Un superbe article de Martin Hervé sur mon livre "Colloque des télépathes & album Post-Gradiva" (Ed de l'Attente 2017) dans le magazine Québecois Spirale (Canada, Numéro 268, Printemps) "Parler l'invisible".
Extrait : "On ne joue pas sans bonne raison avec nos fantômes. Derrière la petite comédie des draps blancs et des parquets qui grincent se cache toujours un drame. « Il y a une voix dans ma
tête, je la ramasse la nuit avec une petite cuiller en or massif, puis je deviens cette voix devenue hors de contrôle qui se regarde ans un miroir anglais ». L’enjeu est donc de faire corps avec cette voix, d’en être véritablement affecté, possédé. De l’accueillir, de la sauvegarder aussi, tout en convenant de l’inassimilable altérité qui est la sienne. Une sorte d’éthique spirite qui peut parfois avoir des accents d’art poétique : « Un poème doit être hors sujet tout en restant sujet. » Hors sujet, telle est d’ailleurs la position par laquelle doit en passer le lecteur qui pénètre dans les limbes acoustiques de Moussempès, là où un esprit e déroule telle de la dentelle et dévoile, sous ses revers, les coutures bigarrées du réel. (...) Parce que les expériences de l’invisible ne peuvent que damer le pion aux cadres classiques d’intelligibilité, tant elles excèdent le corps et le langage, quand elles n’en exposent pas les trous et les ratages. Là où réside un écart entre le mot et la chose, entre les mots eux-mêmes, qui laisse inentamé l’idéal d’un autre dire possible. Parler l’invisible ou s’efforcer à parler de ce qui ne se parle pas."
Martin Hervé sur "Colloque des télépathes" de S.Moussempès dans "Parler l'invisible" in Spirale 268