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mercredi 26 février 2020

Nouvel article sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" sur Remue.net par Deborah Heissler


Sur REMUE.NET.COM
Déborah Heissler | Cinéma de l’affect, de Sandra Moussempès

Jeu de plans, de séquences ou de scènes, dont on ne sait où il se situe exactement, Cinéma de l’affect de Sandra Moussempès déroule pour nous sa voix, qu’il nous est possible de suivre au travers d’une « déambulation […] à la croisée du son, du cinéma et du spiritisme ».
Une voix tremblante se fait d’abord entendre, qui « n’aide / pas à clarifier le propos » de ce récit « poétique », où la narratrice cherche à comprendre le fonctionnement de processus vocaux d’autant plus envoûtants, que quasi insolubles.
Rien n’est au point
Je me retrouve auditrice de sonorités aussi floues que
Des ectoplasmes
Evocation, plus loin, de l’arrière-grand-tante, Angelica Pandolfini, elle-même fantôme d’une voix dont la restitution — sa quête —, ne nous dira presque rien. Sa tessiture vocale demeurant, pour nous, comme une forme de « complément d’enquête » ; la narratrice devenue, au fil des pages, un lang(age) dont « tu » — l’adresse, l’appel — reste à lui seul « le dispositif sonore » :
Prosodie vocale : un diapason me prouve que tu es là engagé
Dans un nouvel espace plus propice à nos méditations
Corporelles 

jeudi 20 février 2020

Article de Serge Airoldi sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)"surl le site de l'ALCA

Dans Prologue (l'E-média d'ALCA) un bel article de Serge Airoldi 

Tentative d’épuisement des voies


Depuis de nombreuses années, Sandra Moussempès explore la façon poétique de faire sens et de débrouiller le brouillard. Avec ce nouveau texte, Cinéma de l'affect, que publient les éditions de l'Attente, elle questionne de nouvelles tessitures qui font l’étrange son du monde.
Un nouveau texte de Sandra Moussempès paraît aux éditions de l’Attente. C’est Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme). Réjouissons-nous de cette singularité supplémentaire qui engramme l’œuvre de la poétesse. Ce texte – comment dire à la fois, en un seul mot, en un seul bloc, qu’il est prose, poésie, tentation de l’essai, expérimentation d’un genre biographique, autobiographique, historique, musical, qu’il est aussi fantasmagorie, féerie, magie ? – s’avance d’abord un peu masqué. Ceux qui n’ont pas encore lu le moindre livre de Sandra Moussempès seront peut-être un peu désarçonnés. Comme les partitions de Mozart, ses textes aiment les départs en anacrouse. Ils se demanderont aussi quel est ce prodige à l’œuvre qui s’en va par les branches, comme on dit dans le Gers, dans certaines occasions de la raison supposée enfuie. Les autres applaudiront à ce subtil charivari des strates qui brouille les généalogies, l’explication du monde par le simple constat de la succession des couches de terres, de fossiles, de roches, de magma, de substrats, de gravats de toutes natures.

mercredi 19 février 2020

Interview intenpestive de Sandra Moussempès par Jean-Paul Gavart-Perret dans LeLittéraire

Sandra Moussempès : de la poupée brisée à la fée des songes — entretien Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme)

Il y a en San­dra Mous­sem­pès une part Tori Amos, une part héroïne de David Lynch. Autant pour son roman­tisme très par­ti­cu­lier que son mys­tère et ses bles­sures. Les trau­mas de l’enfance l’ont sans doute par­tiel­le­ment bri­sée, mais elle a recollé ses mor­ceaux à tra­vers son écri­ture et la poro­sité qu’elle invente entre les mondes et les arts.
C’est le signe d’une sola­rité inté­rieure qui efface les aspects noc­turnes de cer­tains moments de la vie et des claus­tra­tions. Le côté poreux aux autres et l’hypersensibilité de la créa­trice font sa rareté et lui pré­servent la faculté de res­ter une fée des temps au moment où elles dis­pa­raissent mais dont l’époque en a de plus en plus besoin.
De l’auteure : Sunny girls, Édi­tions Poésie/Flammarion, 2015 ; Col­loque des télé­pathes & Album CD Post-Gradiva, Édi­tions de l’Attente, 2017 ; Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fan­tôme), Édi­tions de L’Attente, 2020.
 Entretien : 
Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
La néces­sité, car sinon je res­te­rais des heures dans mon lit pour y tra­vailler, créer et me recentrer.
Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Je ne m’en suis pas trop écar­tée, si ce n’est que des trau­mas sont venus les enta­cher mais ont ren­forcé du coup leur néces­sité. Expri­mer ma créa­ti­vité comme voix off inter­chan­geable et iné­luc­table, j’aime cette idée d’avoir tout en moi et que cela fasse oeuvre, le reste, la “vraie vie” m’intéresse moins, m’oppresse parfois.
A quoi avez-vous renoncé ?
Au confort, à la “nor­ma­lité”, aux rela­tions sur­faites. Au désir d’être com­prise de tous.
D’où venez-vous ?
D’une pla­nète excen­trée étrange.
Qu’avez-vous reçu en dot ?
Mon don d’écriture, ma voix, mon hyper­sen­si­bi­lité (qui n’est pas tou­jours simple à gérer). Ma créa­ti­vité artis­tique et la pos­si­bi­lité aussi d’avoir pu créer un autre être, mon fils. Un petit côté magi­cienne aussi.
Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?
Une tasse de thé anglais déthéiné avec un nuage de lait de soja, une bou­gie allu­mée. Un rire imprévu pen­dant une dis­cus­sion sérieuse.
Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres auteures ?
Je crois, ma pro­pen­sion à être ce que j’écris, la sin­gu­la­rité de mon tra­vail, avec ses thé­ma­tiques récur­rentes (le fémi­nin, le spi­ri­tisme, le cinéma), ma pra­tique paral­lèle d’artiste sonore et vocale (disques et lec­tures performées).
Com­ment définiriez-vous votre “poé­tique” ?
Lais­ser les mots par­ler à ma place, tout en me cen­trant sur une néces­sité esthétique.
Quelle est la pre­mière image qui vous inter­pella ?
Une pou­pée de por­ce­laine qui m’a été offerte par Anie Bes­nard (pre­mier amour d’Antonin Artaud et un temps com­pagne de mon père avant ma nais­sance) : lorsque j’avais six ans, elle trou­vait que cette pou­pée me res­sem­blait, j’ai beau­coup écrit sur cette pou­pée, même si j’aurais pré­féré à l’époque res­sem­bler à une pou­pée Bar­bie. Je l’ai fina­le­ment per­due au fil des déménagements.
Et votre pre­mière lec­ture ?
La Com­tesse de Ségur pour son sadisme latent et ses petite filles aux robes roses, “Les Petites filles modèles” et “Les Mal­heurs de Sophie”.
Quelles musiques écoutez-vous ?
Du Dubs­tep, de l’électro/ambient (par exemple Mode­rat de New Error ou Anvil de Lorn) et du clas­sique, de l’orgue d’église (Bach). Der­niè­re­ment, j’écoutais sou­vent dans ma voi­ture un remix de Lost Fre­quen­cies (Cesa­ria de Stromae).
Quel est le livre que vous aimez relire  ?
Il y en a plu­sieurs, de la poé­sie contem­po­raine amé­ri­caine ou coréenne. Les poèmes d’Emily Dickinson.
Quel film vous fait pleu­rer ?
“Wuthe­ring Heights”, l’ancienne ver­sion, avec Merle Obe­ron. Je rajoute l’épisode de Black Mir­ror “Nose dive” que j’ai vu dix fois et qui me fait tou­jours pleu­rer aussi à la fin, tant c’est repré­sen­ta­tif de la société actuelle.
Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?
Ma ver­sion fil­mique, une Cas­sandre (un des autres pré­noms que j’ai failli por­ter) qui ne sait pas sou­rire sur com­mande, qui écrit sur les miroirs et s’y pho­to­gra­phie sans jamais avoir une réponse claire de son reflet.
A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
A beau­coup de monde, à David Lynch par exemple.
Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
Londres, où j’ai vécu un temps, mais aussi Los Angeles où je ne suis jamais allée.
Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
Dans le désordre, Cindy Sher­man, Emily Dickin­son, Emily Brontë, Syl­via Plath (j’étais proche d’Olwyn Hughes, sa belle-soeur et j’ai passé des vacances chez Ted Hughes son mari quand j’étais petite), Marina Abra­mo­vic, Pipi­lott Rist, Kate Bush, David Lynch, Har­mony Korine, Miya­zaki, la Com­tesse de Ségur, Janet Frame, Car­son Mc Cullers, Gisèle Vienne,  Samuel But­ler, les Frères Powis, Mary Shel­ley, Charles Swin­burn, l’écrivaine Taeko Kono,  j’en oublie bien sûr beaucoup.
Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
Un signe du des­tin aussi beau et envoû­tant que possible.
Que défendez-vous ?
La sin­gu­la­rité, l’originalité, l’inquiétante étran­geté, là où se tisse l’humain, dans ce qui lui échappe et qui est peu acces­sible au conscient, la contem­pla­tion, l’intensité, la pas­sion amou­reuse, l’authenticité dans un monde de plus en plus sté­réo­typé où façades et faux sel­fies dominent.
Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”?
Trop cynique pour moi, même s’il y a du vrai. Je pré­fère trans­mu­ter le réel car j’ai une ten­dance natu­relle au mysticisme.
Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“
Je ne suis pas sûre de comprendre.
Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?
Qu’aimeriez-vous mieux connaître ou déve­lop­per dans votre vie ? J’aimerais appro­fon­dir mes connais­sances en astrologie.
Pré­sen­ta­tion et entre­tien réa­li­sés par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 18 février 2020. A lire sur le site LeLittéraire.com

mardi 18 février 2020

Article de Laurent Albarracin, dans la revue Catastrophes


[Sentier critique] par Laurent Albarracin. Toutes les contributions poésie & cinéma.
ENTREE DES MEDIUMS
à propos de Sandra Moussempès, Cinéma de l’affect (Boucles de voix off pour film fantôme), Éditions de l’Attente, 2020.
.Si l’on veut bien admettre que la notion d’autofiction peut s’appliquer autant au poème qu’au roman, alors le livre de Sandra Moussempès en est un cas exemplaire. Ça n’est pas que le poème ici mêle plus qu’un autre le réel à l’imaginaire (quel poème ne fait pas cela tout le temps ?) ni même seulement que des éléments autobiographiques se trouvent sublimés par leur mise en fiction poétique, c’est plutôt qu’ici le poème est un dispositif textuel qui utilise le réel et ses sollicitations pour capturer une voix à elle-même inconnue, pour captiver une intimité secrète et inaccessible autrement que par ce dispositif. Le livre est une boîte faite de phrases et qui piège d’autres phrases. Un objet technique (un parallélépipède de papier) somme toute assez froid, mais capable de contenir une réalité vocale : la voix de son autrice (terme qu’on préfèrera ici à auteure tant l’autrice en l’occurrence est une auditrice) comme celles, multiples, qui la traversent. Le poème chez elle est en effet un réseau métaphorique dans lequel s’attrapent et s’emprisonnent d’étranges énoncés. (LIRE LA SUITE)

mercredi 5 février 2020

Note de lecture sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" par Hughes Robert

Note de lecture : « Cinéma de l’affect » (Sandra Moussempès)

Lorsque le son enregistré surgi du passé entre en résonance, expérience spirite métaphorique et poétique, avec un dévoilement contemporain toujours aussi nécessaire et subtil.

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J’ai la chance dans ce nouvel épisode de me retrouver hors d’un gouffre
Mais suspendue sur pilotis au-dessus du vide, la technique vocale ne suffit pas
La phrase prononcée lors d’un discours jamais retrouvé n’aide pas à clarifier le propos
On parlera ainsi de phase pré-somnambulique, comme pour les fillettes possédées dont les voix deviennent soudainement caverneuses et effrayantes
La mécanique surnaturelle de nos séances d’emboîtement n’est pas uniquement tissée d’organes
Car si l’on cherche à retranscrire le son de nos ébats, les cris se divisent en rires et en clameurs qui laissent perplexes
Après avoir fui dans la forêt en combinaison New Age me voici revenue vers toi qui débutes au théâtre une carrière de médium, tu fabriques des machines à remonter le temps pour un film expérimental basé sur notre histoire dans sa version non sous-titrée
Rien n’est au point pour le moment
Je me retrouve auditrice de sonorités aussi floues que des ectoplasmes
Publié en janvier 2020, « Cinéma de l’affect » complète et étend de plus d’une manière le travail de « Acrobaties dessinées » (2012) et de « Colloque des télépathes » (2017), dans la même collection superbe des éditions de l’AttenteSandra Moussempès y poursuit intensément son entreprise d’affranchissement des conventions sociales éprouvées, à travers les deux derniers siècles, en y poursuivant l’usage du son comme arme poétique, en laissant rôder comme précédemment la possibilité du canular spirite, et en ne refusant aucune des étrangetés qui naissent des hasards et des coïncidences qui n’en sont peut-être pas. Le fait que l’arrière-grand-tante de l’autrice, la cantatrice Angelica Pandolfini (1871-1959), rendue célèbre notamment pour son interprétation  triomphale d’Adrienne Lecouvreur de Francesco Cilea, ait, enregistrement de 1903 en faisant foi, une tessiture très proche de celle de l’autrice peut constituer une telle cheville ouvrière, un outillage pour à nouveau démonter certaines apparences, sociales ou intimes. Davantage encore que précédemment, et même lorsque son recueil ou son enregistrement devient diaphane ou problématique, la voix est un passage (il faut écouter, parallèlement à la lecture de « Cinéma de l’affect » l’album « Vox Museum » publié aux éditions Jou pour s’en persuader, s’il était nécessaire), un passage qui, gorgé d’imagination, ouvre sur un ailleurs logiquement insoupçonné.

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Un bel article d'Adrien Meignan sur "Cinéma de l'affect (Boucles de voix off pour film fantôme)" dans Addict Cutlture


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ême le plus sceptique envers le spiritisme saura reconnaître le caractère magique du récit poétique de Sandra Moussempès. Dans Cinéma de l’affect, la poète explore la voix et sa trace. Sa composition semble être la même que celle d’un fantôme. L’autrice s’interroge sur comment on capte la voix et comment elle resurgit dans nos vies.

Le caractère magique de la poésie de Sandra Moussempès est indéniable. Elle publie des livres depuis les années 90. Les titres de ces précédents ouvrages constituent de surprenantes propositions imaginaires. Entre Colloques des télépathes (L’attente, 2017) et Vestiges de fillette (Flammarion, 1997) en passant par Biographie des idylles (L’attente, 2008), chaque titre résonne comme une incantation. La lecture de Cinéma de l’affect donnera envie de découvrir ce qui s’y cache.

Mais Sandra Moussempès n’est pas seulement poète. Elle est aussi chanteuse et a réalisé plusieurs disques entre performance sonore et poésie chantée. Chaque réalisation vient faire écho à son travail d’écriture. Cinéma de l’affect est fortement lié au disque Vox Muséum paru aux éditions Jou. C’est dire si le thème de la voix est important pour cette poète à l’univers très affirmé.

Elle produit dans ce recueil une poésie qui mêle récit amoureux et témoignage personnel. Par exemple, elle évoque sa découverte d’une de ses ancêtres, la cantatrice Angelica Pandolfini. Elle voit dans cette femme italienne bien plus qu’un membre de sa famille, presque un double du passé.( LIRE LA SUITE ICI)

mardi 4 février 2020

Toute nouvelle recension d'"Acrobaties dessinées & CD Beauty Sitcom" par Hughes Robert


Retour sur image, après "Colloque des télépathes" avec une très belle chronique d'Hughes Robert (Librairie Charybde) sur "Acrobaties dessinées & CD Beauty Sitcom" (Editions de l'Attente, 2012) :

Par Hughes Robert (Charybde)

Féérie et imaginaire en mutation poétique continue, pour gratter par le texte et par la voix ce qui s’élabore derrière masques et façades.

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– Pourrait-on créer un répertoire de femmes qui mythifient la rencontre / attente ?
Des kamikazes affectives privilégiant le bénéfice secondaire à la « self esteem » analysant chaque particule d’une atmosphère idyllique
En susurrant quelques phrases toxiques,
bribes d’indépendance, en souvenir d’une hérédité contrariée sous forme de soutien pédagogique
Cinq ans avant « Colloque des télépathes », et déjà aux éditions de L’Attente, la poétesse, chanteuse et performeuse Sandra Moussempès nous offrait en 2012 ces « Acrobaties dessinées », accompagnées du cd « Beauty Sitcom »., dont l’écoute permet de saisir concrètement l’intense aller-retour entre texte et voix plurielles (même émanant d’une unique artiste) qui s’impose au fil des années comme une profonde et mystérieuse marque de fabrique. On peut également se procurer les enregistrements « Vox Museum » et « Videographia », aux éditions Jou, pour poursuivre cette fabuleuse investigation sonore au gré du temps. Comme l’autrice s’en expliquait aux détours d’un excellent entretien avec Emmanuèle Jawad dans Poezibao (à lire ici), c’est probablement dans ce texte-ci que se manifeste pour la première fois de manière aussi claire l’irruption progressive, au cœur de la poésie et du chant, d’éléments autobiographiques soigneusement disjoints (la photographie de quatrième de couverture en constituant à son tour un témoignage signifiant, comme celle de la page 64, bien entendu), éléments qui contribuent décisivement à étayer une entreprise globale visant à regarder derrière les façades et les masques, sociaux et intimes, pour approcher mine de rien, sans effaroucher tout de suite, ce qui s’y dissimule. Un talent de contorsionniste psychologique et vocal, et en effet d’acrobate, est ici nécessaire, indéniablement – et la phrase de Sandra Moussempès, lue ou entendue, ne se dérobe jamais à sa mission. 

dimanche 2 février 2020

Nouvelle chronique sur "Colloque des télépathes & album CD Post-Gradiva" par Hughes Robert


Sur le blog de la librairie Charybde un bel article d'Hughes Robert sur mon avant-dernier livre  Colloque des télépathes & album CD, (Editions de l'Attente, 2017).


Entrechoquant tromperies victoriennes corsetées et illusions dansantes d’un swinging flower power, une redoutable poésie de dévoilement des secrets, portée par une voix aux visages toujours multipliés.

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Certaines réponses se sont évaporées sur ce guéridon
Nous étions dans un corridor passant d’une certitude à l’autre sans pour autant faire tournoyer nos sensations
Il s’agissait peut-être de nulle part sauf si nulle part est une chambre à air, militant pour le prolongement des rêves éveillés
Tu affines une pensée, nous sommes entourés de terre glaise et d’une impression de déjà vu
Chaque trou représente une dissonance à recoudre le long de vies parallèles
Les enveloppes remplies de sirènes sont toutes tombées
Si nous perdons du temps à en gagner nous sommes nous-mêmes notre alter ego retenu dans un trou enduit de paillettes
Depuis 1992, Sandra Moussempès élabore pas à pas et note à note un impressionnant corpus poétique et performé, dont « Colloque des télépathes », associé à son cd « Post-Gradiva », publié aux éditions de l’Attente en 2017, constitue une étape décisive. Naviguant avec grâce dans les entrechocs d’une culture victorienne corsetée où les canulars proto-cinématographiques pouvaient éventuellement fleurir (le « spiritisme » des sœurs Fox est l’un des points d’appui de ce texte-ci, comme dans la « Théorie de la vilaine petite fille » de Hubert Haddad) et d’une pop culture éclatante dans les étés du Swinging London ou du Flower Power, elle tisse une trame serrée pourtant constituée d’ombres subtiles et diaphanes.(...)LIRE LA SUITE ICI