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mardi 23 décembre 2008

Assymétrique Sylvia Plath et autre trajet rocambolesque

Je viens de lire le journal intime de Sylvia Plath ; il semble avoir été écrit pour la publication. Etonnamment bien écrit pour une vocation privée.

Drôle de retour, après un détour de 20 ans.

Ce lien invisible existait depuis l'enfance ; Sylvia Plath étant la belle-soeur d'Olwyn, l' amie anglaise et fidèle de mon père. Olwyn, soeur de Ted Hughes. Editrice et agent du couple, celle qui haïssait les féministes accusant Ted Hughes de la mort de Sylvia, celle qui est encore lasse de cette mythification mortuaire dont elle ne veut parfois plus entendre parler. Olwyn, ma tante d'adoption qui ne m'a jamais conseillé de lire les livres de Sylvia (que j'ai découverts très tard toute seule de mon côté avec une grande joie). Avec qui nous parlons toujours d'astrologie...



Et mon désir d'Angleterre encore invisible.

En 1978, j'avais vu la maison du Devon et la fille de Sylvia, Frieda à l'âge ingrat, son fils Nicolas avec qui on voulait me "marier" pour rire. La seconde femme de Ted Hughes, Caroll, faisait cuire du mouton à la menthe, des oeufs, des saucisses, du bacon. Elle était active et souriante comme il se doit chez ce type de femme. Une femme d'intérieur douée pour la "gestion domestique", constamment dans sa grande cuisine , dans cette même cuisine pensais-je à tort, où Sylvia avait pu terminer sa vie. Le voyage avec Olwyn au volant avait été épuisant parce qu'elle ne savait pas conduire (en Angleterre c'est possible de conduire sans permis). Douze heures donc pour faire quatre cent kilomètres parce qu'elle s'arrêtait pour boire du vin blanc dans un pub à chaque arrêt "repos". Malgré mes 12 ans, je connaissais les dangers de la route et de l'alcool au volant, mais il ne fallait rien dire pour ménager sa susceptibilité ; elle montait sur le trottoir d'en face et conduisait comme en France, à droite, il ne lui était pas "naturel" de conduire à gauche disait-elle, malgré ses origines bien anglaises, elle disait cela dans un grand éclat de rire contagieux. (...)Arrivées, miraculées que nous fumes, après ce long voyage déroutant, la voiture avait perdu tous ses rétroviseurs, arrachés suite aux nombreuses effractions routières de notre conductrice amatrice de white wine et son frère Ted Hughes nous attendait dans toute sa superbe devant sa grande maison, flegmatique et à peine étonné en constatant l'état de la voiture de sa soeur dont il connaissait bien les frasques au volant...


Extrait de "Hors champs" CRL Franche Comté, 2001

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