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lundi 22 décembre 2008

Jacques Moussempès (1931-1981), ses écrits, sa vie..

Première partie : Dossier complet sur le livre posthume de mon père par Guillaume Fayard et Ludovic Bablon : 


"Lettres de commande à un architecte, à un stratège d'apocalypse, aux graphistes et aux chirurgiens, lettres aux astrologues et aux officiers français, aux kinésithérapeutes, aux directeurs d'agonie et aux artistes de la mort, aux animateurs de vies multiples, lettre à Cathy cas célèbre d'angélisation."


Jacques Moussempès, Editions de la Bibliothèque du Lion, écrit en 1981, publication posthume en 2002 (Couverture, peinture à l'huile, Henri Michaux)




Extrait : "Les exercices de bonté sont corollaires des exercices de haine car la concentration de l'être en noyaux de haine revient à retenir une énergie qui serait autrement dépensée à nuire, et pour ce détournement, détermine physiquement par raréfaction, un courant ascensionnel : la bonté consiste ainsi à créer un vide qui entraîne les autres dans une sorte de lévitation, les élevant à l'état de formes angéliques."

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Anges excentriques, transfert d'influence, jeu amoureux !     

(Dossier réalisé par Guillaume fayard pour le site de Ludovic Bablon en 2002)

L'unique texte littéraire de Jacques Moussempès publié à ce jour, ces Lettres de commande, s'offre comme contrat. Un pacte de lecture à signer, "marché" à conclure en soi-même, entre corps rétif et conscience du tragique. Ici, "être mieux armés face à la concurrence" prendra rapidement, nous le craignons, une dimension mythologique.

Le travail de la Bibliothèque du Lion est irréprochable. Très peu d'informations, pas de quatrième de couverture, l'essentiel, à savoir "Jacques Moussempès, 1931-1981". Livre imprimé pour durer, publication post-mortem. Beau papier immaculé, couverture sombre de belle facture, illustrée d'une huile de Michaux.

L'ouvrage est un petit joyau intriguant. 70 pages: une toute petite entreprise. Parmi de grandes sociétés internationales du lavage. Certains de nos désavantages commerciaux, nous avons eu recours à une beauté obscure pour protéger notre dispositif et être ainsi "mieux armés face à la concurrence".


Nécessité de la correspondance :

Adressées à divers destinataires uniquement définis par leur statut, des lettres leur proposent de s'ériger contre certaines fatalités, et d'agir de manière circonstanciée afin de les repousser durablement: fatalité de l'enfoncement inéluctable de Venise par exemple (Lettre de commande à un architecte). Ou encore de l'absurde malfaçon dont l'homme serait victime : il ne jouerait qu'une fois. On nous propose, en faisant appel aux bons soins de divers opérateurs actifs, de le remodeler. De le réhabiliter face à l'incurie manifeste de son (ses) Dieu(x). De le dégriser: "Cher ami, On a trop fait danser le cerveau humain sur une musique qui n'était pas la sienne, jusqu'à le faire tourner en ce qu'il est devenu, derviche de sa propre mort" (p 41, Lettre de commande. Musique analectique).

Les destinataires des lettres sont des professionnels sur qui l'on peut compter. Le sérieux ministériel des Lettres de commande ne laisse pas de doute sur leurs compétences. Ayons confiance, ils sauront.
Jacques Moussempès leur laisse le champ libre, se contente d'indiquer des ouvertures possibles, "exercices de contrariété, comme le blocage d'habitudes corporelles, la paralysie d'organes trop exercés. (...) Il faudra aller jusqu'à l'isolation voire l'amputation d'organes populaires, sièges d'entassements excessifs. En sens inverse, tel exercice favorisera l'assouplissement, le rajeunissement d'organes sclérosés, oubliés, ou inexistants et qu'il faudra inventer, à moins de les ressusciter d'un passé préhistorique" (Lettre de commande aux graphistes et aux chirurgiens, p 59). Ravalement de façade. Aussi bien, puisque nous sommes pris aux jeux de l'identification, Self-lavage. Et c'est toute la force des Lettres que de faire en sorte que nous les signions chacun distraitement, donnant notre aval aux modifications souhaitées, puis à notre remembrement pièce à pièce. D'une certaine manière nous sommes nous-mêmes des experts de l'humain. Nous aussi, nous savons: la nécessité de changer quelque chose.


Six vertèbres pour une colonne (ajouter la mention "lu et approuvé")

1. C'est ainsi qu'une fois le contrat ratifié, le dispositif Moussempès, outre son efficacité bientôt reconnue, outre ses aspects spectaculaires et attrayants, permet d'obtenir d'excellents résultats de lavage sur les corps harassés, avec très peu de consommation d'eau, d'électricité, ou de shampooing.

2. En réalité, comme le sait très bien Moussempès, chez l'homme tout se recycle, la matière première est déjà réunie: littéralement "rien ne se perd...". Selon le bon vouloir des experts, le corps sera revu, on procédera à de nouvelles ouvertures, on consolidera ce que l'on peut, on abandonnera les pièces trop éminemment instables au profit de choix plus judicieux, d'organisations plus radicales, pour qu'enfin la mort et la misère métaphysique soient durablement mises à l'écart, rendues inopérantes sur un corps mieux pensé et plus apte à atteindre l'angélisation.

3. L'effet de jamais vu surprendra tout lecteur: de nombreuses expériences ont été tentées.Il tient en particulier à la puissance rhétorique de propositions dont l'incongruité s'efface sous la légèreté acide du trait d'esprit. Une subtilité folle se jouant de thèses apparemment insoutenables. C'est que le temps presse - la "concurrence" joue sur le même terrain. Concurrent ce Dieu, le premier. Sa Genèse arbitraire, dont on saura dorénavant qu'elle n'est que le dernier des débuts. Concurrents, Ses anges, falots. Son image, grasseyante, à n'en pas douter Jésus-Christ Son Fils, dont Moussempès soutient qu'il aurait été tout d'abord anableps, "étrange poisson dont les évolutions auraient précédé la Création: les anableps avaient un oeil double dont le regard intérieur, dirigé vers l'orbite, traversait le corps ovale jusqu'à la queue" p 21. Concurrents la mort et ses avatars, tout l'arsenal des bassesses, déesses elles-mêmes, dont la toute-puissance était usurpée, ou secondaire: Moussempès a d'autres chats à fouetter. Dextérité céleste d'un Lautréamont angélique - une telle aisance inquiéterait presque.

4. Le dispositif Moussempès tient en outre à sa réitération constante: les saillies enjouées sont martelées avec une obsession confinant au burlesque, une ironie toute Duchampienne.
Objectifs: rejet des tissus flasques, concrétion du corps autour de la colonne vertébrale, angélisation, recherche d'inspiration pour l'action dans des états qui auraient précédé la fallacieuse Genèse.

5. Si bien que la persuasion est finalement patente: on entend une musique céleste. Une musique autre, qui évoque celle d'Artaud, chant du lavage de soi, de la remise à flot. En particulier, une chaîne de mots-concepts sans cesse proférés mettront le corps de l'homme en rotation analectique autour de l'axe vertébral bucco-anal, siège crucial de sa reconversion, de son angélisation, de son accession à l'ana, lieu primordial ou nageait l'anableps, poisson ovale. Un seul indice suffira,ana-: Préfixe (gr. ana) signifiant «en haut», «en arrière», «à l’inverse» ou «de nouveau». De nouveau, jeter les dés. A l'inverse, jeter les organes sempiternels, ankylosés: en haut, en arrière. Encore.

6. Dans le ciel de Moussempès, c'est-à-dire à l'intérieur de l'homme, vice-versa, les anges convertis livrent bataille contre Dieu, retranché dans Son cube de cristal. Les morts sont rappelés, chair à canon ou agents doubles (Lettre de commande à un stratège d'apocalypse). Bientôt, la victoire étant acquise, le corps trouve emploi comme pur instrument de musique ("flûte à trous jouant selon les lois d'un solfège angélique", p 44). Plus tard, il "aboutira à la fabrication d'une matière nouvelle, particulièrement fine et sensible, apte à faire circuler une infinité de messages" (p 64).

C'est bien l'ange que vise Moussempès à même le corps de l'homme. Un corps-ange reconfiguré, désabusé mais fonctionnant à merveille, non pas pour la vie au Paradis mais pour une nouvelle tâche, spécifique, préalablement définie ou inventée (production de musique, chant, perpétuation du corps mort, production de petits cerveaux-relais), qui aura occasionné sa révision générale.


Angélisation imminente

Délirant? L'excentricité radicale du projet de Jacques Moussempès renvoie à Raymond Roussel. Usant d'un bestiaire relevant du Moyenâgeux, du littéraire ou encore du New-age (tous les moyens sont bons), parsemé d'adresses plus intimes destinées à des femmes aimées, et quelles lettres alors, Jacques Moussempès dresse une cosmogonie portative à l'usage des vivants (seulement 12 euros), dont on saura l'utilité immédiate, l'effet curatif saisissant, la puissance de nettoiement insoupçonnée.

Pour finir brièvement en une seule phrase interminable comme l'agonie, et alors qu'armés du livre nous avançons lentement vers la nuit de la mort, nous dirons du corps dorénavant en voie d'angélisation, avec Lautréamont, Jim Morrison, Artaud, et Jacques Moussempès, phagocytés les uns par les autres en une seule expression de la puissance nourricière de la littérature, nous dirons de ce corps à problème qu'une masse informe (céleste), avec acharnement l'accompagne, (l'angélise) sur ses traces, (dans ses restes) jusqu'au milieu de la poussière : "le corps devient une mince tige maladroite pour supporter l'œil dans ses rondes, ou ce qu'on voudra, une station incompréhensible et verticale dans l'esprit -car nos corps n'existent pas, mais sont l'invention d'esprits astraux qui accrochent des sexes sous nos ventres par où ils nous font passer dans le monde terrestre pour lequel nous n'étions pas faits."


Biographie :

Professeur de philosophie et de français le jour, joueur de bridge professionnel la nuit : Jacques Moussempès a le profil aquilin de l'espion, la classe de l'ange déchu. Enquête. Issu d'une famille ancienne de Biarritz, qui comprend architectes et notables locaux, dont certains plus ou moins excentriques, la "destinée" de Jacques Moussempès est marquée par la trajectoire du père : oisif, celui-ci se ruine au casino peu après la naissance de Jacques. En conséquence de quoi, il abandonne femme et enfants pour Paris : bien forcé de trouver un travail. Le jeu fait ainsi son entrée dans la vie du jeune garçon, traduit aussitôt en dix années d'absence paternelle.

Il entre à science po mais sans argent doit se consacrer exclusivement à l'enseignement pour des raisons financières. Espion en mission, comme nous voudrions le laisser croire, Jacques Moussempès passe ensuite quatre ans de sa vie au Brésil, puis quelques mois à Pondichéry, attaché à l'ambassade de France en tant que professeur de français et de philosophie - les espions travaillent pour les ambassades, c'est connu.

Plus tard dans la vie, il rencontre et a une liaison avec Anie Besnard, une des compagnes d'Antonin Artaud (des "Lettres à Anie Besnard) auquel Moussempès porte une admiration sans bornes. Il verra Artaud sur son lit de mort, et possèdera un de ses dessins, L'exécration du père-mère, où figure le mot ANA (toutes les "Lettres de commande" en résonnent). Il participe au colloque L'occident et ses autres en 1978, laissant une communication sur Artaud, intitulée Pour en finir avec l'occident. Il restera un proche d'Anie Besnard, qui possédait dans son appartement une collection d'automates plutôt exceptionnelle.

Des automates aux anges, il n'y a qu'un pas, et des soldats de plomb au milieu d'eux, nimbés de musique céleste : c'est ce qu'il s'agira de montrer ci-dessous. Moussempès Jacques fonde ensuite une famille, sa fille unique, Sandra deviendra elle-même poète. Professeur de lettres dans un lycée d'Ivry sur Seine, il est pour l'été châtelain de village dans le sud de la France. Pour descendre dans le sud, 700 km en voiture décapotable : univers d'excentriques affublés de bonnets d'aviateurs... Hôte d'exception, affable causeur, "personnage" local apprécié de tous. Un gentilhomme serein, grand raconteur d'histoires. Un homme ayant fait du détachement amusé un art de vivre. Nuits fiévreuses sur des tables de bridge... Difficile de ne pas l'affubler d'un flegme à la Holmes, de chinoiseries à la Duchamp. Cet homme est décidément trop classieux. Suspense.

La fin de sa vie est plus sombre : vivant seul ses deux dernières années, dans le quartier de Montparnasse, il se consacre à la lecture de Bossuet, et développe une passion exclusive pour les anges, dont il possède toute une collection. Il fait voisiner ses anges avec des soldats de plomb dont il est lui-même le maître-artisan : s'équipe à cette fin de moules de toutes sortes, ouvrage le plomb, alchimise. Amasse par ailleurs les boîtes à musique. Tout cet attirail de robots et d'yeux en extase, d'ailes inoffensives, de cylindres aériens, de douces musiques célestes, fait étrangement sens en regard des constructions folles projetées dans les Lettres : l'autobiographie rejoint le mythe cosmogonique.

Toutes les avenues Moussempès (il y en a deux rien qu'à Biarritz) mèneraient invariablement à l'angélisation : ange = boîte à musique = soldat de plomb
Nous savons que plus avant dans la vie, aux tout derniers moments, Jacques Moussempès meurt des suites de son sommeil, ironiquement, une nuit quelconque de l'année 1981. Les Lettres sont achevées trois mois avant son décès. Quelle fin souhaitable. Elles restent, les Lettres, avec les anges, et la grande musique.

Guillaume Fayard, Marseille 2002


Egalement :
http://www.peauneuve.net/article.php3?id_article=24

Par Ludovic Bablon pour Le Matricule des Anges (2003)
http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=15064

Par Isabelle Zribi pour CCP numéro 6 (2002), en ligne incessamment sous peu


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Suite du dossier, écrit par sa fille en décembre 2015

Deuxième partie : Jacques Moussempès (1931-1981), ma vie avec lui, sans lui, sa lettre


Poème sur mon père extrait d'une série "Son père en songe réel" (il s'agissait de moments où j'avais cru voir mon père, longtemps après sa mort, une journée à Marseille, plusieurs fois dans la journée en compagnie d'un ami suédois, à chaque fois l'homme se retournait et ce n'était pas mon père).


Son père en songe réel dans un autre café IX

"il a le même rire, le même sourire, le même regard, le même cigare, la même chemise, ouverte sous la chaleur, le même style de femme, la même attention, le même besoin d'affection, de vérité, de proximité, ses yeux sont bleus, aussi bleus, il a confiance en lui, il inspire confiance, il se lève, il appelle un chien qui n'est pas le sien, il n'a pas les mêmes chaussures."

Sandra Moussempès, extrait de "Captures" (Flammarion, 2004)


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Mon père était un homme extraordinaire. Il est mort jeune, trop jeune, à l'âge de 50 ans, dans des circonstances mystérieuses, dans son sommeil, seul, j'étais trop jeune et dévastée, pour tenter d'enquêter, personne n'a souhaité faire la lumière sur ce qui lui était arrivé, on sait juste que la veille de sa mort, le soir il était avec une "amie", le dossier a été refermé, on a évoqué une "mort naturelle".
Il a marqué tous ceux qui l'ont rencontré, il fréquentait le Select, la Coupole, le Tournon à l'époque du Paris des années 60, du Paris convivial, il était joueur de bridge professionnel, il était aussi professeur de philo puis de français, au Brésil, en Inde à Pondichéry, puis en France à Ivry Sur Seine où il amenait ses élèves voir des films de Marguerite Duras et faire des cérémonies la nuit sur la tombe d'Artaud (il fut d'ailleurs le "héros" dans deux polards de Jean-Bernard Pouy, un copain de virées à l'époque, sous le nom de "Moussempès" ou encore "Monssempès".). Il avait quitté le pays basque, Biarritz et Bayonne d'où venaient ses parents divorcés lorsqu'il est né, pour Paris, très vite. Son père Félix était un excentrique plus ou moins notable marginal vaguement aristo, qui n'avait jamais travaillé de sa vie, dilappidé la fortune de la famille au jeu mais qui sportif de haut niveau, lança le surf en France au début du siècle, Félix devint une icône pour les surfeurs basques et à sa décharge avait une personnalité étonnante entre vieux loup de mer et amateur de bas bleus en ces années folles. Mon père développa sa culture de façon auto-didacte et grâce aux études, venant d'une famille de la grande bourgeoisie il eut droit à un précepteur (il souffrait aussi d'une jambe raide suite à un accident, enfant). Il aimait plus que tout, partir nager dans les rouleaux de la plage de Biarritz.

Il jouait au bridge la nuit. Il était grand seigneur et invitait tout le monde dans notre château du sud, puis à sa mort, j' ai été spoliée de ce château, malheureusement, une sinistre histoire de famille où ma propre mère manipulée sans doute par son compagnon, écrivaillon médiocre à l'ego démesuré, a décidé de me détruire afin que je ne puisse plus leur rappeler l'existence de mon père, il fallait l'éliminer totalement et j'étais le seul témoin de sa vie, donc dérangeante, j'ai connu à cette époque l'extrême solitude (je n'étais qu'une adolescente), la souffrance, les trahisons. C'en était fini du soutien familial que j'avais de mon père de toute cette atmosphère libertaire, excentrique mais aussi de la bienveillance et de la vie créative un peu bohème que nous avions. J'ai découvert que beaucoup de gens étaient étriqués, que trouver des gens du niveau de mon père était impossible, je me cognais dans un monde, froid, ampoulé, avec des intellos sans âme, je découvrais qu'avoir connu un être aussi merveilleux que mon père était à la fois une chance et une malchance car toute ma vie j'allais devoir m'habituer à la médiocrité voire l'hostilité. Je compensais comme je pouvais le manque par des relations amoureuses parfois toxiques, qui s'enchaînaient . J'ai pu heureusement quelques années plus tard, sortir de ce brouillard, mettre la tête dehors grâce à des gens croisés sur mon chemin de vie, notamment sur mon chemin de création, des êtres qui sans forcément le savoir m'ont à un moment donné accordé une valeur, un sourire, et ce n'était pas forcément les gens qui étaient d'anciens proches, loin de là, de ceux là je n'ai eu que le rejet et l'abandon (ils revenaient néanmoins lorsque j'avais une réussite comme la Villa Médicis par exemple !!). Devenir maman d'un merveilleux enfant en 2005 fut également une rédemption. 

J'ai retrouvé une lettre que mon père m'avait écrite peu de temps avant sa mort brutale (en réponse à mes questionnements existentiels et notamment mes premières crises d'attaque de panique, des pressentiments qui m'oppressaient à l'époque) comme une forme de testament, pressentiment. Bien sûr j'étais loin d'imaginer qu'une chose pareille pouvait arriver un jour. Les gens médiocres ont alors défilé, mon pseudo "beau-père" m'a fait vivre l'enfer, il était un médiocre personnage et son seul but était de détruire jusqu'au souvenir de mon père, c'est à dire sa fille.

Mon père lisait les "Dialogues avec l'ange" à la fin de sa vie, comme dans une quête de spiritualité, lui l'athée anarchiste s'intéressait de plus en plus aux techniques New-Age, avec un regard de dérision mais sans doute une réelle recherche, il a écrit peu de temps avant sa mort un livre ovni, cryptique, classieux, drôle et sans pathos. Rien à voir avec ce que des messieurs bedonnants ou pontifiants publient pour "faire les écrivains" et être "quelqu'un". Il se fichait pas mal de la réussite sociale, du pouvoir, du statut si cher à la majeur partie des gens, il donnait sans retenue, riait, aidait, n'avait aucune idéologie clanique ou appartenance, ni fausse bien-pensance  (mais il aidait vraiment les gens dans la merde les logeait chez nous, les nourrissait, à la différence des bien pensants d'aujourd'hui qui jouent les dames patronnesses ou les militants du bien, ceux qui précisément qui n'ont aucune vergogne à exploiter les autres et se donnent bonne conscience en jouant les défenseurs des pauvres tout en restant dans leur petit milieu fermé),  il observait et se délectait des histoires incroyables des autres qu'il écoutait, passionné de Bossuet et Roussel, il a toujours écrit (fabriquait des soldats de plomb, des boîtes à musique, jouait encore et encore, était aimé de tous. Il était très proche et a vécu avec Anie Besnard (premier amour d'Antonin Artaud et icône des "Lettres à anie" d'Artaud) et d'Olwyn Hughes (sa meilleure amie) soeur de Ted Hughes, belle-soeur et agent/éditrice de Sylvia Plath entre autre mais a aussi rencontré Jean Paulhan, Cherster Himes, Jacques Brel,  et d'autres..J'évoque mon père de façon directe ou indirecte dans tous mes livres mais surtout dans "Acrobaties dessinées" où l'on peut trouver des photos de lui notamment avec Anie Besnard à Rio, il apparaît aussi dans "Captures", "Photogénie des ombres peintes" et "Sunny girls" (Poésie/Flammarion).

Il me manque toujours autant.


Ici avec moi devant le Château de Valliguières



Pour ceux qui l'ont connus ou souhaitent prendre contact avec moi à son sujet, vous pouvez me joindre par mail ici : smoussempes@hotmail.com

Merci à ceux qui ont déjà fait signe et sont pour certains devenus mes amis comme un de ses anciens élèves qui a été marqué à jamais par mon père.


1 commentaire:

  1. Bonjour
    Jaques était le frère de ma grand mère Monique .
    J'aimerais faire ta connaissance , j'ai 14 ans et je suis très intéréssée de l'histoire de la famille .
    Lola Biancardini ( moussempes , lanusse-cazalé )

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