Translate

lundi 14 novembre 2016

(Auto-portraits de Sandra Moussempès)

Vignettes auto-fictives du jour d'après (référence distancée à la série "Black mirror"), travail en cours pour une section d'un futur livre de poèmes autour de l'"effet miroir" -auto-portraits pris entre février et  août 2017- 





Auto-portraits copyright Sandra Moussempès, 2017

lundi 8 août 2016

Entretien sur Diacritik

Sandra Moussempès, « Sunny girls »(Création et politique 3)



Sandra Moussempes - photographie d'Andres Donadio, festival Actoral
Sandra Moussempes – photographie d’Andres Donadio, festival Actoral

Quels enjeux critiques et politiques traversent le travail d’écriture ?
Après Véronique Bergen etNathalie Quintane, Sandra Moussempès répond aux questions d’Emmanuèle Jawad. Création et politique, 3.

lundi 27 juin 2016

Playlist Audiometric "Feminization" June 25 2016, Mixed by Black Sifichi

Vous pouvez écouter ma longue pièce sonore et vocale (ambient) "Sunny girls" (extrait de mon livre du même titre paru chez Poésie/Flammarion) dans l'émission Audiometric de Black Sifichi, extrait de mon album digital "Vidéographaphia" aux éditions Jou.




https://www.mixcloud.com/BlackSifichi/feminization-audiometric-june-26-16/
http://aligrefm.org/lecteur3096.html
En écoute : Playlist Audiometric June 25 2016, Mixed by Black Sifichi https://www.mixcloud.com/BlackSifichi/feminization-audiometric-june-26-16/ Aligre Fm / Jet Fm / Eko des Garrigues / Radio Active / Radio Grenouille, Paris : Nantes : Montpellier : Toulon : Marseille
Feminization : 
1 Sunny Girls by Sandra Moussempés
2 Shing Kee by Carl Stone 
3 Crackle 2 v2 by Olivia Louvel
4 So Tonight That I Might See by Mazzy Star
5 KM / Seeding the Clouds - 2kilos &More & Julius Gabriel by Tuxedomoon
6MATANGI by Wild Shores
7 Brave by Leila
8 Hotel Souiri by Rogue State aka Jefferson Lembeye
9 The Modern Bass Guitar by Squarepusher
10 Les Andes des Indes by Charlie O
11 I'm This I'm That by Moondog
12 A Dream by Harry Partch
13 Song Of The Whitewash by Dagmar Krause
14 Femme Fatale by Ashley Slater
15 Wake Up Alone by Amy Winehouse
16 Blue Angel by Roy Orbison
17 Lovelights by Cristian Vogel
18 The Flesh Made Word by Nick Cave
19 Angel Echoes by Four Tet
20 Rooster Rooster by DJ Olive

vendredi 24 juin 2016

Les Poètes Vestiaires #4 - Les poètes qui font du rock



Emission radio du 17 juin 2016 sur Emergence.fm, par Sylvain Courtoux

Avec par ordre d'apparition
FJ Ossang (MKB)
Manuel Joseph & Motif_r
Joël Hubaut
Charles Pennequin (Bibi Konspire)
Sandra Moussempès (The Wolfgang Press)
Chloé Delaume and The Penelopes
Joachim Montessuis
Kathy Acker and The Mekons
Michel Bulteau (Mahogany Brain)

mardi 24 mai 2016

Nouveau remix de "Remake" par Black Sifichi dans son émission Audiometricdu 21 mai

Audiometric, émission du 21 mai, "Brunhild -Ferrari and others" (playlist orientée musique concrète, poésie sonore.

par Black Sifichi et un nouveau remix de mon audio'-poème "Remake" (Beauty Sitcom in Acrobaties dessinées, Ed de l'Attente) sur les ondes d' Aligre Fm / Jet Fm / Eko des Garrigues / Radio Active / Radio Grenouille (émission du 21 mai)

Cliquer sur le visuel pour écouter

Plays-list :


-Call Centre - 160513-000 
-Brunhild Meyer & Luc Ferrari - Hétérozygote P1-
-Lefdup, Lefdupe & Lefdup - Seeding The Clouds
-JLefdup & DLefdup - Authentique
-Jerome Lefdup et Denis Lefdup - Ouverture De Cette Tombe
-Mouzgheva Music Lefdup - La Chevauchée Electrique
-Colleen - Eclipse
-Sandra Moussempés - Beauty Sitcom Track 6
-Wild Shores - Thule Ultima
-Job Search - 160513-004
-Rodolphe Burger feat Black Sifichi - The Gift
-Brunhild Meyer & Luc Ferrari - Journal d'un Autobiographe
-Test N°3 - 160513-003
-Mathew Jonson - Rainforest
-Kim Gordon, Ikue Mori & DJ Olive - Paperbag
-André Bratten - Bivouac
-Sherwood & Pinch - Wild Birds Sing’

jeudi 19 mai 2016

Les Poètes/Vestiaires n°3 LES FILLES DE LA POÉSIE émission de Sylvain Courtoux (Emergence FM)

Émission Les poètes/Vestiaire (cycle sur la poésie contemporaine actuelle) n°3 "Les filles de la poésie", émission de Sylvain Courtoux, du 13 mai 2016, sur Emergence FM à Limoges

Avec Avec Chloé Delaume, Anne-Marie Albiach,,Sandra Moussempès, Michelle Grangaud, Marie de Quatrebarbe, Michèle Métail, Amandine André.

A la 27ème minute, Sylvain Courtoux évoque mon travail et passe "Etudes d'interception" extrait du CD Beauty Sitcom (in Acrobaties dessinées, Editions de l'Attente 2012)






mercredi 11 mai 2016

Remix de "Remake" (extrait de Beauty Sitcom in Acrobaties dessinées, Ed de l'Attente 2012) par Black Sifichi dans son émission Audiometric (Alligre FM)

Un superbe mix de mon audio-poème "Remake"(53ème min) par Black Sifichi inclus dans la playlist de son émission Audiometric sur Alligre FM que vous pouvez écouter ici dans son intégralité :



Cliquer sur le visuel

Extrait de l'album CD Beauty Sitcom inclus dans Acrobaties dessinées (Editions de l'Attente, 2012)
Commander ICI


Playlist (1h30) :
Out Of Vietnam - Archangel
Silo - K2
Jac Berrocal + David Fenech + Vincent Epplay - Where Flamingoes Fly
Joseph Nechvatal w Mathew Underwood - Murmuring Tongue Of Ovid
George Carlin - How language is used to mask truth …
Emmanuelle Gibello - Declaration
Mathias Delplanque - Brachen 6
Biosphere - Chukhung
Biosphere - Space Is Fizzy
Sandra Moussempés - Beauty Sitcom (track 6)
DF TRAM - Sunflower Jam
Jefferson Lembeye - Rosato 2015
Olivia Louvel - O Let Her v 3
Furniker - In the Kitchen
Jason Van Gulick - 3 Rows
Lenny Bruce - The Sick Humor Of…
Martin Del Carpio - The Ballad of Ninfa
Cave Bacchus = Rhys Catham + Black Sifichi + Joseph Nechvatal - extract from Destroyer (non mastered/exclu)
Phil Von - Without Wings
Wild Shores - Mektoub
LANDR - rue des lombards test 8
DJ Click Here - Imposible Maneaua
CATMAN - Liberation Song (original mix)

mercredi 13 avril 2016

Texte de Carla Demierre sur mon travail (introduction à ma lecture au MAMCO de Genève)

Par Carla Demierre, écrivain, enseignante à la Head Genève et responsable du cycle Voix Off du Musée du Mamco, introduction à ma lecture au Mamco, sur le site de la HEAD Genève




Cliquer sur le visuel


Introduction de la lecture du 15 mars 2016 par Carla Demierre :
Sandra Moussempès est poète. Son travail circule en livres, sur disques et sur scène. Avec des textes expérimentaux, des audio-poèmes et des performances. Au centre de cette œuvre (disons) « multipiste » une conscience de la voix – Sandra Moussempès est aussi chanteuse – qui en a fait progressivement une condition irréductible de son écriture. Ses deux pratiques parallèles (chant et écriture) n’ont été réunies que récemment, en 2011, autour du projet de performance Beauty Sitcom.
(aujourd’hui) La lire c’est suivre des entrelacs sinueux de voix – concrète, parlée, chantée, intérieure, off. C’est se faire un petit cinéma mental à base de grain, de timbre et de souffle. La voix nous apparaissant comme appareil de la mise en mouvement des images. Et les images sont partout en puissance, irriguant les textes via des évocations de films et inserts de photographies. Mais aussi à même la forme, derrière les inventions typographiques, la mise en liste et son côté « projection de diapositives », les citations furtives, les phrases revenantes et les effets de déjà-vus. Alors cette écriture qui capte des pensées, amplifie des voix et agence des images: on serait tenté de la voir comme un kinétoscope de langage (cet ancêtre du cinématographe, Edison). Et les titres des livres déjà nous mettent sur cette piste: Captures (Flammarion, 2004), Photogénie des ombres peintes (Flammarion, 2009), Acrobaties dessinées (L’Attente, 2012) et (le plus récent) Sunny girls (Flammarion, 2015), ou sa reprise sonore sur le disque Videographia (Violet Reason Record, 2014).
D’un livre à l’autre, on retrouve une trame commune, faite d’éléments autobiographiques, de corps (héroïnes, icônes), de contrastes (blondes solaires/brunes sombres), de villes (Londres, Berlin), de rapports (amoureux, familiaux), de figures (comme Artaud) ou de motifs (comme le miroir). Et toujours un traitement singulier des images, un esprit légèrement gothique, un démontage des stéréotypes sociaux et un humour délicat. Ils ont également en commun de poser la lecture comme une forme sophistiquée de l’hypnose, où la conscience compose à partir d’éclats, d’intensités, d’apparitions.
La poésie, en tant que dispositif réfléchissant, travaille toujours aussi à préciser ce qu’elle est. Alors si je me fie à ma récente lecture de Sunny Girls, l’écriture poétique, autrement dit le cinéma de la langue, à l’œuvre ici, se situerait quelque part entre « une conversation intérieure » devenue « un son solidifié » et « une tentative d’extorsion » de pensées.

mercredi 10 février 2016

Lecture performée au Mamco, Genève, le 15 mars 2016

Je ferai une lecture performée au Mamco, Musée d'art moderne et contemporain de Genève, Suisse, le 15 mars 2016 à 18h30 (rue des deux Grenadiers, 10).


Le lendemain j'interviendrai lors d'un workshop avec les étudiants de la Head-Genève (Ecole d'Art et de design).



http://www.mamco.ch/agenda_3.html


lundi 8 février 2016

Olwyn Hughes s'en est allée (belle-soeur, éditrice et agent de Sylvia Plath, soeur de Ted Hughes)




Owlyn Hughes ma tante de coeur est partie à 87 ans en début d'année (ci-dessus entourée de ses frères, Gerald Hughes et le poète Ted Hughes).

Il me reste des photos de nos derniers séjour à Londres avec mon fils, l'été 2013 et l'été 2012. Elle était passionnée par l'astrologie (en bonne vierge scorpione comme moi) et nous parlions de longues heures des thèmes des uns et des autres, elle inspira beaucoup son frère Ted Hughes sur le sujet, lui aussi a beaucoup pratiqué l'astrologie. Amie de mon père, elle vécut dans le Paris des années 60, des moments de fêtes, de rencontres cosmopolites, notamment au Tournon ou se croisaient Chester Himes, Richard Wright, Brel, Mitterand, des acteurs et d'autres figures du Paris de l'époque).




J'ai écrit il y une vingtaine d'années : un petit texte sur le trajet improbable (publié dans "Hors Champs") que nous avions fait lorsque j'avais 12 ans en 1978 de sa maison de Londres jusqu'à la maison de Ted Hughes et sa seconde femme Carol, Olwyn n'avait pas son permis (raté une vingtaine de fois) mais avec un humour et un flegme british, elle avait pris la décision de faire le trajet elle-même, en s'arrêtant régulièrement pour boire du vin blanc dans tous les pubs croisés sur la route.


Elle était drôle, bordélique, flegmatique, grinçante et sans pitié pour les médiocres et les bien pensants, mangeant avec les doigts, fumant comme un pompier (jusqu'à ses 87 ans) et reprenant volontiers de ce white wine qu'elle appréciait tant. Ses amants, comme son mari Richard, un irlandais que j'ai connu enfant, étaient des "bad boys" avant l'heure, les relations étaient tumultueuses. Elle aimait ses chats, jouer aux cartes avec ses amis égyptiens qui vendaient des blousons en cuir.

Son rapport à Sylvia Plath est assez déroutant, loin des polémiques (qu'elle voulait contrecarrer) dus à la "pipolisation" de Plath auprès de certaines militantes féministes  dont elle est devenue l'icône ce que contestait Olwyn (et notamment la mise au pilori de son frère Ted Hughes qu'elle défendait). Mais Assia l'autre femme suicidée et leur fille étaient totalement occultées, je n'en ai jamais entendu parler de la bouche d'Olwyn. C'était sans doute tabou.

Elle lisait avec attention certains mes livres parfois avant parution et me disait aimer beaucoup mon travail, elle qui avait été l'éditrice de Sylvia Plath et admirait Marguerite Duras, m'a toujours encouragée même si elle avait arrêté tout travail d'édition après la mort de Plath.

L'article sur Olwyn dans the Guardian 

Ici Olwyn", Lucie Winterson, moi et mon fils Virgile à Londres chez elle





mercredi 4 novembre 2015

Voce : la mienne et celle de mon arrière grande tante italienne la cantatrice Angelica Pandolfini

En sautant trois générations, en écoute un audio-poème de ma composition et juste au-dessous, mon arrière-grande tante, Angelica Pandolfini immense cantatrice du début du siècle dont le buste est à la Scala de Milan, c'est la soeur du père de ma grand-mère maternelle italienne Maria Teresa Pandolfini.

J'ai découvert récemment ces enregistrements grâce à Youtube, de mon arrière grande tante datant de 1903, j'ai trouvé son vibrato et sa tessiture très proches des miens, très troublant, de constater qu'en sautant deux générations une tessiture pouvait se transmettre.. Le frère et le père d'Angelica, mon arrière grand-père et arrière arrière grand-père étaient eux aussi de grands chanteurs lyriques renommés. Je compose un aria d'opéra "Museum" dans mon futur CD "Post-Gradiva" (in Colloque des télépathes, Editions de l'Attente 2017) qui sera largement inspiré de cette aîeule et de l'atmosphère envouûante des gramophones de l'époque.












vendredi 18 septembre 2015

Entretien dans Poezibao

Entretien sur mon travail et notamment mon nouveau livre "Sunny girls" interrogée par Emmanuèle Jawad. Cliquer ici.ou sur le visuel


Poezibao

dimanche 30 août 2015

Un bel article de Ritta Baddoura sur "Sunny girls" (Poésie/Flammarion 2015) dans l'Orient Littéraire






"Poetic remake"  dans l'Orient Littéraire (supplément mensuel de l'Orient Le Jour) sur "Sunny girls" (Poésie/Flammarion 2015) cliquer sur ce lien ou le visuel ci-dessus.


Ici, le PDF de l'Orient Littéraire du mois d'Août
http://www.lorientlitteraire.com/pdf/OL-AOUT15-WEB.pdf


"Le Charme de Sunny girls réside dans la persistance d'une ingénuité teintée d'insolence insouciante propre aux très jeunes filles, et sur laquelle les menaces de débauche ou de meurtre planent".
                                                                                                                 Rita Baddoura

Poetic remake


Par Ritta Baddoura
2015 - 08
Réinvention intellectualisée et expérimentale de l’expérience vécue ou hallucinée : souvenirs, impressions, représentations et émotions composent un montage où réalité et fiction sont soutenues par le point de vue du poème passé au filtre cinématographique.

Le regard avide brûle la pellicule du poème, contre-jour continu, l’écriture blanche aveuglée s’inscrit sur écrans noirs. Les mots livrent la clarté goutte à goutte jusqu’aux gros plans éclairant subitement la pénombre intérieure : celle du temps passé, de la perte, de l’ambiguïté de l’amour et de l’érotisme, de la jeunesse suintant encore en blessure. Sunny girls, le dernier ouvrage de Sandra Moussempès est secret, captivant et exigeant. Truffé de références littéraires et cinématographiques, il expérimente les manières de dépeindre la réalité : n’est-elle pas invention et dissolution continues des frontières entre flashbacks et fantasme ? (....)

mercredi 5 août 2015

Entretien avec le poète Jean-Marc Baillieu autour de mon travail sonore, sur Libr-critique

Entretien publié sur Libr-critique (introduction de Fabrice Thumerel) avec Jean-Marc Baillieu, poète et essayiste : Sandra Moussempès ou la poétique de l'audio-poème.



[ENTRETIEN] SANDRA MOUSSEMPÈS OU LA POÉTIQUE DE L’AUDIO-POÈME, ENTRETIEN AVEC JEAN-MARC BAILLIEU




Suite à la parution du CD Vidéographia – disponible en édition limitée notamment chez les librairies Texture, Tschann (Paris) et l’Odeur du temps (Marseille) -, Jean-Marc Baillieu s’est entretenu avec l’auteure sur sa poétique de l’audio-poème. De ces quatre pistes émane une impression d’inquiétante étrangeté : murmures, boucles sonores, musique d’outre-tombe, voix lancinante et spectrale traduisent avec brio une envoûtante "pensée de rêve"… Aussi, de la même façon qu’à la lecture d’un texte de la poète, toute analyse devient spectrographie. /Fabrice Thumerel/
Sandra Moussempès, Vidéographia, performance sonore autour d’héroïnes filmiques, déplacements de corps et de voix, Violet Reason Record [violetreasonrecord@yahoo.fr], 2014, 10 €.

Sandra Moussempès est connue et reconnue pour soigner particulièrement et singulièrement ses lectures ou plutôt ses « dispositifs sonores » en public, dans des lieux dédiés à la poésie, mais aussi dans des structures d’art contemporain. Elle vient de publier Vidéographia chez Violet Reason Record, un CD qu’elle dit être « la bande-son matérialisée de Sunny Girls » un livre (coll. Poésie / Flammarion, 2015) unanimement salué par la critique. /Jean-Marc Baillieu/

J-M B. : A propos de votre pratique de l’oralité : existe-t-elle dès la conception des textes ou vient-elle (ensuite) comme une interprétation de la partition-texte ?
SM : En fait, il existe une musicalité intrinsèque à la création poétique, mais je ne peux pas vraiment parler d’oralité, plutôt de quelque chose qui m’échappe, se compose, s’écrit, avec une rythmique propre à la poésie ou ce qui pour moi fait sens poétique, des superpositions et des associations de pensées. L’oralité à proprement parler intervient bien après la fabrication du poème, lorsque du texte je décide de faire un nouvel objet, sonore cette fois-ci, que je nommerai audio-poème. Mais il y a des poèmes qui ne peuvent qu’être lus silencieusement ou de façon simple à voix haute.
Lorsque j’ai entrepris de composer le CD d’audio-poèmes Beauty Sitcom (inclus dans Acrobaties dessinées, éditions de l’Attente, 2012) en utilisant ma voix chantée, murmurée, distordue, stratifiée en écho à l’énonciation du poème, je souhaitais faire le lien entre ma pratique initiale du chant et mon travail d’écriture, avec sa jonction d’interface : les référents cinématographiques, ma relation aux films qui s’intègrent à l’énonciation du poème.
Je chante depuis 1984, je publie des poèmes depuis 1992, et je développe ce travail d’audio-poèmes depuis bientôt cinq ans, il a donc fallu tout ce temps pour que le lien entre ces deux pratiques fassent sens, pour que mon univers poétique puisse se matérialiser en une bande-son annexe, à écouter sur CD ou lors de lectures performées. Le dispositif sonore s’articule exclusivement autour de ma voix (je devrais dire mes voix), afin de coller au plus près de mon univers. Je souhaitais projeter le texte vers l’auditoire différemment car les lectures publiques où l’auteur se contente de lire son texte de façon linéaire m’ennuyaient un peu.
Dans Beauty Sitcom, la matérialisation des textes (enquêtes, fiction sentimentale, héroïnes filmées dans un environnement inquiétant, atmosphère vintage), s’incarne sous forme de bande-son annexe et autonome. C’est avant tout un travail sur la lecture augmentée vocalement, proposition qui n’est ni théâtre, ni concert, encore moins chanson. Central, le poème n’est jamais chanté. Mon chant crée une atmosphère filmique en bande-son annexe. Ce sont des Résurgences momentanées des sensations visuelles (poème et audio-poème inclus dans le CD Beauty sitcom, nouvelle version augmentée dans Vidéographia), en lien également avec des voix féminines qui ont pu m’influencer indirectement depuis l’enfance. Le chant est une réflexion du poème, un miroir sans tain.
La plupart de mes livres (principalement dans la collection Poésie / Flammarion, mais aussi aux éditions Fourbis et de L’Attente) questionnent la notion de temporalité et les sensations de déjà-vu, à travers les façades sociales, les stéréotypes notamment autour du féminin, d’icônes cinématographiques mais aussi le paranormal, le sacré. De façon assez autobiographique, les expériences physiques et psychiques s’enchaînent en pensées plus ou moins rythmées. La forme est donc une préoccupation autant que le contenu, je compose une pièce sonore et vocale de la même façon qu’un poème. En cela l’oralité s’inscrit comme une interprétation de la partition-texte. J’ai toujours créé des mélodies, des onomatopées. J’ai ce besoin de travailler mes différentes voix, certains y retrouvent le côté japonisant de princesses manga, la voix éthérée-atmosphérique de Liz Fraser ou de Kate Bush, les bruitages de Meredith Monk ou encore l’opéra (il se trouve que mon arrière-grand-tante Angelica Pandolfini était cantatrice). Tous ces référents m’ont effectivement influencée sans doute d’une façon inconsciente ; après l’écriture d’un livre, j’ai besoin de sensations plus organiques et tout peut me stimuler pour composer : un film, un dessin animé, des photos retrouvées, de la musique sacrée, du dubstep de Miami, conduire des heures la nuit sur l’autoroute. J’aime ce qui me perturbe, m’inquiète et m’envoûte. Les films que j’évoque dans Sunny Girls comme Zabriskie PointSpring BreakersCode inconnu, Sans soleil, … me correspondent, je les évoque, ainsi que des icônes pop, dans Vidéographia, bande-son matérialisée de Sunny Girls.
 
J-M B. : La collaboration avec un musicien fait-elle bouger les lignes ?
Oui bien évidemment, pour Beauty Sitcom il y a eu plusieurs collaborations, l’album s’est fait sur deux ans, s’est construit au fil des rencontres avec plusieurs musiciens sound designers venant de de la musique contemporaine et de l’electro. Ce CD de 9 titres m’a demandé beaucoup de travail car je ne suis pas productrice ni ingénieur du son, et je me suis retrouvée avec toutes ces casquettes à la fin du projet : devoir retravailler le son du mastering avec des audio-poèmes déjà mixés ou en impro, j’ai donc dû faire un travail méticuleux de rééquilibrage des basses, des aigus. Mais il est certain que la collaboration avec un musicien ou designer sonore est précieuse, les bases d’un son naissent à ce moment-là. J’amène mes mélodies de voix et l’idée générale du morceau, puis le musicien propose quelque chose, une façon de faire tourner en boucle un fragment vocal, donne une structure ; c’est le même travail que je fais en solo sur certains audio-poèmes que j’ai composés seule (Récipient de métal vert en duo avec Kristin Prévallet et Etudes d’interception dans Beauty Sitcom). Mais cela donne un son particulier à l’ensemble. Puis j’intègre les textes écrits, cela peut être toute une section ou seulement quelques mots, avec le musicien nous sélectionnons des boucles vocales qui se superposent avec mes autres voix off, les mots ainsi dits ou murmurés, stratifiés, s’extraient naturellement du poème comme une colone interne. J’aime bien alterner travail solo et collaborations musicales, aussi bien en lectures que sur mes CD. Mon nouveau CD Vidéographia (dont les textes sont extraits de Sunny girls paru récemment chez Poésie/Flammarion) a été entièrement réalisé en collaboration avec le musicien DJ Fred Daclon. Il a su donner une continuité à mon univers poétique dans son design sonore de ma voix de façon à donner une atmosphère un peu envoûtante ou perturbante. Et certains audio-poèmes de Beauty sitcom que j’ai composés et produits entièrement sont plus minimalistes, tout en gardant ce contraste entre douceur et effroi.
J’apprends de plus en plus à me débrouiller avec l’aspect technique de l’enregistrement, des logiciels. Sur scène, dans un dispositif avec un musicien sound designer, il y a une part d’improvisation, de dialogue entre nous (ce fut le cas notamment au festival Actoral 12 à Marseille) autour de la structure prédéfinie par avance, tandis que seule avec mon ordinateur et ma pédale d’effet, je suis un peu femme-orchestre. Le dialogue se fait autrement, avec l’auditoire plus directement. Je sais rapidement dans un lieu ou un événement les morceaux que je choisirai, si je lirai davantage de poésie (simplement à haute voix) ou si au contraire le contexte se prête davantage à chanter, par exemple à Paris, ma lecture performée à la Fondation Louis Vuitton dans un lieu si lumineux amenait une autre intensité que la soirée autour de mon travail à la Maison de la Poésie, plus intimiste, ou encore dans l’amphi-théâtre de l’ENSBA de Lyon devant les étudiants en conclusion d’un worshop, et lorsque j’interviens dans des endroits style usines désaffectées, c’est encore autre chose, selon l’acoustique aussi. Chaque partenaire musicien apporte en outre sa touche sonore à l’enregistrement et sur scène. Il faut qu’il y ait une sorte d’alchimie. Un peu comme dans un groupe de rock ou un duo. Dans les années 80 et 90, je chantais sur des projets et avec des groupes, en France, d'abord avec Captain' Scarlett à 19 ans, un étudiant qui recherchait une chanteuse et m'avait abordé à la fac  (Daniel Dauxerre qui était le premier manager du goupe Daft Punk appelé Darlin à l'époque) puis quand j'avais 23 ans (avec Jay Alanski puis Marc Collin pour le groupe Indurain) et en Angleterre (The Wolfgang Press que j'avais précisément rencontré à Paris ayant fait leur première partie) sur le label 4AD, puis en 1997 avec le DJ Berlinois de la scène electroTranse de Brixton, Kinky Roland (sur label de Boy Georges More Protein) que j'avais rencontré via une amie styliste Suzanne Deeken. Lors de ces expériences je composais ou j’interprétais des chansons, avec un couplet, un refrain, des paroles qui collaient à la musique, ou encore je faisais des featurings comme avec The Wolfgang Press ; avec la poésie sonore je sens plus libre. C’est la différence avec la pop ou le rock, en poésie sonore je peux détourner la structure d’une mélodie, comme rester sur un silence là ou on attend une reprise, ou encore poser un fragment de vocalises de musique concrète puis enchaîner sur quelque chose d’atmosphérique, voire de "sacré" comme dans le rituel d’une cérémonie. Toutes ces expériences passées m’ont vraiment appris à trouver ma voix justement, c’est aussi à force d’avoir travaillé en studio avec des gens talentueux comme le producteur de Cocteaux Twins qui officiait sur le dernier album de The Wolfgang Press, ou Adrian Sherwood producteur british de dub, que je me suis passionnée pour tout ce qui est enregistrement et travail de la voix.
Cela étant dit, la musique, comme le dessin ou la photographie que je pratique aussi nourrissent mon travail mais le poème reste au centre. C’est le travail d’écriture qui est essentiel pour moi, livre après livre, dans la constitution de mon univers propre.


(Cet entretien a aussi été diffusé via le E.trimestriel "Mobile" de Jean-Marc Baillieu)



mercredi 15 avril 2015

samedi 21 mars 2015

Lecture/signature pour la parution de "Sunny girls" à la librairie Ptyx, Bruxelles, le 26 mars à 18h30

Lecture/rencontre à la librairie Ptyx le 25 mars, 18h30, Bruxelles pour présenter mon nouveau livre "Sunny girls" (Poésie/Flammarion 2015).

Infos ici

Librairie Ptyx, Ixelles

Soirée solaire le jour de l'éclipse, pour la parution de "Sunny girls" (Poésie/Flammarion 2015) à la libraire Texture, à Paris




Joffrey Ferry, Sandra Moussempès, librairie Texture


Photo de fin de soirée par Texture, avec entre autre Joffrey Ferry,  Emmanuèle Jawad, Yves di Manno, Patrick Beurard-Valdoye, Philippe Annocque, Cyrille Martinez..


Une belle soirée dans la superbe librairie Texture (chez qui vous pouvez vous procurer "Sunny girls" ainsi que tous mes livres, y compris l'épuisé Exercices d'incendie).

mercredi 25 février 2015

Un article d'Emmanuèle Jawad sur "Sunny girls" in libr-critique

Un long article d'Emmanuèle Jawad sur "Sunny girls" in Libr-critique.com




http://www.t-pas-net.com/libr-critique/chronique-sandra-moussempes-sunny-girls-emmanuele-jawad/

Une recension de Jean-Marc Baillieu à propos de Sunny girls sur Sitaudis

Article de Jean-Marc Baillieu sur "Sunny girls" (Poésie/Flammarion 2015)



vendredi 6 février 2015

Recension d'Anne Malaprade sur Sunny girls, Sitaudis.com

Une recension d'Anne Malaprade sur Sunny girls



http://www.sitaudis.fr/Parutions/sunny-girls-de-sandra-moussempes.php

jeudi 29 janvier 2015

Nouveau livre "Sunny girls" Editions Flammarion, collection Poésie, février 2015

Tout juste sorti de l'imprimerie, mon prochain livre "Sunny girls" paraîtra le 11 février 2015

                                   
"Sunny girls", Editions Flammarion, collection Poésie
Illustration de Joffrey Ferry
210 pages
ISBN : 978-2-0813-4191-3

Résumé de l'éditeur (quatrième de couverture) :

L'univers de Sandra Moussempès se situe à la croisée du réel et de l'imaginaire, du monde et de sa représentation, dont ses textes capturent les images et soulignent la part d'illusion. Malgré son titre, ce nouvel ouvrage émerge poutant d'une nuit plus secrète. Il y a beaucoup de références au cinéma et à la vidéo dans "Sunny Girls", mais les scènes qui se déroulent sous nos yeux sont étrangement distanciées : comme si la femme derrière la caméra (ou qui écrit face à l'écran) gardait constamment à l'esprit le caractère irréparaable de son geste : "Eléments du récit épique", les séquences se succèdent ainsi avec la netteté du rêve -ou du film qui en est peut-être l'émanation. Tout le trouble, tout le charme de la poésie de Sandra Moussempès naissent d'un tel écart, accompagnés de cet humour un peu acide qui n'appartient qu'à elle : "les poétesse qui misent sur le banal ne roulent pas en mobylette malgré les apparences". (Yves Di Manno)





vendredi 19 décembre 2014

Lecture performée, fondation Louis Vuitton

Cycle Poésie now !

Sur l'invitation du poète Jérôme Game, programmateur de ce cycle.

Beauty Sitcom, le 8 novembre






Photos Joffrey Ferry

jeudi 23 octobre 2014

Poésie now ! à la Fondation Louis Vuitton le 8 novembre

Je présenterai "Beauty sitcom"* une lecture + performance sonore à la fondation Louis Vuitton le 8 novembre, 17 heures, galerie 2 dans le cadre de Poésie now ! une série de performances programmées par Jérôme Game.

Programme complet et réservation ici
http://www.fondationlouisvuitton.fr/performances-poesie-now-jerome-game.html
         




Présentation de la lecture :
"Beauty Sitcom" est une lecture augmentée qui s'articule principalement autour de référents cinématographiques et d'icônes pop. Utilisant les différentes textures sonores de sa voix, off ou live, chantée ou murmurée, Sandra Moussempès stratifie ses vocalisations narratives autour de ses poèmes afin de créer un univers d' images mentales qui questionnent la notion de temporalité aussi bien que les sensations de "déjà-vu". La matérialisation des textes, enquêtes, fiction sentimentale, héroïnes filmées dans un environnement inquiétant, atmosphères vintage ou paranormales, s'incarnant sous forme de bande son.

Cette performance sonore a déjà fait l'objet d'un CD de neufs audio poèmes, inclus dans l'ouvrage "Acrobaties dessinées" (Editions de l'Attente).
De nouveaux textes extraits du recueil "Sunny girls" (à paraître chez Poésie/Flammarion) viendront s'intégrer parallèlement à ce dispositif sonore, notamment autour des films "Sans Soleil", "Spring Breakers" et "Zabriskie point".

vendredi 15 novembre 2013

Lecture/performance à la Maison de la Poésie, Paris

Lecture performée à la Maison de la poésie de Paris, le 21 novembre 2013 à 19 heures

Infos :
http://www.maisondelapoesieparis.com/events/videographia-sandra-moussempes/