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lundi 11 avril 2011

Atelier d'écriture, "A l''école des écrivains : des mots partagés"

Un atelier d'écriture au collège Romain Roland, de Nîmes, classé zone sensible, quartier du chemin bas d'Avignon, classe de quatrième dans le cadre du programme mis en place par le Ministère de l'Education Nationale.


« Une désobligation rythmée »

De ces ateliers d’écriture au collège Romain Roland avec la classe de quatrième de Madame Lorenzi, je retiens le fil du sens qu'il fallait "desobliger" avant de le dénouer, et des mots qui n'étaient ni comptés ni amortis, le don.

Il fut question de bougies de méditation de flamme qui ne s’éteint qu’en surface, d’alchimie, de rêve, de fonction, de « désobligation » toujours et encore, ce à quoi l’obligation n’est jamais réceptive, ou inversement, lorsque l‘imaginaire définit ses propres lois. Puis un silence, une écoute rare, sous le regard d’une enseignante qui l’air de rien se fait présente et chaleureuse, comprenant sa classe et les enjeux qui se déroulent pendant le « désaprentissage » complémentaire forcément de l’ »apprentissage », au lieu de tisser par les connaissances acquises il va falloir tisser autrement avec ce qui est inné, ce qui se trouve autour aussi, et constituer, tout en se constituant et prendre plaisir, à lire à écrire à entendre, à dire…

La première séance redéfinit le rôle de la poétesse que je suis, les questions autour de mon « métier » de mon livre, sont toujours intéressantes et me posent question à moi avant de répondre, me redéfinir, définir ce travail qui est le mien qui deviendra le leur au moins pendant ces trois séances et sans doute pour certains qui donnera lieu à une envie de « partage des mots« , liberté totale, aller vers ce plaisir, cette envie de lâcher les mots, lâcher les clichés autour du poétique, tentatives, explorations..

Avec la seconde séance et la méditation face à une bougie qui brûle lentement, le texte semble pouvoir devenir fluide, et mettre en action l’imaginaire actif des élèves.
Il faudra retravailler le « premier jet » ne pas croire que c’est « fini » mais retravailler peut aussi signifier retirer de la matière.

Nous écoutons un CD de Massive Attack avec la voix de Liz Fraser que Madame Lorenzi a amené, exactement le type de musique qui convenait pour l’exercice, qui convenait aussi à mon univers, quelques photos prises et quelque chose d’envoûtant qui se dégage de la classe, les élèves absorbés dans leur « vers » sans rime (précision de rigueur) ainsi que l’enseignante et une assistante, tous s’y mettent, sauf moi, qui dois insuffler quelquechose qui est déjà là, quelquepart.

La dernière séance, j’apporte des illustrations alchimiques et soudain tout un imaginaire constitué de références ancestrales s’installe, les élèves veulent jouer avec les mots, avec une certaine timidité, comme s’ils n’avaient pas encore tout à fait le droit comme s’il fallait encore « autoriser » mais c’est à peine perceptible. J’évoque avec eux, la destructuration des phrases et des formes qui donne structure au tout.

Puis ce moment trop court se termine par une sonnerie de classe et les élèves disparaissent dans le brouhaha qui suit le silence, je me souviens alors aussitôt de leur façon respectueuse et attentive de suivre mes indications ou de me les demander, d'un bruit de fond : les rythmes de Massive Attack, en sortant de la classe, puis de l’établissement je me sens éclairée.

Sandra Moussempès, le 14 avril 2011

http://www.education.gouv.fr/cid53585/a-l-ecole-des-ecrivains.-des-mots-partages.html http://www.curiosphere.tv/ressource/25636-a-lecole-des-ecrivains-2011/page_url=/html/sommaire.cfm

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