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mercredi 21 juillet 2021

Henri Deluy

 Je viens d'apprendre le décès d'Henri Deluy, je lui dois beaucoup, il a publié mes premiers poèmes dans Action Poétique et mon premier livre Exercices d'incendie (Fourbis 1994). 

Il avait ce regard vif et sauvage à la fois, sincère et franc, il a oeuvré comme personne pour la poésie contemporaine aux quatre coins du monde. Je pense à Liliane sa compagne de toujours et Jean-Jacques l'autre compagnon. Trois poètes.

Voici une photo d'Henri Deluy avec mon fils Virgile en 2009 à la librairie de l'Atelier. Tonton Henri comme disait Virgile.



lundi 12 juillet 2021

Retour sur image une photo retrouvée de 29 Femmes une anthologie

Avec en premier plan Jean-Charles Depaule, Henri Deluy, Claude Esteban, photographiant Liliane Giraudon, Michèle Grangaud, Esther Tellerman, Fabienne Courtade et bien d'autres...Moi et Véronique Pittolo accroupies, devant le Divan, Paris 1995 pour "29 Femme, Une anthologie" paru chez Stock la même année.

 Ci-dessous, même journée, photo extraite d'"Une Action poétique" de 1950 à aujourd'hui (Flammarion 1998)



samedi 22 mai 2021

Un nouvel article sur "Captures" (Poésie/Flammarion 2004) par Hugues Robert (Librairie Charybde)

 Un tout nouvel et bel article d'Hugues Robert sur un de mes livres paru en 2004 Captures (Poésie/Flammarion 2004).

NOTES DE LECTURE 2021

Note de lecture : « Captures » (Sandra Moussempès)


Fixer sur une pellicule poétique imaginaire 

quelques présences féminines diaphanes, 

en lutte et en remémoration, au fil de rapprochements 

violents ou feutrés. 

Et créer ainsi l’infiltration épique.

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D’une vue d’ensemble on pourrait se douter que les personnages ne sont pas fictifs, 
ils parviennent à ressembler aux anges, je les range depuis des années dans 
des cases ornées de tissus cellulaires
je leur donne à manger des identités récentes
l’entité se vide tandis que l’identité, réelle ou usurpée
se trouve toujours remplie de saillies diverses
la voix commence dans un trou juste avant les premiers bruits
ensuite je laisse plus d’espace
hobbies : none

J’aime, lorsque cela est possible, m’offrir ce petit luxe consistant à découvrir le travail d’une autrice 
ou d’un auteur depuis son point d’origine, ou presque, puis de pouvoir le suivre dans son développement 
même, déroulés et hésitations, bifurcations et chemins de traverse, en ayant, à tort ou à raison
le sentiment au moins partiel de comprendre ce qui se joue là, année après année
œuvre après œuvre. L’archétype de ce processus pourrait être par exemple celui de ma lecture 
au long cours d’Antoine Volodine et de ses hétéronymes post-exotiques
entamée en 1985 avec le choc de « Biographie comparée de Jorian Murgrave ».
Et puis, presque à l’opposé dans ce spectre des pratiques de lecture, il y a le choc retentissant d’une 
découverte tardive, comme ce fut le cas récemment avec Patrick Beurard-Valdoye 
(« Gadjo-Migrandt », 2014, sixième volume du Cycle des Exils) ou 
avec Sandra Moussempès (« Colloque des télépathes », 2017, dixième publication de 
l’autrice).L’envie alors de découvrir, au fil des semaines et des mois, tout ce qui a conduit 
l’autrice (ou l’auteur) à en arriver là, à cette beauté et à cette intelligence
propose une sorte d’exercice d’archéologie textuelle : remonter le flot des publications, 
dans l’ordre ou le désordre, par pur plaisir promis et pour mieux saisir, peut-être, l’architecture 
intérieure d’un projet de cette ampleur. Rencontrée grâce à Éric Arlix 
et à la cinquième édition du beau festival nantais Bifurcations d’Yves Arcaix, fin
 2019, ainsi que grâce à Philippe Annocque, l’œuvre de Sandra Moussempès 
compte sans doute parmi les plus 
passionnantes de celles qui se déploient à travers la poésie contemporaine en France.

Peau #1
ta couleur me plaît méthadine, ode à l’engrenage des souillures, petit récipient de forme 
creuse, individuelle, abat-jour violet sans contre-jour, il faudra aussi changer les ruptures 
de place pour trouver l’unité, cela demande du temps et des cendriers 
vides

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Après « Acrobaties dessinées » (2012), « Cinéma de l’affect » (2020), « Sunny girls » 

(2015) et « Cassandre à bout portant » (2021), en plus de « Colloque des télépathes » (2017) 

déjà mentionné, le moment était donc venu de se plonger avec délices 

dans un texte plus ancien, celui de « Captures », son troisième recueil à l’époque, 

publié dans la collection Poésie de 

Yves Di Manno, chez Flammarion, en 2004.

dans un pays chaud, chaleureux, salvateur, avec des livrets de jeunes filles bien nées, 
bien traitées, plus vives que nature…
et ces merveilleux instincts (la balnéothérapie des temps modernes)
miss Rosina plus fraîche qu’une icône, se glissera sous le lustre 
avec un screen name associé dans le ton cybernal : petites 
comptines appréciées de tous
ils ont trouvé leur emplacement sur le marché de l’emploi 
dans les cavernes et près de chez moi.
Entrez regardez-les panser plonger d’avoir mis la main au feu d’avoir crié sous tous les toits
leurs noms de code
Sur le crâne, perte de temps, peu de confort et toujours l’incertitude 
Remplir la caverne puis rebrancher à l’aide du fil de fer, 
c’est plus sûr L’homme du 19e repeint la sienne à grand renfort de sigles
PROGRAMME :
[Je veux une marmite propre]
L’homme se redresse amenant les ustensiles, prêt au combat

Sans céder trop directement à la tentation (presque fatale dans un exercice de lecture 
à rebours comme celui-ci) de lire le passé trop largement à la lumière du futur, 
« Captures » contient pourtant, en dehors de ses propres missiles, comme un
certain nombre de rampes de lancement pour des thématiques ou des concentrés 
de narration poétique qui apparaîtront en pleine lumière des années plus tard 
chez Sandra MoussempèsDes figures féminines discrètes, qu’une certaine société 
(micro- ou macro-) préférerait sans doute voir effacées, ou rendues parfaitement 
diaphanes, hantent les coins et les recoins 
de ces vers libres, circulant en douceur, mais avec une détermination indéniable 
parmi les diverses modalités de pièges à 
rêves qui les entourent – et ce sont, pas tout à fait paradoxalement, les titres 
des poèmes assemblés ici qui trahissent le plus 
souvent leur présence : MirandaPrincesse psychiqueDolorosaAnesthésia
Kyoto girlSylvia P.Miss V-96-, et quelques 
autres, nous adressent des signes puissants, même si destinés 
peut-être à ne produire leurs effets qu’en différé. 


dimanche 25 avril 2021

Une belle chronique sur "Cassandre à bout portant" sur Cultures sauvages

Une belle chronique d'Antoine Jarry dans "Cultures sauvages", sur mon livre "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion 2021).

 "Les vers s’insinuent dans notre corps comme autant de chocs sur la page. On est traversé.e par un chœur de figures féminines sans visage à la parole qui coule comme de la lave pour faire brûler en nous un théâtre d’ombres et de secrets. Une poésie qui se fait le miroir morcelé et sauvage de notre état somnanbulique. (...) LIRE LA SUITE ICI



mercredi 21 avril 2021

Mon second chapbook chez Above/ground press (Canada) vient de paraître "I'm a language you are the sound device" traduit en anglais par Elena Rivera.

Un nouveau chapbook vient de paraître aux éditions Above/ground press  (Canada) traduction par Elena Rivera de la section Tu es un langage dont je suis le dispositif sonore in Cinéma de l'affect (Ed de l'Attente2020).

New from above/ground press: I am a language you are the sound device, by Sandra Moussempès (translated by Eléna Rivera)



I am a language you are the sound device
Sandra Moussempès
translated by Eléna Rivera
$5

What connection are we looking for while watching a film,
while reading a poem?
anticipation or eloquence
using a repetitive metaphor

enjambment                “caesura”

the sequences between sound and sense, the poetry of affect,
the juxtaposition of the poem, time and light, fade(s) to black,
point of view, fragment, the metric, subtraction

what’s the difference between exorcism and the close-up
a way of writing in the dark (the visual narrative)

at first it’s a composition of living matter        barely
resized
our thoughts noted        inside the sculpted house

these fragments in a film-loop

published in Ottawa by above/ground press
April 2021
a/g subscribers receive a complimentary copy


Cover photograph by Russell Switzer, 2019


To order, send cheques (add $1 for postage; in US, add $2; outside North America, add $5) to: rob mclennan, 2423 Alta Vista Drive, Ottawa ON K1H 7M9. E-transfer or PayPal at rob_mclennan (at) hotmail.com or the PayPal button at www.robmclennan.blogspot.com

samedi 3 avril 2021

Un bel article d'Adrien Meignan dans "Un dernier livre avant la fin du monde" sur "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion) de Sandra Moussempès

 https://www.undernierlivre.net/sandra-moussempes-cassandre-a-bout-portant/


Sandra Moussempès – Cassandre à bout portant

Cassandre à bout portant Sandra Moussempès couverture 

Derrière la couverture rose et le portrait d’une femme sans visage se cache en creux un autoportrait. En effet, Cassandre à bout portant dévoile de façon complexe la poète Sandra Moussempès. Sa poésie se fait jeu de miroir où le féminin se construit en figures tutélaires, entre les post victoriennes et le New-Age cinématographique. Sandra Moussempès entremêle d’étranges images au cœur de sa prose pour mieux épaissir le mystère. Ce qui fait la beauté d’un tel recueil est justement ce qui en est insondable. « Livre après livre on restitue les traumas même s’ils ne font pas d’avantage comprendre ce qui s’échappe du poème » écrit la poétesse vers la fin du recueil.

Au fil des pages, nous sommes happés dans un onirisme bien particulier. Les images créées sont autant de portraits non fixés. C’est un peu comme si nous nous baladions au cœur de ce qui constitue la poétesse, où les images et autres tableaux sont au sol, parfois recouvert par des draps blancs. Mais ce n’est pas un manoir où tout semble plus mort que vivant. Au contraire, la vitalité de la poésie de Sandra Moussempès réside dans le mystère qu’elle déploie. LIRE LA SUITE ICI

mercredi 31 mars 2021

"Cassandre à bout portant" coup de coeur de la librairie Orange Bleue à Orange

Après la librairie le Divan à Paris, c'est un nouveau Coup de coeur pour Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion) à la libraire Orange bleue située à Orange. 


Nos coups de cœur

Cassandre à bout portant, Sandra Moussempès – Flammarion

20210313_152514Errance parmi des « objets féminins non identifiés » – fringues, bout de films, miroirs, reliques, visages d’actrices, prénoms de poétesses – ce nouveau recueil de Sandra Moussempès explore les dessous de la condition féminine à l’époque du corps roi, du corps tout puissant scénarisé, sexualisé à outrance. L’auteure s’y peint aussi écrivant le poème en train de se faire et rend plusieurs hommages à ces figures tutélaires de la poésie intimistes que sont Emily Dickinson ou Sylvia Plath. Coup de cœur !

jeudi 18 mars 2021

Sandra Moussempès, lectures - Présentation : Jean-Max Colard - Festival Survivre - 4/03/2021- Mél

Jean-Max Colard (responsable du service de la Parole au Centre Pompidou) m'a invité à lire "Cassandre à bout portant" au Théâtre du Vieux Colombier (soirée initialement prévue au Centre Pompidou) dans le cadre des "Enjeux contemporains" en compagnie de Vanessa Springora. Voici sa très belle présentation de mon travail et ma lecture. 

                                        /

Un article d'Emilie Lassus dans la NRF sur "Cassandre à bout portant" de Sandra Moussempès (Poésie/Flammarion 2021)

Nouvelle Revue Française de Mars  N° 647

Par Emilie Lassus sur Cassandre à bout portant".

A télécharger gracieusement sur le site du la revue (file:///C:/Users/SANDRA/Downloads/9782072949371.pdf)

Extrait :
"Depuis son premier recueil Exercices d’incendie (1994, Fourbis), la poétesse Sandra Moussempès n’a cessé d’esquisser le portrait des jeunes filles en feu. Après Sunny Girls (2015, Flammarion) et ses icônes en technicolor, Moussempès paraît jouer dans sa dernière création Cassandre à bout portant sur le sens littéral de l’expression « éternel féminin » en mettant en scène des jeunes femmes devenant clones, doubles, « objets féminins non identifiés » ou reflets infidèles de miroirs, toutes sortes de créatures immortelles et fantasmagoriques dans une ambiance digne des films de David Lynch. Introduites de manière organique par leurs cheveux (blonds), leurs cils (épais), leurs robes (roses), leur sang (rouge), elles sont plongées dans un décor qui se joue des clichés cinématographiques : la bourgade middle-class, la maison hantée dans la forêt, le campus, les pom-pom girls... autant de clins d’œilaux résidus fantômes, impersonnels et à la fois intimes, de nos nombreux visionnages de films ou de séries. (...)

vendredi 12 mars 2021

Chronique de Guillaume Richez pour "Les imposteurs" de mon livre "Cassandre à bout portant"

 vec sa Cassandre à bout portant Sandra Moussempès fait exploser avec maestria le concept essentialiste de l’éternel féminin. Si l’autrice n’affiche pas un féminisme tonitruant fait de slogans, féministe son œuvre l’est assurément, dans son écriture même [1]. Optant pour une atomisation du féminin, la poétesse recompose à l’envers ses figures féminines dans ce nouveau livre-script post-punk échevelé.  
Fascinée par le vide, Sandra Moussempès ramène l’art du portait au tracé des contours, évidant les visages [2], comme elle l’a fait avec son visuel de couverture qui peut aussi bien évoquer un portrait de la poétesse Elizabeth Barrett Browning [3] qu’une figure anonyme de l’ère victorienne. Ces visages évidés (anonymes ou plutôt dé-nommés) renvoient non seulement au motif omniprésent du miroir (cette Cassandre à bout portant, « maison de phrases liquides » p. 103, n’est-elle pas aussi « La maison du miroir rempli de visages oubliés » p. 111 ?) mais également au schème du double, l’un des principaux mythèmes dont nous relevons de nombreuses occurrences dans l’œuvre de l’écrivaine. 

Chronique de Christian Rosset pour Diacritik, de mon livre "Cassandre à bout portant".

DIACRITIK

 Une chronique de Christian Rosset dans Diacritik autour de plusieurs livres de poésie incluant Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion), extrait :

Cassandre à bout portant est le cinquième livre de Sandra Moussempès publié chez Poésie / Flammarion. Sorti le 20 janvier, il a bénéficié d’une attention critique plutôt élogieuse. Il faut dire que le titre est, comme souvent chez cette auteure, étonnant. Cassandre, nous dit-elle, est un des surnoms que lui avait donné son père. Dans un entretien récent pour Télérama, Anne Segal lui demande si le qualificatif “expérimental” qu’on accorde volontiers à son travail lui convient. Sandra Moussempès répond : “Oui, dans le sens où la poésie me permet d’inventer mon propre langage. À la suite de chocs traumatiques, notamment à l’adolescence avec la mort de mon père, la poésie m’est apparue comme seul lieu pour transmuter la violence et la souffrance car je ne pouvais pas « formuler » ce qui se tramait, sauf de façon déstructurée. Expérimenter, c’est aller au plus près de sa propre singularité sans pour autant savoir où l’on va.”

Les références en lien étroit avec son travail d’écriture poétique que donne volontiers Sandra Moussempès permettent de saisir ce qui nous relie (Lynch ou Sofia Coppola par exemple) et ce qui nous sépare. Mais, comme à chaque fois, ce qui compte, ce ne sont pas nécessairement les affinités que nous avons en commun, mais ce qui s’est déposé en nous, une fois oublié les intentions de l’auteur(e), s’il en est de clairement exprimées. On ne fige rien par la lecture, on traverse le livre, s’arrêtant parfois pour noter quelques vers – ou une page :

“Ne pas mélanger la vie et le poème
Le poème
La vie – avec la vie
Le poème – et seulement le poème – donne sur une porte suivante
La vie et le poème ne peuvent en aucun cas se toucher (juste parfois se frôler)
Contrairement à ce qui se dit sur les poèmes et les portes”

On avait déjà relevé ceci : “Un poème est une façon de tresser les fissures / Dans un hôtel rempli de fantômes”. Ou encore, un peu plus loin : “Plus le visage s’efface plus la porte se referme // C’est l’esprit d’une chambre sans entrée ni sortie // Avec un barrage végétal vers lequel je deviens moi multipliée par deux // L’heure où surgissent les fantômes de tout miroir // Comme des racines d’arbres enlacées par un souvenir”. On se dit qu’il s’agit de contes plus ou moins fantastiques. Ou cruels. “Des princesses hurlent à sa place quand le son est coupé” (ouvrant au hasard le précédent livre de Sandra Moussempès publié dans cette collection, Sunny girls, je tombe sur : “Prenons un son dédié aux princesses / Lorsque la peau s’assombrit légèrement”).

Je ne sais pourquoi, lisant Cassandre à bout portant, me sont revenus ces mots d’Alain Robbe-Grillet : “À quoi rêvent les jeunes filles ? Au couteau et au sang”. Mais j’ai aussi retenu ce titre de poème : La femme qui voulait se changer en ciseaux ; et ce vers : “Elle boit ses propres larmes parfumées à l’hypnose” (si vous désirez passer de larme à lame, supprimez une lettre). On relit (c’est une obsession personnelle : relire, une fois la lecture achevée, comme revoir les films avant d’esquisser le moindre commentaire – obsession semble-t-il partagée : “Les films que je n’ai pas revus au moins trois fois de suite sont restés dans leur boîtier”) et on relève à chaque fois quelque chose d’autre : “Mary Shelley in utero a rempli son caddy d’épines dorées” (aujourd’hui 20 février 2021, au moment-même où je recopie ces mots : in utero, Kurt Cobain aurait eu 2 x 27 ans). Donnons une dernière fois la parole à l’auteure (recueillie dans le même entretien) : “J’écrivais dans Sunny Girls : « J’habite dans mes livres ». J’y convoque les sensations de « déjà vu », sortes de ponts entre le poème et la « vraie » vie. Et l’humour ou le côté grinçant sont également très importants pour faire le lien, une certaine férocité. La poésie ne doit surtout pas être mièvre ou pathos à mes yeux. On touche à sa vibration intime dans le poème. On n’enrobe pas.”

(LIRE LA SUITE ICI)


samedi 6 mars 2021

Les Enjeux contemporains, journée du 4 mars

 Festival des Enjeux organisé par le Centre Pompidou et la Maison des écrivains.

Vous pouvez m'entendre (à partir de 1:46) lire des extraits de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion), présentée par Jean-Max Colard qui ensuite s'entretient ensuite avec Vanessa Springora autour de son livre "Le consentement" (Grasset)




vendredi 5 mars 2021

A écouter, lecture performée de Sandra Moussempès : "Cassandre à bout portant"(Poésie/Flammarion 2021) à la Maison de la Poésie animé par Hughes Robert

                                     Cliquer sur le visuel pour écouter la lecture performée




A écouter, lecture performée de Sandra Moussempès "Cassandre à bout portant" à la Maison de la Poésie avec Hughes Robert

 Lecture performée de Cassandre à bout portant (Poésie/Flammarion 2021) et entretien avec Hughes Robert.


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mardi 23 février 2021

Une belle chronique d'Hughes Robert sur mon livre "Cassandre à bout portant" (Poésie/Flammarion 2021)


Note de lecture : « Cassandre à bout portant » (Sandra Moussempès)

Collecter des particules de soi, les tamiser en puissance et en finesse, nous les offrir comme méditations et comme munitions : la poésie de Sandra Moussempès poursuit son cheminement redoutable.

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Objets féminins non identifiés
Des princesses filmiques échappées d’un couvent orienté à l’Est savent depuis longtemps jusqu’où elles peuvent aller
Elles se sont réfugiées dans une maison hantée, abandonnée depuis 1972, fatiguées d’avoir marché des heures dans la forêt, elles savent à présent qu’à tout moment le récit peut s’arrêter
Le film peut se dématérialiser, elles rentreront alors dans leur famille aisée de Beverly Hills ou dans un de ces lotissements luxueux de Santa Monica en bordure de mer
Pour le moment elles mâchent du chewing-gum à la fraise sauvage, écoutent du dubstep en se trémoussant dans un couloir mordoré, allongées sur de vieux matelas posés à même le sol poussiéreux
Il reste sur la table de la cuisine des corn-flakes figés depuis 1972, la boîte est recouverte de toiles d’araignée, les énoncés publicitaires ont gardé les couleurs passées de l’époque
On pressent quelque chose de vaporeux dans l’atmosphère, des ectoplasmes à la recherche de leur histoire, des corps qui essayent de s’infiltrer dans d’autres corps.
Nous ne savons pas ce qui se trame ici, toute explication serait incomplète devant l’ampleur des débats invisibles, les voix off s’entremêlent :
– Où se trouvent les souvenirs dont tu ne te souviens pas ?

Porteuse d’un féminisme discret en apparence mais acharné dans sa résolution et dans ses moyens d’expression, Sandra Moussempès nous offre, avec son douzième recueil, publié en janvier 2021 chez Flammarion Poésie, une incursion poétique décisive dans ce qui peut se jouer entre les sons recueillis et les images arrachées – véritables fantômes, témoins et mémoriaux – aux drames du passé, individuel ou collectif.

« Acrobaties dessinées » (2012) construisait le féérique et l’imaginaire en robustes clés des songes, capables d’infiltrer le jeu sans fin des miroirs servant en définitive à occulter le passé, douloureux ou peu glorieux ; « Sunny girls » (2015) décollait la surface des icônes hollywoodiennes de papier et de celluloïd pour y détecter d’autres vérités enfouies, le sable des plages servant autant à combler des tombes qu’à accueillir les bains de soleil ; « Colloque des télépathes » (2017) convoquait cette fois pour agir les substances ectoplasmiques répondant, à Londres, aux soleils californiens, pour entrechoquer le swinging moderne avec le retour du refoulé victorien, et pour mieux y détecter l’écriture des stéréotypes féminins les plus courants ou les plus pernicieux ; « Cinéma de l’affect » (2020), enfin, exhumait avec une grâce volontariste la tessiture d’une ancêtre cantatrice pour porter le fer révélateur là où le besoin de refuser l’acquis et le socialement exigé se faisait de plus en plus sentir. « Cassandre à bout portant » prolonge, renouvelle et amplifie ce cheminement poétique qui devient sous nos yeux la rencontre éblouissante d’une histoire culturelle à facettes et d’une histoire familiale singulière.

Variation Dickinson
Voici une raison home-made
                                 loin de tout contexte géographique
quand une poupée plastifiée à peu près de ma taille
                                se prend de passion pour son propre sillage
                                           puis l’extermine

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hpotel_near_venice_canals.700x600Dans « Cassandre à bout portant », Iphigénie, Lilith, Emily, Cindy (sous sa forme Cinderella comme sous sa forme d’artiste photographe), Salomé, Messaline ou, naturellement, Cassandre ne sont bien entendu pas liées uniquement par la similarité des chevelures : doublures conscientes, elles ont un rôle essentiel à jouer dans l’atelier dédié à la réappropriation des miroirs (marquant bien, ainsi, une étape décisive dans le projet poétique toujours en découverte et en devenir qui s’esquissait neuf ans plus tôt avec les « Acrobaties dessinées »).LIRE LA SUITE ICI