu'aurait-elle fait de tes regards effrontés". rêves tourmentés de Sylvia : "un brochet [...] et dans son oeil, un foetus humain palpitait". Ted, poète de la Reine, à qui l'on conseilla d'écrire sur une maison hantée, savait-il que cette épouse blonde et brillante mais aussi "déluge noir" à jamais attachée à un père mort trop tôt, ressemblerait à cette maison : "celui qui y pénètre ne la quitte jamais complêtement". Sans réèl enjeu formel, le livre est une superbe litanie.
Par Sandra Moussempès
Ces deux articles ont été publiés dans les Cahiers Critiques de Poésie du Cipm en 2003
Assymétrique Sylvia Plath et autre trajet rocambolesque
"Je viens de lire le journal intime de Sylvia Plath ; il semble avoir été écrit pour la publication. Etonnamment bien écrit pour une vocation privée.
Drôle de retour, après un détour de 20 ans.
Ce lien invisible existait depuis l'enfance ; Sylvia Plath étant la belle-soeur d'Olwyn, une amie anglaise de mon père. Olwyn, soeur de Ted Hughes. Et mon désir d'Angleterre encore invisible.
En 1978, j'avais vu la maison du Devon et la fille de Sylvia, Frieda à l'âge ingrat, son fils Nicolas avec qui on voulait me "marier" pour rire. La seconde femme de Ted Hughes, Caroll, faisait cuire du mouton à la menthe, des oeufs, des saucisses, du bacon. Elle était active et souriante comme il se doit chez ce type de femme. Une femme d'intérieur douée pour la "gestion domestique" (apparement beaucoup de femmes ont ce "don" en général les moins créatives (ou alors la créativité au rabais celle qui n'engage jamais) mais celles qui ont "misé" sur le bon cheval, le "mari" et qui veulent se forger à l'aide de ce "mari" succesfull, une image de femme respectable, d'ou les rangements et les préparations de repas élaborés, la décoration de la maison avec dequoi épater les convives, tableaux, livres, bibelots anciens ou meubles stylés tout est important chez ces femmes là pour épater la galerie bourgeoise), constamment dans sa grande cuisine , dans cette même cuisine pensais-je à tord, où Sylvia avait pu terminer sa vie. Le voyage avec Olwyn au volant avait été épuisant parcequ'elle ne savait pas conduire (en Angleterre c'est possible de conduire sans permis. Douze heures donc pour faire quatre cent kilomètres parcequ'elle s'arrêtait pour boire du vin blanc dans un pub à chaque arrêt "repos". Malgré mes 12 ans, je connaissais les dangers de la route et de l'alcool au volant, mais il ne fallait ren dire pour ménager sa suceptibilité ; elle montait sur le trottoir d'en face et conduisait comme en France, à droite, il ne lui était pas "naturel" de conduire à gauche disait-elle, malgré ses origines bien anglaises, elle disait cela dans un grand éclat de rire contagieux. (...)Arrivées, miraculées que nous fumes, après ce long voyage déroutant, la voiture avait perdu tous ces rétroviseurs, arrachés suite aux nombreuses effractions routières de notre conductrice amatrice de white wine et son frère Ted Hughes nous attendait dans toute sa superbe devant sa grande maison, flegmatique et à peine étonné en constatant l'état de la voiture de sa soeur dont il connaissait bien les frasques au volant...
Extrait de "Hors champs" CRL Franche conté, 2001
Drôle de retour, après un détour de 20 ans.
Ce lien invisible existait depuis l'enfance ; Sylvia Plath étant la belle-soeur d'Olwyn, une amie anglaise de mon père. Olwyn, soeur de Ted Hughes. Et mon désir d'Angleterre encore invisible.
En 1978, j'avais vu la maison du Devon et la fille de Sylvia, Frieda à l'âge ingrat, son fils Nicolas avec qui on voulait me "marier" pour rire. La seconde femme de Ted Hughes, Caroll, faisait cuire du mouton à la menthe, des oeufs, des saucisses, du bacon. Elle était active et souriante comme il se doit chez ce type de femme. Une femme d'intérieur douée pour la "gestion domestique" (apparement beaucoup de femmes ont ce "don" en général les moins créatives (ou alors la créativité au rabais celle qui n'engage jamais) mais celles qui ont "misé" sur le bon cheval, le "mari" et qui veulent se forger à l'aide de ce "mari" succesfull, une image de femme respectable, d'ou les rangements et les préparations de repas élaborés, la décoration de la maison avec dequoi épater les convives, tableaux, livres, bibelots anciens ou meubles stylés tout est important chez ces femmes là pour épater la galerie bourgeoise), constamment dans sa grande cuisine , dans cette même cuisine pensais-je à tord, où Sylvia avait pu terminer sa vie. Le voyage avec Olwyn au volant avait été épuisant parcequ'elle ne savait pas conduire (en Angleterre c'est possible de conduire sans permis. Douze heures donc pour faire quatre cent kilomètres parcequ'elle s'arrêtait pour boire du vin blanc dans un pub à chaque arrêt "repos". Malgré mes 12 ans, je connaissais les dangers de la route et de l'alcool au volant, mais il ne fallait ren dire pour ménager sa suceptibilité ; elle montait sur le trottoir d'en face et conduisait comme en France, à droite, il ne lui était pas "naturel" de conduire à gauche disait-elle, malgré ses origines bien anglaises, elle disait cela dans un grand éclat de rire contagieux. (...)Arrivées, miraculées que nous fumes, après ce long voyage déroutant, la voiture avait perdu tous ces rétroviseurs, arrachés suite aux nombreuses effractions routières de notre conductrice amatrice de white wine et son frère Ted Hughes nous attendait dans toute sa superbe devant sa grande maison, flegmatique et à peine étonné en constatant l'état de la voiture de sa soeur dont il connaissait bien les frasques au volant...
Extrait de "Hors champs" CRL Franche conté, 2001
Taeko Kôno : La chasse à l'enfant

Taeko Kôno
J'ai lu jusqu'au bout La chasse à l'enfant et j'en ressors, ragaillardie. Je regarde son petit visage sur la quatrième de couverture, sage et carré avec de grosses lunettes d'institutrice. Dans les pages elle désire les petits garçons (cela nous change du mythe du héros vieillissant et de sa muse jeune et fraiche) elle les désire et c'est dans ce désir que se présente une réèlle subversion car on ne "consomme pas" ici on est pas chez une Catherine Millet dont la mécanique des sexes analysée non sans talent, n'a pas pour objectif de troubler ou de perturber mais d'énumérer au regard d'une narration qui se veut méthodique voire chirurgicale. Ici on est vraiment dans le trouble et l'inquiétante étrangeté du désir esthétique, il n'y a pas de concept ou de posture mais l'expression du tabou et sa spontanéité surtout lorsque le tabou est aliéné au sexisme lisse de nos temps modernes (l'homme vieillissant et sa jeune muse dénudée n'ont malheureusement pas pris une ride même dans des textes dits avant gardistes, l'inverse n'étant visiblement pas encore littérairement correct en France). Dans une autre nouvelle, l'héroine décrit la beauté cruelle d'une femme attachée par son mari bossu. Aucune psychologie explicative, une littérature acérée sans compromis. La première apparence de morbidité laisse finalement place au simple imaginaire de l'innocence aussi dans la description de ce qui dans l'objectivité informative choque pourtant moins que dans un livre, finalement le genre littéraire de création reste parfois plus censurée que ce que les médias tentent d'un autre côté de faire ingurgiter a leur spectateurs dans des mises en scènes véridiques (la psychologie de masse instrument de destruction massive sous l'apparence tranquille d'un petit déjeuner en famille ricorée)..Mais continuons..
Je me souviens de ma première réaction. Je découvre le livre chez un autre écrivain en résidence à la Saline d'Arc et Senan, le titre fait écho. Il ne peut me le prêter, ce livre ne lui appartient pas. Je le commande, difficile à trouver, il est sorti il ya plusieurs années déjà. Quinze jours après je vais le chercher à Besançon. Dans un premier temps, je déchire le livre comme pour contrer le sort, je déchire le livre neuf, tout juste acheté. Il me fait peur. Les zones d'ombre la morbidité fétichiste, les jeux de rôle, tout cela donne un sentiment de malaise. Quelques jours après, la corbeille sous le bureau n'est toujours pas vidée, je relis peu à peu quelques pages, le texte surprenant de beauté. Je récupère le livre qui n'est pas détruit. J'apprends à déchiffrer. Taeko Kôno rejette toute mièvrerie ou "bons sentiments" de groupe. Elle s'est écartée de son sujet pour mieux le saisir, elle dit le réèl des pulsions humaines, c'est sufisament rare (peut-être pas au Japon) pour être notifié...
Sandra Moussempès 2001
Sandra Moussempès 2001
Une courte biographie de Taeko Kono
lundi 22 décembre 2008
Dossier Jacques Moussempès

"Lettres de commande à un architecte, à un stratège d'apocalipse, aux graphistes et aux chirurgiens, lettres aux astrologues et aux officiers français, aux kinésithérapeutes, aux directeurs d'agonie et aux artistes de la mort, aux animateurs de vies multiples, lettre à Cathy cas célèbre d'angélisation."
"Les exercices de bonté sont corollaires des exercices de haine car la concentration de l'être en noyaux de haine revient à retenir une énergie qui serait autrement dépensée à nuire, et pour ce détournement, détermine physiquement par raréfaction, un courant ascensionnel : la bonté consiste ainsi à créer un vide qui entraîne les autres dans une sorte de lévitation, les élevant à l'état de formes angéliques." Jacques Moussempès
Anges excentriques, transfert d'influence, jeu amoureux
!Dossier réalisé par Guillaume fayard
L'unique texte littéraire de Jacques Moussempès publié à ce jour, ces Lettres de commande, s'offre comme contrat. Un pacte de lecture à signer, "marché" à conclure en soi-même, entre corps rétif et conscience du tragique. Ici, "être mieux armés face à la concurrence" prendra rapidement, nous le craignons, une dimension mythologique.
Le travail de la Bibliothèque du Lion est irréprochable. Très peu d'informations, pas de quatrième de couverture, l'essentiel, à savoir "Jacques Moussempès, 1931-1981".
Livre imprimé pour durer, publication post-mortem. Beau papier immaculé, couverture sombre de belle facture, illustrée d'une huile de Michaux.
L'ouvrage est un petit joyau intriguant. 70 pages: une toute petite entreprise. Parmi de grandes sociétés internationales du lavage. Certains de nos désavantages commerciaux, nous avons eu recours à une beauté obscure pour protéger notre dispositif et être ainsi "mieux armés face à la concurrence".
Nécessité de la correspondance
Adressées à divers destinataires uniquement définis par leur statut, des lettres leur proposent de s'ériger contre certaines fatalités, et d'agir de manière circonstanciée afin de les repousser durablement: fatalité de l'enfoncement inéluctable de Venise par exemple (Lettre de commande à un architecte). Ou encore de l'absurde malfaçon dont l'homme serait victime : il ne jouerait qu'une fois.On nous propose, en faisant appel aux bons soins de divers opérateurs actifs, de le remodeler. De le réhabiliter face à l'incurie manifeste de son (ses) Dieu(x). De le dégriser: "Cher ami, On a trop fait danser le cerveau humain sur une musique qui n'était pas la sienne, jusqu'à le faire tourner en ce qu'il est devenu, derviche de sa propre mort" (p 41, Lettre de commande. Musique analectique).
Les destinataires des lettres sont des professionnels sur qui l'on peut compter. Le sérieux ministériel des Lettres de commande ne laisse pas de doute sur leurs compétences. Ayons confiance, ils sauront.
Jacques Moussempès leur laisse le champ libre, se contente d'indiquer des ouvertures possibles, "exercices de contrariété, comme le blocage d'habitudes corporelles, la paralysie d'organes trop exercés. (...) Il faudra aller jusqu'à l'isolation voire l'amputation d'organes populaires, sièges d'entassements excessifs. En sens inverse, tel exercice favorisera l'assouplissement, le rajeunissement d'organes sclérosés, oubliés, ou inexistants et qu'il faudra inventer, à moins de les ressusciter d'un passé préhistorique" (Lettre de commande aux graphistes et aux chirurgiens, p 59). Ravalement de façade. Aussi bien, puisque nous sommes pris aux jeux de l'identification, Self-lavage. Et c'est toute la force des Lettres que de faire en sorte que nous les signions chacun distraitement, donnant notre aval aux modifications souhaitées, puis à notre remembrement pièce à pièce. D'une certaine manière nous sommes nous-mêmes des experts de l'humain. Nous aussi, nous savons: la nécessité de changer quelque chose.
Six vertèbres pour une colonne (ajouter la mention "lu et approuvé")
1. C'est ainsi qu'une fois le contrat ratifié, le dispositif Moussempès, outre son efficacité bientôt reconnue, outre ses aspects spectaculaires et attrayants, permet d'obtenir d'excellents résultats de lavage sur les corps harassés, avec très peu de consommation d'eau, d'électricité, ou de shampooing.
2. En réalité, comme le sait très bien Moussempès, chez l'homme tout se recycle, la matière première est déjà réunie: littéralement "rien ne se perd...". Selon le bon vouloir des experts, le corps sera revu, on procédera à de nouvelles ouvertures, on consolidera ce que l'on peut, on abandonnera les pièces trop éminemment instables au profit de choix plus judicieux, d'organisations plus radicales, pour qu'enfin la mort et la misère métaphysique soient durablement mises à l'écart, rendues inopérantes sur un corps mieux pensé et plus apte à atteindre l'angélisation.
3. L'effet de jamais vu surprendra tout lecteur: de nombreuses expériences ont été tentées.Il tient en particulier à la puissance rhétorique de propositions dont l'incongruité s'efface sous la légèreté acide du trait d'esprit. Une subtilité folle se jouant de thèses apparemment insoutenables. C'est que le temps presse - la "concurrence" joue sur le même terrain.Concurrent ce Dieu, le premier. Sa Genèse arbitraire, dont on saura dorénavant qu'elle n'est que le dernier des débuts. Concurrents, Ses anges, falots. Son image, grasseyante, à n'en pas douter. Jésus-Christ Son Fils, dont Moussempès soutient qu'il aurait été tout d'abord anableps, "étrange poisson dont les évolutions auraient précédé la Création: les anableps avaient un oeil double dont le regard intérieur, dirigé vers l'orbite, traversait le corps ovale jusqu'à la queue" p 21. Concurrents la mort et ses avatars, tout l'arsenal des bassesses, déesses elles-mêmes, dont la toute-puissance était usurpée, ou secondaire: Moussempès a d'autres chats à fouetter.
Dextérité céleste d'un Lautréamont angélique - une telle aisance inquiéterait presque.
4. Le dispositif Moussempès tient en outre à sa réitération constante: les saillies enjouées sont martelées avec une obsession confinant au burlesque, une ironie toute Duchampienne.
Objectifs: rejet des tissus flasques, concrétion du corps autour de la colonne vertébrale, angélisation, recherche d'inspiration pour l'action dans des états qui auraient précédé la fallacieuse Genèse.
5. Si bien que la persuasion est finalement patente: on entend une musique céleste. Une musique autre, qui évoque celle d'Artaud, chant du lavage de soi, de la remise à flot. En particulier, une chaîne de mots-concepts sans cesse proférés mettront le corps de l'homme en rotation analectique autour de l'axe vertébral bucco-anal, siège crucial de sa reconversion, de son angélisation, de son accession à l'ana, lieu primordial ou nageait l'anableps, poisson ovale. Un seul indice suffira,ana-: Préfixe (gr. ana) signifiant «en haut», «en arrière», «à l’inverse» ou «de nouveau». De nouveau, jeter les dés. A l'inverse, jeter les organes sempiternels, ankylosés: en haut, en arrière. Encore.
6. Dans le ciel de Moussempès, c'est-à-dire à l'intérieur de l'homme, vice-versa, les anges convertis livrent bataille contre Dieu, retranché dans Son cube de cristal. Les morts sont rappelés, chair à canon ou agents doubles (Lettre de commande à un stratège d'apocalypse). Bientôt, la victoire étant acquise, le corps trouve emploi comme pur instrument de musique ("flûte à trous jouant selon les lois d'un solfège angélique", p 44). Plus tard, il "aboutira à la fabrication d'une matière nouvelle, particulièrement fine et sensible, apte à faire circuler une infinité de messages" (p 64). C'est bien l'ange que vise Moussempès à même le corps de l'homme. Un corps-ange reconfiguré, désabusé mais fonctionnant à merveille, non pas pour la vie au Paradis mais pour une nouvelle tâche, spécifique, préalablement définie ou inventée (production de musique, chant, perpétuation du corps mort, production de petits cerveaux-relais), qui aura occasionné sa révision générale.
Angélisation imminente
Délirant? L'excentricité radicale du projet de Jacques Moussempès renvoie à Raymond Roussel. Usant d'un bestiaire relevant du Moyenâgeux, du littéraire ou encore du New-age (tous les moyens sont bons), parsemé d'adresses plus intimes destinées à des femmes aimées, et quelles lettres alors, Jacques Moussempès dresse une cosmogonie portative à l'usage des vivants (seulement 12 euros), dont on saura l'utilité immédiate, l'effet curatif saisissant, la puissance de nettoiement insoupçonnée.
Pour finir brièvement en une seule phrase interminable comme l'agonie, et alors qu'armés du livre nous avançons lentement vers la nuit de la mort, nous dirons du corps dorénavant en voie d'angélisation, avec Lautréamont, Jim Morrison, Artaud, et Jacques Moussempès, phagocytés les uns par les autres en une seule expression de la puissance nourricière de la littérature, nous dirons de ce corps à problème qu'une masse informe (céleste), avec acharnement l'accompagne, (l'angélise) sur ses traces, (dans ses restes) jusqu'au milieu de la poussière : "le corps devient une mince tige maladroite pour supporter l'œil dans ses rondes, ou ce qu'on voudra, une station incompréhensible et verticale dans l'esprit -car nos corps n'existent pas, mais sont l'invention d'esprits astraux qui accrochent des sexes sous nos ventres par où ils nous font passer dans le monde terrestre pour lequel nous n'étions pas faits."
Biographie :
Professeur de philosophie et de français le jour, joueur de bridge professionnel la nuit : Jacques Moussempès a le profil aquilin de l'espion, la classe de l'ange déchu. Enquête. Issu d'une famille ancienne de Biarritz, qui comprend architectes et notables locaux, dont certains plus ou moins excentriques, la "destinée" de Jacques Moussempès est marquée par la trajectoire du père : oisif, celui-ci se ruine au casino peu après la naissance de Jacques. En conséquence de quoi, il abandonne femme et enfants pour Paris : bien forcé de trouver un travail. Le jeu fait ainsi son entrée dans la vie du jeune garçon, traduit aussitôt en dix années d'absence paternelle. Il entre à science po mais sans argent doit se consacrer exclusivement à l'enseignement pour des raisons financières. Espion en mission, comme nous voudrions le laisser croire, Jacques Moussempès passe ensuite quatre ans de sa vie au Brésil, puis quelques mois à Pondichéry, attaché à l'ambassade de France en tant que professeur de français et de philosophie - les espions travaillent pour les ambassades, c'est connu. Plus tard dans la vie, il rencontre et a une liaison avec Anie Besnard, une des compagnes d'Antonin Artaud, auquel Moussempès porte une admiration sans bornes. Il verra Artaud sur son lit de mort, et possèdera un de ses dessins, L'exécration du père-mère, où figure le mot ANA (toutes les "Lettres de commande" en résonnent). Il participe au colloque L'occident et ses autres en 1978, laissant une communication sur Artaud, intitulée Pour en finir avec l'occident.Il restera un proche d'Anie Besnard, qui possédait dans son appartement une collection d'automates plutôt exceptionnelle. Des automates aux anges, il n'y a qu'un pas, et des soldats de plomb au milieu d'eux, nimbés de musique céleste : c'est ce qu'il s'agira de montrer ci-dessous. Moussempès Jacques fonde ensuite une famille, sa fille unique, Sandra deviendra elle-même poète. Professeur de lettres dans un lycée de banlieue parisienne, il est pour l'été châtelain de village dans le sud de la France. Pour descendre dans le sud, 700 km en voiture décapotable : univers d'excentriques affublés de bonnets d'aviateurs... Hôte d'exception, affable causeur, "personnage" local apprécié de tous. Un gentilhomme serein, grand raconteur d'histoires. Un homme ayant fait du détachement amusé un art de vivre. Nuits fiévreuses sur des tables de bridge... Difficile de ne pas l'affubler d'un flegme à la Holmes, de chinoiseries à la Duchamp. Cet homme est décidément trop classieux. Suspense. La fin de sa vie est plus sombre : vivant seul ses deux dernières années, il se consacre à la lecture de Bossuet, et développe une passion exclusive pour les anges, dont il possède toute une collection. Il fait voisiner ses anges avec des soldats de plomb dont il est lui-même le maître-artisan : s'équipe à cette fin de moules de toutes sortes, ouvrage le plomb, alchimise. Amasse par ailleurs les boîtes à musique. Tout cet attirail de robots et d'yeux en extase, d'ailes inoffensives, de cylindres aériens, de douces musiques célestes, fait étrangement sens en regard des constructions folles projetées dans les Lettres : l'autobiographie rejoint le mythe cosmogonique. Toutes les avenues Moussempès (il y en a deux rien qu'à Biarritz) mèneraient invariablement à l'angélisation : ange = boîte à musique = soldat de plomb
Nous savons que plus avant dans la vie, aux tout derniers moments, Jacques Moussempès meurt des suites de son sommeil, ironiquement, une nuit quelconque de l'année 1981. Les Lettres sont achevées trois mois avant son décès. Quelle fin souhaitable. Elles restent, les Lettres, avec les anges, et la grande musique.
Guillaume Fayard
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