Deux notes de lecture sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme") sur Poezibao

Écrire le mouvement est le propre du cinéma. Écrire les voix serait le propre de la poésie telle que Sandra Moussempès la conçoit depuis que ses livres chantent les incendies, les fillettes, les idylles, les ombres peintes, et autres sunny girls ou télépathes… Le sous-titre de ce dernier ouvrage précise qu’il s’agit de restituer des Boucles de voix off pour film fantôme. Soit, donc, mettre en musique, sampler, organiser des voix dont les corps sont absents. Ce n’est pas tant le film qui est fantôme que tous les êtres vivants qui, désormais disparus, réapparaissent entre eux et nous sous la forme d’ « ectoplasmes » — le mot est très fréquemment employé dans les sept sections qui constituent ce long métrage sonore. Son scénario : décliner toute la gamme de voix que les défunts entêtés savent encore moduler jusqu’à nous.
La voix parle, chante, envoûte et désenvoûte, hante, parfois jusqu’à l’occupation. Le plus souvent humaine, elle est la source et l’origine de multiples expériences sonores qui donnent lieu à la musique et à la poésie, au cinéma et au théâtre, à la performance et au concert. « J’ai commencé à chanter quand j’ai senti qu’il fallait se taire. » Si la voix off s’impose et peut être identifiée, la voix in est finalement plus problématique, tant Sandra Moussempès est consciente du fait qu’on n’est jamais l’auteur de sa propre voix. (...) LIRE LA SUITE ICI
« Elle laissait finalement les mots travailler à sa place »
Il y a ceux (ou celles) qui se concentrent sur le mot, et il y a ceux (ou celles) qui se concentrent sur la phrase. Sandra Moussempès fait partie de la deuxième catégorie, et je vais essayer de dire pourquoi son art de la phrase, des phrases, m’apporte quelque chose.
La phrase et le phrasé : en musique, indique le Centre national de ressources textuelles et lexicales, le phrasé est « une manière de disposer, de couper les phrases musicales » (1842), « (il) délimite et articule le discours musical en unités signifiantes plus ou moins closes, à la manière de la ponctuation dans un texte ; il peut être fondé sur l’observation et l’analyse de facteurs structurels tels que motifs rythmiques et métriques, éléments mélodiques et dynamiques, harmonie (la fin d’une phrase coïncide souvent avec une cadence), variations de sonorité ou de tonalité, etc. » (1976).. (...) LIRE LA SUITE ICI
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